LE BATISSEUR

pakis

Par : Driss Tahi (eljadidascoop)

860 écoles, 5 Universités, 124 hôpitaux et dispensaires, 5700 mosquées, 204 centres islamiques, 15000 Orphelins pris en charge, 200 Bourses pour Etudiants en Médecine, 9500 forages de puits… Détrompez vous, ces importants projets n’ont pas été réalisés par un quelconque pays du tiers monde, et leur financement n’a pas été accordé par un de ces organismes de crédit exigeants, assorti au préalable de conditions draconiennes et astreignantes, et condamnant  l’état emprunteur à adopter des mesures d’austérité, tout en acculant les citoyens de ces pays, déjà pauvres, à plus de paupérisation. Toutes ces édifications, tous ces chiffres impressionnants, sont l’œuvre d’un seul homme, mais un homme hors paire, comme on en trouve rarement de nos jours ; un de ceux qui consacrèrent toute leur vie à servir les autres.

 

Ces réalisations sont le fruit de plus de trente années de multiples sacrifices au service d’une cause. Un véritable combat acharné contre la pauvreté et l’exclusion ; contre l’analphabétisme et l’injustice ; contre la famine et les maladies. Abderahmane Al -sumait médecin spécialiste Koweitien, né en1947, homme résolu, partit au début des années 80 en Afrique pour y mener une action humanitaire et sanitaire au nom d’une association qu’il créa auparavant avec l’aide de sa femme, riche héritière et compagne de tous les moments. Il découvrit l’Afrique comme il ne l’eut jamais imaginée : à travers la souffrance de ses habitants et surtout à travers ses enfants orphelins, affamés et malades. Une Afrique agonisante, exsangue, dévastée par les calamités naturelles, déchirée par les guerres tribales et les conflits ethniques.

Partout ou la machine de guerre passa, les habitants payèrent un lourd tribut. par conséquent, les pénuries, la famine, les maladies et la malnutrition s’installèrent, et le nombre d’orphelins et de sans abris devint encore plus grand.

Autant de spectacles de désolation qui eurent leurs effets sur Abderahmane As-sumait qui se sentit dés lors investi d’une mission humanitaire. Certes plus importante que ce qu’il crut, mais il se vit déjà pris dans les dédales de ce continent, et concerné par ce qui s’y passe. Conscient du rôle qui l’attendait et de l’ampleur des risques à courir. Pendant trente années cet homme armé d’une volonté de fer et animé d’une foi inébranlable, parcourut l’Afrique de long en large. Soutenu par une équipe d’assistants loyaux, dévoués et compétents. De la Somalie au Niger, du Malawi a Madagascar du Mozambique au Kenya, le Mali, le Zimbabwe … apportant toutes sortes d’aides : soins médicaux, provisions alimentaires, habits et fournitures scolaires. dans des villages souvent éloignés et enclavés, où croupirent dans l’oubli des populations indigentes et méconnues du reste du monde et pour lesquels, il fallait braver, pour y accéder, des difficultés, aussi bien géographiques que météorologiques.

Ignorant les menaces de milices avides de butins, et qui cherchèrent par tous les moyens à s’accaparer les convois de vivres destinés aux affamés et aux nécessiteux (il échappa à ce propos à plusieurs tentatives d’assassinats). Rien n’arrêta le médecin ni les infections dues aux piqures de moustiques dont il fut victime à plusieurs reprises, lui et ses compagnons, ni les entraves à certains des projets vitaux qu’il entreprit, et que certains fonctionnaires véreux par manque de citoyenneté s’évertuèrent à bloquer sous des prétextes fallacieux.

Abderahmane as-sumait ne renonça jamais devant l’adversité, et poursuivit contre vents et marées son périple: il édifia écoles, universités et mosquées, accueillit des centaines d’orphelins, fit creuser des puits et octroya des bourses, en assurant la formation de centaines d’étudiants à l’étranger.

Les fonds émanant des donneurs affluèrent généreusement de partout, ce qui le conforta et l’encouragea à redoubler d’efforts, malgré une santé fragilisée par les dures épreuves d’une vie chargée, où chaque jour écoulé, se solda par un bilan riche en réalisations et des signes de fatigue profonds sur le corps de cet homme néanmoins animé d’une force de caractère extraordinaire.

En dépit de son diabète et de ses jambes lourdes et douloureuses qui ne le portèrent qu’avec peine, il continua jusqu’à la dernière minute de sa vie à donner ce qu’il eut de plus précieux au fond de son cœur : l’amour.

Récompensé ici bas sur terre, maintes fois, à chaque passage de son convoi, lorsque en masse, les habitants d’un de ces villages descendirent jusqu’au bord de la route pour l’accueillir et en signe de reconnaissance, le doigt levé au ciel crièrent en chœur la « Chahada », annonçant leur conversion a l’Islam. En trente ans, 12 millions de personnes en Afrique, ont ainsi embrassé l’Islam, la religion d’Abderahmane As-sumait, jusqu’à ce que l’homme rendit, dernièrement l’âme, à l’âge de  65 ans.

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