Par Driss Tahi

Désormais, le nom de FUMEL, la petite ville française, aura certainement sa place dans la biographie de l’artiste peintre Azemmouri  Abdelkarim El Azhar. Une ville, ou il a été contraint de séjourner  pour une période indéterminée, malgré lui. Le hasard et les circonstances imposés par l’épidémie du coronavirus en ont décidé ainsi.

Le grand peintre qui s’était rendu début mars en France pour quelques jours, afin de rendre visite à sa fille qui réside à FUMEL,  s’est trouvé bloqué dans l’hexagone à cause de la fermeture des frontières et des mesures  de confinement  obligatoire, dues  à la propagation du virus COVID19, décrétées par les autorités sur tout le territoire français. Son absence qui a trop duré cette fois, avait poussé ses nombreux amis , qui se font du mouron pour lui ,à se poser des questions quant à sa situation,  loin de son pays et loin de sa ville Azemmour, surtout  en ces moments difficiles , sachant qu’il avait toujours tenu à passer le mois de ramadan , aux pieds des remparts de la vieille ville , et sur les berges de l’Oum Erbii .

 Il m’appela le 10 mai au sujet  d’une invitation qui lui a été adressée, pour participer à l’émission, littéraire et artistique, ART ET POESIE, c’est à ce moment  qu’il m’annonça la nouvelle de son séjour forcé en France. Ayant remarqué ma surprise et mon désarroi, en apprenant qu’il n’avait pu regagner le Maroc, il me demanda d’activer le mode camera de mon téléphone portable pour constater de visu ce qu’il en est. Ma stupéfaction fut grande, lorsque je l’ai vu dans un atelier improvisé, dans la chambre à coucher, à l’étage qui lui a été réservé dans la maison de sa fille. Il m’a fait voir, par les deux grandes fenêtres, le paysage et les quelques vieilles  maisons qui se trouvent à proximité .

Emerveillé et en extase, évoluant entre les pots et les tubes de peinture, avec tout autour de lui, une dizaine de toiles peintes, posées contre le mur et même sur le lit, le fruit de plusieurs semaines de travail.

-Tu as vu comment je vis ma réclusion ? Eh bien, voilà, je n’ai pas arrêté de travailler, me dit-il, regarde, en me montrant trois cahiers de dessin, dont les pages 30×15 ont été toutes  peintes, durant le confinement. En somme je me porte bien, comme dit l’adage ; « à quelque chose malheur est bon »

– Le COVID 19, avec le danger de contamination qui plane comme l’épée de Damoclès, l’état d’urgence et le Ramadan hors d’Azemmour et  sans harira , comment  l’artiste peintre Abdelkarim El Azhar peut il se concentrer et créer dans des conditions exceptionnelles comme celles-ci ?.

-D’abord, j’ai beaucoup de chance de me trouver dans les circonstances que l’on sait, à FUMEL, qui est une assez  jolie ville, très calme avec seulement 5000 habitants.  Les gens d’ici, lorsqu’on en rencontre parfois, sont très sympathiques. Pour moi, c’est un havre de paix et le paysage tout autour, est impressionnant, idéal pour peindre. D’autant plus que je suis entouré d’une partie de ma famille. Quant à l’état d’urgence, je le vis comme tout le monde, en respectant tous les impératifs et les gestes barrières  édictés par les autorités.  Avec ma femme, nous faisons une marche à pieds d’une heure, tous les jours, comme il est autorisé. Le reste du temps je suis souvent dans mon atelier. Pour ce qui est  des sujets et des thèmes sur lesquels je travaille en ce moment ; eh bien, je suis préoccupé  comme tous les artistes,  par le coronavirus et tout ce qu’il a engendré comme changement dans le quotidien, à cause de la distanciation, et de toutes les autres mesures.  Il y a aussi, le bilan tragique des personnes atteintes, ainsi que  toutes les pertes humaines et la souffrance des familles.

Tout cela représente une source d’inspiration , comme  pour Rubens, Goya, Lafontaine,  Camus, Marqués et d’autres hommes de théâtre et des cinéastes, qui avaient tellement bien décrit pour nous, grâce à leur talent et à leur génie, l’horreur et la tragédie vécues par l’homme sous les fléaux qui avaient sévi à travers les siècles, par des scènes parfois apocalyptiques.

 Mais il ne faut pas oublier qu’au milieu de l’atrocité de l’épidémie,  il y a toujours le visage humain qui s’érige et se caractérise par l’engagement inconditionnel  de certains intervenants, dont notamment le personnel médical et tous les autres bénévoles. Tout cela  impacte certainement   mon moral, et se trouve traduit et symbolisé d’une certaine façon  dans mes œuvres. Néanmoins, on ne verra pas sur mes toiles le dessin du virus, ou celui des dépouilles.

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