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Par: El Mostapha Lekhiar et Haj Abdelmajid Nejdi

Le transport public à El Jadida est devenu un espace idéal pour tous les délits imaginables. Le citoyen ne sait plus quel moyen de transport emprunter.

Voyager en toute tranquillité ne devrait pas être perçu comme un luxe, mais un droit légitime auquel doit prétendre tout citoyen, et un devoir dont les transporteurs devraient s’acquitter vis-à-vis de ses habitués. Or, et le phénomène dure depuis plusieurs années déjà, ce moyen de transport public est devenu encore plus stressant qu’une journée de travail. Tout peut y arriver, et beaucoup de choses y arrivent malheureusement.

Ce serait indécent, ici, de dire les choses très clairement, c’est même très embarrassant d’avoir seulement à l’insinuer en quelques mots. Mais il est temps de crier au scandale. C’est que la gêne extrême qu’endurent les filles et les femmes au quotidien dans le bus est devenue autrement scandaleuse. C’est une constante vile et abjecte qui fait que, dans un bus bondé de voyageurs, il y a toujours un homme derrière une femme ou une fille. Ça ne relève plus du hasard, c’est devenu très flagrant, et c’est un agissement inqualifiable. Bizarre que ces individus qui se comportent de la sorte ne se disent pas, un petit instant, qu’ils ont eux aussi des femmes, des filles ou des sœurs pouvant, à leur tour, essuyer de tels désagréments.

Passe encore s’il ne s’agit que de gêne. Mais les choses ont pris une tout autre tournure. Une jeune fille raconte : « Il y avait beaucoup de monde dans le bus de Sidi Bouzid. À un moment, je sens comme une piqûre sous mon bras, puis quelqu’un me chuchote à l’oreille : ‘‘Inutile de crier, ne risque pas ta vie à cause d’un portable : donne-le-moi, maintenant !’’… Je me retourne et constate que c’est un couteau qu’il s’apprête à me planter entre les côtes. Je lui remets mon portable très sagement et il descend au premier arrêt ».

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Avec les hommes, on adopte d’autres moyens, moins directs mais tout aussi efficaces. Notre interlocuteur, qui a près de 50 ans, nous confie : « J’étais coincé entre trois jeunes individus, deux à ma gauche, le troisième à ma droite. Ils parlaient foot entre eux et semblaient surexcités. Ceux qui se trouvaient à ma gauche ont commencé à me gêner, puis à se coller petit à petit contre moi, et j’ai tout de suite pensé à mon portable au fond de la poche gauche de ma veste. Durant tout le trajet, mon attention était concentrée sur la poche en question. Et, arrivé à la maison, je découvre la disparition de mon portefeuille; il était dans la poche droite de mon veston… ». C’est la technique du vol à l’esbroufe : amener la victime à se concentrer sur un côté pour lui dérober ses biens de l’autre côté.

Évidemment, toutes ces mésaventures se passent généralement aux heures de pointe et le week-end. Et bien que tous les salariés ne peuvent se permettre de se rabattre sur les taxis, beaucoup, bon gré mal gré, s’y soumettent pour pouvoir rentrer chez eux. Mais là, ils vont souffrir le calvaire et le martyre. Déjà qu’on n’a qu’une chance sur mille de repérer un taxi libre, le chauffeur, gardant les portières bien fermées, baisse la vitre et vous dit : « Tu vas où ?…. Ah non, tu n’es pas sur mon chemin… ». Et il redémarre. Vous avez beau le supplier, l’implorer, le prier au nom du Tout-Haut, il est déjà parti à la recherche d’un client allant dans la même direction que lui. On entend mieux parfois : « Pardon, mais je vais déjeuner » ou bien « Pardon, je chercher les enfants de l’école… ».

Et voici la meilleure : à la gare de l’ONCF d’El Jadida, à partir de 20 heures, vous voyez une file de taxis libres, sagement stationnés en quête de clients. Or, vous voyez des clients en attente d’un taxi libre. Vous ne comprenez rien à ce paradoxe. Alors, renseignement pris, il s’avère  que ces chauffeurs attendent des clients en partance du centre-ville. Sinon ?… Sinon rien, si vous n’avez pas la chance d’habiter dans le fameux centre-ville, vous restez là à attendre qu’un autre taxi daigne bien vous prendre.

Il paraît qu’un peu partout dans le monde, le client est dit roi. Dans notre ville, à El Jadida en tout cas, il est pire qu’un mendiant, car il mendie une course qu’il va payer de toute manière.  Viendra-t-il le jour où le client se sentira tout juste un citoyen digne d’un minimum de respect ?

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