Le Patrimoine « volatilisé » d’El-Jadida…L’éternelle énigme.

Il y a  plus d’une décennie, deux canons des remparts de la cité portugaise, se sont « volatilisés », du jour au lendemain, sans laisser de trace.

Et au lieu de choquer et de mobiliser l’opinion publique, cette affaire aurait pu passer sous silence, sans l’acharnement d’un fervent défenseur du patrimoine doukkali, en l’occurrence,  feu Michel Amengal.

Ce dernier avait remué ciel et terre pour que les autorités fassent leur travail et retrouvent les précieux canons, qui ne peuvent, en aucun cas, avoir disparu…comme par un tour de magie.

Toute l’attention de l’opinion locale et nationale, via les journaux nationaux de l’époque, s’était focalisée sur cette affaire et  suivait de près, l’issue de cette mystérieuse disparition, digne des plus grands romans à suspense d’Agatha Christie.

Quelques jours plus tard, et grâce au bouche à oreille, les canons furent découverts, mais sous l’eau… en bas des remparts.

Les « voleurs » qui ont du utiliser des machines pour pousser, dans un premier temps, les canons dans l’eau, pour les récupérer plus tard, ont, semble-il,  été acculés à « jeter l’éponge », devant la tournure « inattendue » que pris cette affaire.

A ce jour, « l’enquête » n’a pas encore « découvert » les auteurs de ce vol « historique », pour que justice soit faite.

Mais  la nature humaine a horreur du vide. Et le silence des autorités n’a fait qu’attiser les soupçons et  rumeurs. Deux noms de personnalités influentes à l’époque, revinrent en leitmotiv. A quel point cette rumeur est vrai ? On attend encore le rapport de cette enquête pour le savoir,

L’autre disparition, concerne l’effigie du Père de la Nation, feu Mohammed V, qui se trouvait au parc du même nom.

On se demande encore comment une effigie se trouvant en plein milieu d’un parc surveillé, nuit et jour, puisse disparaitre,  sans que le bruit ou des présences suspectes n’attirent l’attention des gardiens des lieux !!

Aux USA, on aurait mobilisé le FBI, remuer ciel et terre, pour retrouver une effigie aussi chargée de symboles que celle de feu Mohammed V.

Et encore une fois, c’est un silence total, opaque, voire suspect qui a entouré cette affaire. Aucune information n’a filtré sur l’issue ou du moins le cours de cette enquête.

The last but not least, est une histoire qui n’est pas en lien direct avec  le patrimoine, mais explique, en grande partie, le silence incompréhensible et presque digne d’une Cosa Nostra, qui continue à entourer les affaires précitées.  Il s’agit, cette fois-ci,  de la disparition des réfrigérateurs mortuaires de la morgue d’El-Jadida.

Des réfrigérateurs, qui d’après certains, ont coûté indirectement  au Maroc…l’organisation de la coupe du monde 2010.

En effet, arrivée à l’improviste à l’hôpital de Tanger, la commission de la FIFA, en tournée d’inspection des installations marocaines, est tombée « nez à nez » avec des blessés graves de la route, allongés dans les couloirs des urgences, à même le sol, et sans personne (en apparence) pour s’en occuper .

Un point noir dans le dossier marocain qui avait à l’époque,  un adversaire coriace et performant par la qualité des services de ses hôpitaux : l’Afrique de Sud.

Mis au courant de cette malheureuse « fausse note », les autorités donnèrent l’ordre pour que l’hôpital d’El-Jadida (étape suivante) fasse bonne figure.

Le jour « J » arriva, et nos autorités locales croyaient qu’avec du méchoui, du thé à la menthe, quelques YouYous et un peu de folklore (hospitalité marocaine oblige), le tour  sera joué.

Mais comme si quelqu’un leur avait mis la puce à l’oreille, les membres de cette commission n’étaient nullement pressés pour visiter « notre fameux hôpital ». A la place, ils demandèrent à jeter un coup d’œil à notre morgue.

Et là …c’était la douche froide. Car en guise de morgue, on n’avait qu’un édifice « sans âmes »… et sans  réfrigérateurs.

Or, ce qui laisse perplexe, c’est de savoir  comment on peut « subtiliser » des réfrigérateurs mortuaires, sans posséder un  savoir faire, un moyen de transport et une  logistique quasi-parfaite ?

Comment, encore une fois et plus d’une décennie après, la police n’a toujours pas trouvé le (s) coupable (s) ?

Une énième fois, les rumeurs allaient bon train, concernant la personne derrière ce casse digne du grand banditisme. Et encore une fois,  on ne savait qui croire en l’absence du rapport de l’enquête policière…Car ce qui nous intéresse au plus haut degré, ce ne sont pas « les dires de radio médina », mais le résultat d’une enquête officielle.

Alors de deux, soit nous avons l’une des plus faibles polices du royaume dans cette ville, puisqu’aucune de ces affaires n’a été résolue, et on ignore même si des enquêtes y ont finalement été ouvertes à ce propos ;  soit nous avons une police qui a choisi de fermer les yeux et classer ces dossiers, pour de multiples raisons, dont elle est la seule à en connaitre les tenants et aboutissants.

En attendant (Godot ?), El-Jadida continue d’être livrée à elle-même, au grand dam de ses habitants et de toutes celles et ceux qui l’aiment et continuent à lui prédire, en dépit de tous ces coups bas,  un avenir florissants.

El Jadida Scoop      

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