achoura (2)

Par: Khadija Benerhziel

La fête de l’Achoura, comme chacun sait, est célébrée chaque année le dixième jour de Moharram. Elle est perçue depuis fort longtemps comme la fête de l’enfance, de la famille et des traditions  et entre religion et culture, chacun la célèbre à sa façon.

Pour les personnes respectueuses des traditions, elle est marquée par le jeûne des  neuvième et dixième jours du mois. Puis , c’est la visite au cimetière pour se recueillir sur les tombe des défunts , visite accompagnée de dattes, de figues sèches et de pain qui seront distribués aux mendiants qui attendent nombreux cette aumône.

Cette journée est également synonyme de distribution de la zakat, appliquée sur l’avoir possédé depuis une année ( argent et biens) , qui n’est pas soumise à une  contrainte de date, mais certains ont pris l’habitude de  s’en acquitter ce jour- là.

L’Achoura est aussi la fête des enfants par excellence, car c’est l’occasion où les parents leur achètent des jouets. De nombreuses tentes poussent partout comme des champignons, où une multitude de jouets sont étalés. On y trouve   des poupées,  des voitures, des trottinettes, en passant par les pistolets jusqu’aux jeux vidéos, autres gadgets qui font le bonheur des petits.

D’autres jouets traditionnels comme les taârej,  les derboukas et les bendirs sont aussi exposés un peu partout dans une cacophonie propre à cette période.

Il faut dire que ces jouets traditionnels étaient jadis les seuls à être offerts en l’occasion et symbolisaient Achoura.

La tradition veut aussi que les familles achètent des fruits secs, et les marchés aussi bien dans les campagnes que dans les villes regorgent d’amandes,  de dattes, de noix et d’autres variétés de fruits secs qui flattent les papilles des grands et des petits.

On ne peut parler d’Achoura sans déplorer la disparition de certains rituels qui nous rappellent notre enfance, et leur remplacement par d’autres manifestations empreintes de violences, menant trop souvent à des drames.

Avant, les familles se réunissaient, les femmes entonnaient des airs comme « 3aychori , 3aychori, dellite 3lik ch3ori », les enfants sortaient en groupe pour demander « ha9 baba 3aychour »…

Le rituel de Zemzem se faisait à l’eau propre. De nos jours, cette jubilation pacifiste a cédé la place à un cauchemar où jets d’œufs pourris, acides, détritus, pétards, fumigènes, cha3ala avec des matières inflammables, terrorisent les passants, et  causent des traumatismes à vie.

Un autre rituel qui tend aussi à disparaître, sauf peut être dans les achoura.15quartiers populaires et sans lequel cette fête ne pouvait se dérouler , était la préparation du couscous  au gueddid ( viande séchée de l’Aïd el Kabîr ) ,ou à la mejebna ( estomac du mouton  rempli de gueddid) , ou à la diyala ( croupe du mouton) qui se mangeait le soir, suivi d’un grand plat rempli de fruits secs, avec des krichlates et d’autres petits gâteaux secs ( fakia) , accompagnés de thé.

On ne peut non plus parler d’Achoura sans noter que cette fête est associée aux pratiques de sorcellerie auxquelles s’adonnent certains esprits.

Dès les premiers jours du mois de Moharram, la course aux braseros ( mjamar) commence. Les échoppes où se vendent les plantes médicinales utilisées dans ce domaine connaissent un afflux considérable de la gent féminine, qui cherche par l’utilisation de ces 3choub, à régler certains problèmes affectifs ou sexuels.

femmes56Les pratiques les plus utilisées pendant cette occasion pour n’en citer que quelques unes sont : la brûlure du tissu ayant servi lors du rapport sexuel, qui, dit- on , augmente l’amour du mari pour sa femme , quand il est brûlé sur le feu de la cha3ala , le hjab du 9oboul qui est  écrit par un fkih , pour que la personne qui va le porter soit aimée et acceptée partout . D’autres activités encore plus dangereuses et plus horribles sont pratiquées par des sorcières qui ne craignent pas Dieu et portent atteinte au respect dû aux morts. Elles profanent leurs tombes en déterrant leurs bras pour mélanger le couscous. Cette pratique étant utilisée notamment pour faire le mal en cas de vengeance. Il faut dire que les hommes aussi ont recours à certains actes de charlatanisme pour attirer gloire, richesse ou amour.. .

Ce n’ est pas non plus l’apanage des classes sociales défavorisées, de hautes personnalités  et des personnes riches et célèbres sont également séduites par ces pratiques d’un autre âge .

D’après ce qu’avancent ceux qui pratiquent ces rituels, la porte du ciel s’ouvre en cette sainte journée d’Achoura et devient propice à l’accomplissement de ces actes qui sont d’ailleurs prohibés par la religion, et cela en raison des nombreux dégâts graves qu’ils causent aux individus et aux familles.

C’est ainsi que d’une fête pieuse, synonyme de joie et de liesse, on a fait une source d’horreur et d’ennuis.  D’abord par les déflagrations des explosifs qui laissent de nombreuses victimes, par l’aspersion avec des matières nocives, les incendies causés par la cha3ala, et enfin par les pratiques de la magie qui datent du moyen âge et qui sont à l’origine de nombreux drames.

Les rites de l’Achoura font partie de notre patrimoine , essayons de les maintenir, mais évitons les risques qui  peuvent les enlaidir.

Jusqu’à quand les gens seront-ils aveugle,  sourds et ignorants pour croire à ces actes de charlatanisme et de sorcellerie?

Ne peuvent-ils pas se mettre en tête que ces choses ne peuvent être efficaces sans la volonté de Dieu?

قل لن يصيبنا الا ما   »

كتب الله  لنا »

« ولا يفلح الساحر حيث اتى »

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