ramadan22

Par: Khadija Benerhziel

Le jeûne de Ramadan est le quatrième pilier de l’Islam. C’est le mois des bienfaits, de vénération et de bénédiction. C’est aussi le mois où l’on célèbre la révélation du Coran et de la Nuit sacrée du Destin et l’on y adopte l’indulgence et la générosité envers les malades, les nécessiteux, les démunis…

C’est également l’occasion, où  en général, les familles se réunissent pour partager les repas dans une ambiance conviviale et sereine.  Malheureusement, de plus en plus les changements comportementaux brusques des jeûneurs altèrent la sacralité de ce mois béni et font perdre au jeûne son vrai sens.

Dès le premier jour, plusieurs adoptent un visage grincheux et portent un masque ramadanesque en négligeant leur tenue, ne se rasant plus, s’habillant n’importe comment comme pour  prouver leur abstinence et montrer aux autres qu’ils jeûnent.

Et cette négligence est plus remarquée chez la gente féminine, ce qui fait  dire à certains, et à titre d’humour, que si quelqu’un veut demander en mariage, il devrait le faire pendant ce mois.

Ils marchent au ralenti pour se rendre à leur travail, pour y glander, pour ne pas dire que certains prennent leur bureau pour un dortoir.

Toutes les activités sont  en léthargie totale et ce n’est pas étonnant que nombre de services publics souffrent de cette nonchalance ramadanesque.

Les gens connaissent l’heure de la rupture du jeûne à la seconde près,  et la respectent mille fois mieux que n’importe quel rendez-vous.

Et dès l’approche de cette heure fatidique de la délivrance, ce n’est plus au ralenti qu’ils se déplacent, mais c’est formule 1 dans les routes et artères des villes et le rush vers les pâtisseries, boulangeries et grandes surfaces pour faire le plein de nourritures diverses. D’ailleurs, cette ruée commence dès les derniers jours de chaâbane, pour acheter des quantités exagérées d’aliments. A croire qu’ils seraient en état de siège.

Plus de la moitié du budget des ménages est dépensée en nourritures diverses pendant le mois de ramadan , beaucoup plus que pendant les autres mois de l’année,  mais toutes ces quantités de nourritures achetées ne sont pas consommées.

On dresse des tables bien garnies de différents mets délicieux pour faire manger toute une tribu, mais on ne déguste pas tout, tout le reste est jeté malheureusement au lieu d’être partagé  avec les plus démunis.

Dire que c’est le mois de la générosité est un euphémisme.

Cependant, la cerise sur le gâteau  reste la « Tramdina » qui est devenue un phénomène habituel et un comportement chronique de la part de plusieurs jeûneurs, comportement qui déroge, de manière criarde et sans jeu de mots, aux vertus et aux sentiments de piété et de recueillement qui doivent empreindre le jeûne mais qui malheureusement faussent compagnie à plusieurs.

Cette endémie sociale  s’amplifie de plus en plus en raison de plusieurs facteurs qui l’aggravent, dont l’ignorance, l’addiction aux drogues , à  la nicotine, à la caféine, et semble contaminer presque tout le monde, et pour en juger, il suffit d’aller faire un tour dans les rues de nos villes ou aller faire ses emplettes dans un marché pour se rendre compte de cette mauvaise humeur qui atteint aussi bien les commerçants que les clients qui s’en viennent aux violences verbales et obscènes et souvent aux coups.

Ajoutons aussi les agressions à l’arme blanche qui continuent à sévir et même à augmenter pendant le mois sacré, ainsi que les violences sur les routes, causées par des chauffeurs de taxi, de bus « mramdnine  » qui sèment la terreur au niveau de la circulation urbaine, notamment à l’approche de l’heure du ftour. Ce phénomène de tramdina ne peut pas être  imputé au jeûne  dont les bienfaits ne sont plus à démontrer,  mais il est plutôt la conséquence de la dépendance au café, au thé, à la cigarette entre autres, ainsi qu’au changement du rythme de la vie qui change pendant ce mois.

Toutes les habitudes changent, celles de dormir, de manger, de travailler, et notre chronobiologie s’en trouve bouleversée.

Pour beaucoup aussi,  le jeûne n’est plus qu’une habitude sociale héritée de leurs ancêtres, et s’éloignent de plus en plus des enseignements et des valeurs de la religion. Tout est devenu une occasion d’apparat, des djellabas et des caftans sont acquis et rivalisent de cherté et d’originalité, pour le bonheur des tailleurs qui se frottent les mains à l’approche du ramadan.

De même les prières dans les mosquées pour les tarawih sont devenues juste une question de m’as-tu-vuisme.

Puisse Dieu nous pardonner, en ce mois de piété de spiritualité et de remise en soi!!..

adminsNon classéZoomPar: Khadija Benerhziel Le jeûne de Ramadan est le quatrième pilier de l’Islam. C’est le mois des bienfaits, de vénération et de bénédiction. C'est aussi le mois où l’on célèbre la révélation du Coran et de la Nuit sacrée du Destin et l’on y adopte l’indulgence et la générosité envers...Source de L'information Fiable

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