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Par:Khadija Benerhziel

Récemment,  une vidéo a fait le buzz sur le paysage médiatique marocain, montrant des fonctionnaires femmes d’un arrondissement (la vidéo ne précise pas dans quelle ville) , en train de faire du shopping sur place , laissant les citoyens poireauter, en attendant qu’elles finissent leurs achats tranquillement.

Cette vidéo nous pousse à nous poser un certain nombre de questions, mais celle qui interpelle le plus, c’est le rapport des marocains au temps.

Si dans les pays occidentaux, le temps c’est de l’argent et, s’il a plus de valeur, car on peut obtenir plus d’argent,  mais on ne peut pas obtenir plus de temps, chez nous, le temps s’écoule comme un long fleuve tranquille.

Chez nous, « li bgha yrbah l3am touil » , (celui qui veut gagner, a toute l’année devant lui, et ceux qui sont pressés sont morts.)

La vie de tous les jours illustre parfaitement ces adages et démontre que le temps à la marocaine est élastique,  souple et malléable à souhait.

La ponctualité  est quasiment inconnue chez nous. Pour aller à un rendez vous,  on dit toujours postequ’on va y aller entre telle heure et telle autre, ce n’est jamais précis, c’est le règne de  « l’apeuprisme  » à outrance.

Le rendez vous marocain est bien célèbre et fait l’objet de blagues amusantes.  Si on rencontre un ami ou un voisin, au détour d’une rue ou même à un feu rouge, on se lance dans des salamalecs à n’en plus finir, on s’enquiert de la santé de toute la smala familiale, du bébé aux grands parents , en passant par les oncles et les tantes.  On peut même refaire le monde en racontant toute notre vie depuis la naissance.

Le temps n’est pas estimé à sa juste valeur, il part sans nous, en nous laissant admirer les mouches qui volent ou en  pensant à des questions existentielles.

tempsOn aime paresser et le travail qu’on peut réaliser en deux heures, on se permet de ne le terminer que dans deux jours ou même plus, c’est le cas de certains artisans (menuisiers, tapissiers entre autres) qui promettent la réalisation des ouvrages en une semaine mais étirent le temps pour ne livrer qu’après un mois ou plus.

Nos weekends débutent avec la prière du vendredi  et les horaires de travail des administrations sont toujours en retard d’une heure ou plus sur le timing officiel.   Les discours politiques sont truffés de verbes au futur pour la réalisation des projets nationaux, nos politiciens prennent tout leur temps et alimentent leurs propos à coup de » nous allons faire ». Le temps de réalisation n’est jamais fixé ou  toujours approximatif.

Pour preuve, les nombreux projets qui attendent sagement dans les tiroirs des administrations ou du parlement.

Et pourtant,  on nous a bien enseigné à l’école primaire que le temps est comme l’épée, si on ne la coupe pas elle nous coupe, et que l’heure c’est l’heure,  avant l’heure,  ce n’est pas encore l’heure mais qu’après l’heure ce n’est plus l’heure.

Mais la théorie est bien loin de la pratique. Et notre culture arabo -africaine influe énormément sur notre conception du temps,  qu’on perçoit d’une manière flexible et circulaire. Comme le dit si bien un proverbe africain : demain n’a qu’à se débrouiller,  moi je ne connais qu’aujourd’hui.

Il ya tellement de choses à dire sur notre temps marocain qu’il faut laisser le temps au temps…

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