credit

Par:Khadija Benerhziel

Depuis plus de deux décennies,  l’endettement est entré dans les mœurs de la population marocaine dont une large frange est devenue adepte notamment du crédit de consommation. Cela s’explique aisément dans une société de plus en plus basée sur le m’as-tu- vuisme et où le matraquage publicitaire a un large  impact sur les modes de consommation . On  peut dire sans verser dans l’excès que le syndrome de la fièvre acheteuse a atteint de nombreux marocains, et si  ses symptômes ne sont pas semblables à ceux d’une fièvre conventionnelle, ne présentant ni maux de tête ni repos forcé au lit, ses conséquences n’en demeurent pas moins inquiétantes à savoir , les découverts bancaires, le surendettement,les difficultés à joindre les deux bouts à la fin du mois…

Les marocains sont devenus les esclaves d’une consommation effrénée,  et pour y faire face, la seule issue est de contracter des crédits , d’autant plus que les banques rivalisent d’ingéniosité en présentant des formules aussi alléchantes les unes que les autres et variées (crédit gratuit, taux d’intérêt bas, différé de remboursement ), sans oublier les sociétés de crédits qui poussent  comme des champignons. Comment ne pas céder au chant des sirènes de ces offres qui facilitent l’accès au crédit pour tout le monde, car il suffit parfois d’un coup de téléphone ou d’un simple clic pour voir s’accorder un crédit  à la consommation.

Le temps du bas de laine où les gens craignaient de s’endetter est bien révolu.

Aujourd’hui, on achète et on paie après , tout peut être acquis à crédit,  depuis l’achat de la maison, son ameublement , son équipement en materiel ménager et électronique , jusqu’ à l’achat de la voiture.

Par ailleurs, depuis plusieurs années consécutives, le calendrier ne semble pas faire preuve d’indulgence envers les familles marocaines qui ont vu fondre leurs économies durant  plus de quatre mois. En effet , Ramadan,  l’Aid El  Kébir, les vacances estivales et la rentrée scolaire se suivent et se ressemblent en ruine des poches d’un grand nombre de familles marocaines.   Les emprunts effectués directement auprès de la famille ou d’amis, les facilités de paiement octroyées par des fournisseurs de biens et services,et par des artisans (menuisiers, tapissiers etc..) sont également  très répandus.

Il y a aussi la formule de « daret » , pratiquée par certains, qui consiste à verser une cotisation mensuelle , au sein d’ un groupe, sur une durée déterminée,  et dont le montant sera perçu à tour de rôle par les membres du groupe.

Nombre de ménages voient leurs finances fondre comme neige au soleil avec les remboursements de tous les crédits,  situation aggravée par ce que connaît la vie quotidienne comme augmentation dans les prix. Pour essayer de s’en sortir, plusieurs voient dans la contraction d’autres crédits une soupape à leur budget,  ça devient un cercle vicieux, et plus le nombre en est important,  plus ils cherchent à en contracter d’autres. C’est un engrenage sans fin auquel ils ne peuvent plus échapper. On a l’impression qu’il fait partie intégrante de leur vie.

Bien sûr, il y’a des situations où le crédit reste la seule ressource pour s’en sortir. Mais il faut souligner aussi que bon nombre de gens vivent au dessus de leurs moyens, les nombreuses publicités aidant , ils se créent des besoins superflus alors qu’ils ne sont pas forcément nécessaires,  avec cette idée qu’ils ont  envie de tout et tout leur manque .

Malheureusement,  beaucoup ne réfléchissent pas avant de s’engager dans le piège des crédits sans en calculer les risques liés aux difficultés de remboursement ou quasiment à l’impossibilité de le faire, c’est comme jouer au jeu du Monopoly sans en connaitre les règles.

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