jdida mellah

LA LANGUE COMME PATRIMOINE CULTUREL:

La langue, l’histoire et la transmission des connaissances n’épuisent pas le patrimoine, qui comprend l’héritage, tout l’héritage, intellectuel, artistique, naturel, matériel et technique, accumulé et valorisé au long des siècles. C’est l’ensemble des savoirs, des connaissances et des habiletés, c’est aussi et par là même, un élément important de l’identité des individus et des peuples qu’il faut, au moyen d’une politique du patrimoine culturel, assortie des dispositions législatives et financières nécessaires, préserver, conserver, enrichir et diffuser. Encore faut-il savoir dire et interpréter le patrimoine : il ne peut exister, être ressenti comme tel que si, au départ, il y a eu une communauté, un peuple avec sa langue et son histoire propre. L’une et l’autre sont les premières composantes d’un patrimoine auquel elles permettent de raconter, d’expliquer, de mettre en valeur, d’interroger aussi et d’exploiter pour le bénéfice des nouvelles générations. Nous nous intéressons au patrimoine, d’abord et avant tout parce que nous souhaitons comprendre nos origines à travers, notamment, les objets matériels et l’immatériel. Nous souhaitons également perdurer, d’où l’importance que tous attachent à l’héritage qu’ils transmettront à leurs enfants.

LA TRANSMISSION DES CONNAISSANCES :

L’histoire permet d’accumuler les connaissances, de les collectionner en quelque sorte, comme on le fait des objets et des œuvres d’art. Savoirs familiaux, savoirs académiques, savoirs liés au loisir : concerts, visite de musées, lecture. Savoirs simples de la vie quotidienne, savoirs du bricoleur et de l’artisan, savoir de l’homme de métier, du technicien ou de l’universitaire, voilà autant de richesses qui composent l’héritage de chacun. Les penseurs lèguent leur sagesse, les scientifiques lèguent leur rigueur, les artisans lèguent leurs secrets. Transmettre les connaissances de génération en génération est une démarche essentielle pour la construction du patrimoine. Le patrimoine n’est pas un en-soi, il puise dans les documents d’archives, dans les cinémathèques, les bibliothèques, les musées, la tradition orale, le folklore, les livres, etc. Le patrimoine repose sur l’histoire, celle qui est faite, mais également celle qui se fait encore. Ce patrimoine met en valeur la tradition, qui nourrit l’identité culturelle et qui exprime des normes et des valeurs qui se transmettent oralement. Ses formes sont nombreuses : la langue, la littérature, la musique, la danse, les jeux, la mythologie, les rites, les coutumes, l’artisanat, l’architecture et autres arts. Tout cela serait d’un intérêt assez restreint s’il n’existait pas des historiens passionnés de communication et de diffusion. L’enseignement, au premier chef, est l’instrument le plus adéquat pour diffuser l’histoire : enseignement dans les écoles, les collèges, les universités, enseignement également par les chroniques des journaux et de la radio, et par des émissions de télévision. Transmettre, c’est faire passer au delà, envoyer de l’autre côté ; transmettre l’histoire, c’est expliquer le passé, dire pourquoi et comment des hommes et des femmes ont construit des civilisations, des cultures, des pays ; c’est situer les choses dans le temps et leur redonner un sens qui s’est estompé. C’est lire dans les objets, les archives, les livres anciens pour retrouver nos traces.

LES JEUNES ET LE PATRIMOINE

Coupler jeunesse et patrimoine nous apparaîtra comme un geste audacieux et même un peu excessif. N’est-ce pas là cultiver le plaisir du paradoxe et de la contradiction ? Peut-on imaginer des jeunes qui s’intéressent à l’histoire, à l’aménagement du territoire, à la conservation d’objets anciens ? La réponse est oui ! Combien de jeunes sont fascinés par les récits que peuvent faire leurs aînés des modes de vie et des habitudes des jours anciens. Les activités du genre « Grand-père, grand-mère, racontez-nous » ont fait leurs preuves dans le cadre d’activités culturelles de l’école, du milieu des loisirs ou des musées. Un simple coup d’œil à la liste des formes possibles de patrimoine nous convainc vite qu’il y en a pour tous ceux qui désirent apprendre à le connaître. Pour les uns, cela se traduit par la collection d’objets anciens ; ce sont les collectionneurs du dimanche que l’on rencontre chez les antiquaires et, pourquoi pas, dans les marchés aux puces. Les uns collectionnent les porcelaines, les autres, les boîtes à pilules, d’autres, les portraits de famille, et ainsi de suite. Modeste activité, bien sûr, mais qui se développera au fil des ans pour donner le goût des meubles anciens, de la connaissance du folklore, des arts vivants, des artistes, des édifices… L’école demeure le lieu privilégié pour former des amoureux de l’histoire, de la langue, de la connaissance sous toutes ses formes. Une boutique affichait, il y a quelques années, cette enseigne : LES ANTIQUITÉS DE DEMAIN. Le cinéma PARIS CINÉ à Mazagan de Mme DUFOUR affichait aussi une pancarte au dessus du guichet: QUAND ON AIME LA VIE, ON VA AU CINÉ. Dans cet esprit, le patrimoine ne renvoie pas qu’au passé. Connaissance et commémoration du passé, bien sûr, mais également appropriation du futur. Le patrimoine doit se présenter souriant, et pas seulement avec des rides ! Les jeunes se posent tous les mêmes grandes questions :
Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Il leur faut s’approprier la ligne du temps, comprendre les rites et les rythmes que leur impose la vie, savoir se situer par rapport au passé qui leur échappe et au futur qu’ils voudraient bien contrôler. Il n’y a pas que le patrimoine qui permet des incursions dans l’arrière pays intérieur, la fréquentation des grands auteurs, de ceux qui ont façonné notre culture est aussi une forme d’exploration de notre passé, une forme d’autant plus précieuse qu’elle permet de jeter des ponts entre des domaines complémentaires appartenant aux sciences, aux arts, aux sciences humaines.

Par: Association Mazagan pour le Patrimoine

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