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Par: Khadija Choukaili

Comment qualifier l’enseignement au Maroc suite au dernier classement mondial établi par l’UNESCO qui le situait à la 136ème  place ?

N’est-ce pas une honte pour un pays qui depuis plusieurs décennies enchaîne les réformes dans ce domaine et y consacre aujourd’hui encore près de 5,6% de son PIB ?

Encaissant échec sur échec, le secteur de l’enseignement ne parvient pas à se réformer et l’Etat se perd dans des dépenses vaines et inefficaces en l’absence d’une planification rigoureuse qui devrait être conduite par des experts en la matière.

Le rapport relatif La « Vision Stratégique de la Réforme 2015-2030 du système éducatif » qui constitue une autre tentative d’amélioration de notre enseignement, a mis en exergue certains aspects qui place l’école au cœur du projet sociétal et accorde à l’éducation et aux valeurs, un rôle de premier ordre dans la mise en place d’un enseignement basé sur l’équité et l’égalité des chances ; la qualité et la promotion individuelle et sociale.

Il ambitionne de s’acquitter au mieux des principales missions, à savoir la socialisation et l’éducation.

Nul n’ignore que l’éducation est un moteur incontournable du développement. C’est le critère par lequel on juge de la grandeur d’une nation. Cependant, la question qui taraude et qui s’impose c’est de se demander de quoi souffre le système éducatif marocain et quels moyens peut-on mettre en œuvre pour l’améliorer ?

Une grande question qui suscite un bref retour au passé, afin de comprendre les tenants et  aboutissants de ce problème auquel on tarde à trouver une issue.

Afin d’analyser la situation, il conviendrait de mettre en relief les obstacles aux réformes déjà tentées.

 

1er obstacle à la réforme : Les langues

 

  • En 1930 l’administration coloniale française au Maroc établit un dahir qui avait pour objectif de dispenser aux berbères un enseignement exclusivement en langue française, en supprimant l’éducation islamique. Cette vision du colonisateur avait suscité un soulèvement des intellectuels de l’époque qui y ont vu le désir de créer un fossé entre arabes et berbères, ce qui les conduisit à initier le mouvement d’arabisation.

Le système éducatif marocain se voit alors partagé entre les écoles de notables et les écoles arabisantes et conservatrices, et de là le fossé se creusa entre arabophones et francophones.

De plus, l’emplacement stratégique du Maroc qui fait de lui une porte d’entrée en Europe, fit que l’enseignement se devait de faire face à de nouveaux défis dont celui de l’adaptation à la mondialisation. Les générations des années 50 à 80 ont été par la force des choses francophones, ce qui constitue une réalité dont il faut tenir compte. De plus, l’enseignement supérieur a de tout temps été dispensé en langue française.

Les réformes ayant vu le jour après les années 80 ont développé un décalage pour les étudiants qui ont jusque-là étudié exclusivement en langue arabe. Certes, bon nombre de citoyens voient en l’arabisation une sorte de bouclier protecteur de leur identité. Cependant, on peut  respecter son histoire et son patrimoine culturel tout en adoptant, en parallèle de la langue dialectale, une autre langue plus interactive.

La langue française fait indéniablement partie de l’histoire du Maroc et constitue par conséquent, une part de son identité.

Outre le relèvement du niveau et l’accès généralisé à une éducation de base et de qualité pour tous, le bilinguisme doit être une priorité de l’enseignement. Il s’avère donc nécessaire d’adopter des manuels bilingues et d’alterner documents arabes et français à l’instar de certains collèges ou lycées privés qui ont adopté ce système. De plus, on constate que sur le marché du travail, les francophones bénéficient d’opportunités plus nombreuses que leurs confrères arabisants, et le bilinguisme est devenu un critère de sélection incontournable dans le monde de l’entreprise. L’égalité réelle des chances passent notamment par l’intégration à part entière de la langue française au sein du système éducatif marocain, seul paramètre disponible à court-terme pour

huiler une machine bien trop rouillée.

 

2ème obstacle : Public ou privé

 

  • Pour faire face aux défaillances du système d’enseignement, certains parents fuient l’enseignement public et optent pour le secteur privé afin d’assurer à leurs enfants une scolarité qui leur offrira plus d’opportunités et un avenir plus sûr.

3ème obstacle : l’infrastructure

 

Hormis la côte atlantique qui constitue l’essentiel du monde urbain, plus des trois-quarts du pays se caractérisent par un milieu rural, relativement marginalisé et peu attrayant pour les enseignants en raison du manque d’infrastructures et de mayens didactiques.

En effet, certains établissements sont loin d’offrir des conditions de travail acceptables, tant pour les enseignants que pour les élèves, et ces derniers ne bénéficient souvent ni d’espaces verts, ni d’équipements sanitaires et encore moins de bibliothèques ou de laboratoires nécessaires pour les travaux pratiques.

Il serait donc grand temps d’instaurer un système d’enseignement public obligatoire et gratuit et de veiller à réduire la multiplication des établissements privés.

Ce processus devra passer par une harmonisation des programmes scolaires et par une politique qui permettrait aux écoles publiques de bénéficier d’une qualité d’enseignement équivalente à celle qui prévaut dans le secteur privé, en utilisant les mêmes manuels scolaires et où les enseignants disposeront des mêmes compétences pédagogiques.

 

4ème obstacle : la défaillance du système

 

On constate chez les étudiants provenant d’institutions publiques marocaines, un grand manque d’esprit critique. En effet, les étudiants marocains du système public sont irréprochables dans le domaine des sciences dites exactes dans lequel certains excellent, mais force est de constater qu’ils souffrent d’un manque d’aptitude à analyser et parviennent difficilement à exprimer leurs opinions en sciences humaines, du fait que le système d’enseignement n’est pas interactif et ne favorise pas les échanges entre enseignants et étudiants. La culture générale s’en retrouve désavantagée, et les programmes scolaires empêchent ainsi le développement d’une grande ouverture d’esprit.

D’autre part, les programmes sont archaïques et ne sont pas agrémentés d’illustrations permettant de stimuler l’acquisition de savoirs.

Pour conclure, force est de croire que les échecs de toutes ces réformes qui se sont succédée depuis des décennies, doit sûrement profiter à certains. L’enseignement au Maroc est un sujet de vifs débats qui demeurent souvent stériles et voués à l’échec car les personnes les plus qualifiées pour en parler ne sont jamais placées sous les projecteurs.

Il est déconcertant de constater que notre système éducatif est en faillite, et la sonnette d’alarme a été tirée depuis plusieurs années.

Le Maroc demeure le théâtre de conflits idéologiques. Les citoyens en paient le prix quotidiennement par la prolifération de problèmes qui rongent la société marocaine, tels que la délinquance, la fuite des cerveaux, le développement de l’extrémisme religieux, l’absence de conscience politique, la méconnaissance des droits et des devoirs civiques, les inégalités sociales …

L’éducation devrait devenir LA PRIORITE pour le gouvernement marocain, pour espérer sauver les générations futures et contribuer au développement du pays.

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