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Par: Ahmed Benhima   benhima3 EL JADIDA SCOOP

« Le ridicule, nous dit-on, ne tue pas ». C’est un dicton français qui l’affirme.

Mais sait-on que « la charité » tue ?  Et même ridiculement car elle tue  pour peu.

Cette fois, ce n’est ni un proverbe ni un conte qui le disent. C’est un drame survenu à Sidi Boulaâlam, dans la paisible province d‘Essaouira qui nous l’a fait brutalement découvrir.

C’est à peine pensable, à peine croyable et pourtant vrai.

Pas moins de quinze femmes, en quête d’une quantité infime de denrées alimentaires, ont péri dans une effroyable bousculade. Elles ont payé de leurs vies un lourd tribut à une « charité » piètre et ridicule. Elles ont laissé, dans le chagrin et la désolation, des veufs probablement sans soutien et des orphelins, sûrement sans protecteurs.  Cette tragédie a rajouté ses victimes à celles déjà nombreuses de nos routes, des catastrophes naturelles, des immeubles qui s’écroulent, des embarcations d’immigrés clandestins qui sombrent dans les mers et autres catastrophes qu’on met expéditivement sur le compte du « maktoub », manière malhonnête et malhabile de déplacer les responsabilités vers « l’inévitable » et vers « l’inconnu ». C’est en tout cas un vrai malheur dont il faut tirer des leçons pour que cela ne se reproduise plus, selon une formule consacrée.

On a vite désigné du doigt la précarité sociale de la population, la négligence des responsables et les intérêts électoraux de certains mécènes. Il y a sans doute un peu de tout cela mais c’est à la justice de déterminer les responsabilités et de prononcer les verdicts. Je reviendrai, quant à moi, sur la vulnérabilité des habitants.

La décence veut que dans le deuil, on n’accable pas les morts. On prie pour le repos de leurs âmes. Paix sur eux. Et pourtant, il est nécessaire de signaler, pour que cela ne se répète vraiment plus, que tous ceux qui se bousculent, qui mendient, qui se jettent dans les embarcations périlleuses ne sont pas nécessairement démunis au point de se faire tant de mal. J’en ai vu qui se bousculent à mort dans le pèlerinage pour un sandwich. J’en connais qui refusent de travailler et préfèrent tendre la main parce que ça fatigue moins et ça rapporte plus. Tout le monde sait qu’on paye cher, très cher aux passeurs pour ne jamais atteindre l’éldorado européen. Sur les routes et dans les lieux publics, nous sommes encore nombreux à avoir de l’aversion pour la discipline. Dans une vidéo qui date du 24 novembre (17h 35’), La nouvelle tribune rapporte un spectacle pathétique, une cohue qui s’est produite autour d’un gâteau géant dans un hypermarché. Autant d’exemples qui dénotent un manque de civisme et d’éducation. Nos dérapages découlent d’un dysfonctionnement éducatif aberrant qui a, avec le temps, débouché sur l’effondrement des valeurs et créé le chaos dans les conduites et dans les rapports. Depuis le temps que nos institutions n’apprennent plus à raisonner, n’enseignent plus le respect de soi et d’autrui, nous avons perdu le bon sens et celui de la dignité. Nous sommes devenus des proies faciles au ridicule. Celui justement qui tue.

Et cela continue, On ne décèle encore chez nos dirigeants aucune détermination, aucun effort pour redresser cette triste situation. On ne présente aucun projet fiable, aucune réalisation concrète pour nous sortir de la confusion qui plane et s’épaissit sur notre système éducatif en déroute. En place, on nous sert des discours et des promesses auxquels personne ne croit plus sans être lamentablement ridicule. Aujourd’hui, on va encore vers une septième décennie après l’indépendance sans nous mettre encore d’accord sur une langue d’apprentissage, sur un contenu généralisé, sur un objectif fédérateur dans un enseignement public honni par une population écoeurée qui  ne trouve plus de moyen de protester autre que de s’en prendre  cyniquement et ridiculement aux enseignants.

boualem

Sidi Bouâlem, quelques instants avant le Drame

 

 

 

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