raissouni2

Sean Connery dans  »Le Lion et le Vent »

Par : Ismail H

Une superproduction hollywoodienne, des livres traduits dans plusieurs langues, des articles de presse…L’épopée de Ahmed Raissouni n’a pas laissé de marbre les réalisateurs, auteurs et journalistes occidentaux qui se sont penchés sur le cas d’un personnage au parcours atypique : Celui d’un fils de notable et chérif de surcroît, devenu bandit des grands chemins.

Les actes de banditisme, de piraterie et de séquestration perpétrés par Ahmed Raissouni ont été portés au grand écran en 1975 par le réalisateur John Milius sous le titre  Le Lion et le Vent , avec Sean Connery dans le rôle de Raissouni. Le film revient de façon romancée sur une série d’actions menées par l’Aigle de Zanit, dont l’enlèvement du journaliste du Times Walter Harris devenu conseiller du Sultan, en plus de l’enlèvement de Ion Perdicaris qui a failli être à l’origine d’une guerre entre les Etats-Unis et le Maroc. Tourné entièrement en Espagne, ce film a également connu la participation d’acteurs de renom à l’instar de Candice Bergen, Brian Keith ou encore John Huston.

Entre le grand écran et les écrits

Le film insiste sur certains aspects mentionnés par les historiens qui se sont penchés sur le cas d’Ahmed Raissouni, à savoir une sorte de relation de complicité qui finissait par se tisser entre le ravisseur et ses otages, en plus des conditions de détention qui n’avaient souvent rien d’insupportable lorsqu’il s’agissait d’otages étrangers. Ce qui n’était pas le cas avec les représentants des autorités envers qui Ahmed Raissouni pouvait se montrer cruel. Pour donner plus d’impact au rôle joué par l’homme de Zanit dans l’histoire du Maroc à une époque où le royaume était convoité par les grandes puissances européennes, le réalisateur du film est revenu sur l’incident diplomatique que Raissouni avait déclenché entre le Maroc et les Etats-Unis lorsqu’il s’en prit à l’homme d’affaire américain Ion Perdicaris et à son beau fils. Le rôle de Théodore Roosevelt a été brillamment incarné par le grand acteur Brian Keith.

En dehors du film, Le Lion et le Vent, l’épopée d’Ahmed Raissouni a inspiré quelques auteurs dont Omar Mounir, -Raissouni, Le Magnifique. Rabat (Marruecos): Marsam, 2012-, Rosita Forbes, –  El Raisuni, sultán de las montañas. Editorial Almuzara -2010-.Douglas Porch, qui a évoqué l’épopée de Raissouni en détails dans son livre consacré à la conquête du Maroc, The Conquest of Morocco (pág. 107). Nueva York: Farrar, Straus and Giroux Company, 2005, en plus d’un nombre appréciable d’articles de presse consacrés au personnage.

L’engouement qu’a suscité Ahmed Raissouni auprès des auteurs, journalistes et réalisateurs étrangers est inversement proportionnel au traitement qui est réservé dans son propre pays. C’est qu’en dehors des initiatives des chercheurs marocains comme Omar Mounir, le Maroc officiel en parle peu et lorsqu’il le fait, c’est rarement en des termes élogieux. Il faut dire que le Makhzen n’a jamais apprécié ceux qui sortent du rang et qui lui donnent du fil à retordre, même si généralement les auteurs et journalistes occidentaux eux-mêmes se sont toujours interrogés sur le rôle joué par Ahmed Raissouni dans l’histoire du Maroc au début du XX ième siècle. Fallait-il le considérer comme un héros qui a manifesté son opposition au régime face aux concessions faites aux puissances européennes, quitte à employer des méthodes discutables, ou au contraire était-il un bandit des grands chemins qui se ne souciait que de ce que ses actions allaient lui rapporter, à commencer par la séquestration des étrangers ? Sans doute, les deux. Et c’est justement ce que les écrits consacrés au personnage tendent à démontrer.

Ce qui est certain, c’est que le public marocain gagnerait à en savoir davantage sur ce personnage hors du commun qui ne laissait personne indifférent. Le film Le Lion et le Vent pourrait lui donner le goût d’en savoir davantage sur l’Aigle de Zanit qui a assurément joué un rôle plus important que ce que l’histoire officielle du pays veut bien nous faire croire. Au-delà du jugement, le bon sens requiert que l’on se penche aussi sur les figures qui n’étaient pas perçues favorablement par le Makhzen. Et Dieu sait s’il y en a eu dans l’histoire du Maroc.

http://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/07/raissouni2.pnghttp://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/07/raissouni2-150x150.pngadminsDiversSean Connery dans ''Le Lion et le Vent'' Par : Ismail H Une superproduction hollywoodienne, des livres traduits dans plusieurs langues, des articles de presse…L’épopée de Ahmed Raissouni n’a pas laissé de marbre les réalisateurs, auteurs et journalistes occidentaux qui se sont penchés sur le cas d’un personnage au parcours atypique :...Source de L'information Fiable