charcot (2)

Par: Khadija Choukaili

Qui de nous n’a pas entendu vanter les grands avantages du système éducatif français ? Un système certes coûteux, mais privilégié par la majorité des marocains qui se font saigner à blanc pour offrir à leur progéniture un bon niveau scolaire. Un système qui, malheureusement, au fil du temps, commence à être mis à nu, et les études en ont démontré les limites, particulièrement, le système d’enseignement dans les pays étrangers francophones, où les programmes avaient été instaurés selon une conjoncture économique et politique, et qui n’ont depuis jamais connu de réelles réformes.

En effet, un rapport qui regroupe les conclusions et autres recommandations d’une mission, menée par une députée qui était ancienne chef d’établissement au Maroc et en Espagne, préconise une réforme des lycées français de l’étranger. Il a été remis au gouvernement Macronafin de donner son aval, pour repenser un enseignement obsolète qui continue à être dispensé dans les lycées français de l’étranger.

Le rapport met en exergue certains dysfonctionnements et les lacunes de ce système qui n’a connu comme réforme que celle relative aux prix qui ont été revus à la hausse avec plus de 60% en 10 ans. Toutefois, le système souffre d’une baisse des crédits publics qu’il tente de compenser par une hausse des montants de scolarité, tout en faisant fi des charges relatives aux salaires des enseignants. Quant aux programmes, inutile de rappeler la rigidité dont ils souffrent et qu’ils doivent connaitre une véritable réforme.

Il est vrai que cet enseignement représente un outil d’influence diplomatique, étant composé d’un réseau de 492 lycées français de l’étranger, qui connaît certes encore une hausse annuelle de 2 %de ses effectifs, grâce à des parents qui croient encore, à tort, en l’efficacité de ce système qu’ils croient, réservé à une élite.

Par ailleurs, on constate que les limites de ce système se ressentent dans les méthodes d’enseignement basées sur le schéma de pensée selon lequel il serait mauvais de faire des erreurs. Cette pensée plongel’enfant, dès les premières années du primaire, dans un sentiment de peur, et durant toute sa scolarité il s’imprègne de cette idée que les erreurs sont le signe d’être un mauvais élève aux yeux des enseignants, qui le confortent dans cette pensée par des comparaisons entre le « meilleur » et « le moins bon ».

Cette façon de penser détruit la créativité des enfants et bâtit chez eux une forte sensation de refus de l’expérimentation. C’est la raison du stress et du trac avant les examens ou une quelconque épreuve future. Alors que faire des erreurs devrait faire partie intégrante de l’apprentissage. Chaque être humain devrait être prêt à affronter des échecs, ce qui constitue le meilleur moyen d’apprendre vite en se basant sur sa propre expérience plutôt que sur une théorie vidée de sens.

L’une des failles non moins importante caractérise les examens où l’étudiant doit parfaitement entrer dans une « catégorie » qui spécifie laquelle de ses interprétations est exacte, et laquelle ne l’est pas. Toute autre idée ou réponse pleine de créativité fait, de facto, l’objet de critique par des enseignants qui se trouvent figés dans des schémas stricts et rigides.

Les étudiants sont obligés de donner uniquement les réponses valables et correctes, ce qui  les force à avoir cet état d’esprit prédéterminé qui les classes selon les catégories de « bons » ou « mauvais ». Les enfants avec une personnalité différente, qui brisent ce strict schéma, sont alors catégorisés parmi les mauvais individus et sont souvent ignorés quand ils ne sont pas traités avec mépris.

Malheureusement, avec ce système, les jeunes apprennent très vite que leur but principal est d’obtenir de bonnes notes, et non pas d’apprendre et découvrir le monde. Ils rivalisent avec leurs camarades, font de la compétition, et sur la base de leurs résultats, se comparent entre eux. Ceux qui obtiennent des notes moins bonnes se sentent inférieurs aux autres, ce qui affecte très négativement leur motivation et leur estime de soi.

On relève également d’autres failles relatives à l’évaluation du comportement des jeunes, qui reçoivent des « étiquettes »qui les classifient selon des qualificatifs qui peuvent les accompagner tout au long de leur vie, et influencer ainsi leur personnalité.

Par ailleurs, il a été démontré que le redoublement n’est pas seulement coûteux mais, surtout inefficace. En redoublant, le jeune ne rattrape pas son retard, car le problème peut résider dans les moyens d’assimilation de l’enfant ou parfois même dans les méthodes d’enseignement du professeur, ou tout autre facteur indépendant de l’élève.

Il serait temps que ce système tant privilégié au Maroc, bénéficie d’une réforme sérieuse, à la hauteur des attentes des parents. Une réforme qui devrait aussi tenir compte du pouvoir d’achat du pays, et qui devrait toucher non seulement le volet éducatif, mais aussi le volet comportemental et émotif des enfants, qui ne devraient pas se sentir en compétition pour dépasserl’autre, mais dans une compétition constructive qui aiderait les jeunes à s’améliorer et à se surpasser pour être les meilleurs dans ce qu’ils entreprennent.

 

 

 

 

 

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