La santé mal en point à El-Jadida…

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Par: Khadija Choukaili

La santé serait-elle mal en point à El Jadida ? Oui. Et pour cause ce  constat ô combien déconcertant  entre l’offre de soins que l’hôpital public est dans l’obligation de fournir à la population, et la forte demande des  malades attendant que leur tour arrive et qu’on daigne enfin les prendre en main.

Certes, en quelques décennies, El Jadida a connu une industrialisation remarquable qui a fait d’elle le deuxième pôle économique du royaume. Ce développement a entrainé un accroissement de la population, faisant de cette petite cité tranquille, une grande ville où l’industrie connait une expansion sans précédent.

Malheureusement, le rythme de développement des autres secteurs sociaux tel que la santé n’a pas connu le même essor. Certes, la construction de l’Hôpital Provincial Mohammed V d’une capacité litière de 360 lits,doté d’un service des urgences qui répond aux normes en vigueur, d’un bloc opératoire central aménagé avec des salles respectant l’affectation par spécialité, d’un laboratoire pour analyses, de scanners très performants et regroupant la gynéco-obstétrique, la chirurgie infantile, et la pédiatrie, a permis un léger décongestionnement.hopital21

Cependant, la population s’est bien accrue depuis et les effectifs ne répondent plus à une demande de soins de plus en plus importante. Les effectifs dans la province d’El Jadida étant de 167 médecins, 741 infirmiers et 114 administratifs.

Certes, tous les indicateurs montrent la pénurie flagrante non seulement au niveau d’El Jadida, mais partout dans le Royaume. Le Maroc souffre d’une pénurie aiguë en personnel de santé. Selon les statistiques de 2017 du ministère de la santé, le Royaume compte 25.000 médecins, secteurs public et privé confondus, soit 7,3 médecins pour 10.000 habitants. Avec ces chiffres, le Maroc est très loin du standard de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), fixé à 1 médecin pour 650 habitants.  Quant aux infirmiers, leur effectif est de 32.000 en 2017, ce qui ne représente que 9,2 infirmiers pour 10.000 habitants.

Il serait pratiquement irréalisable pour tout pays ne disposant pas d’un effectif de moins de 23 professionnels de santé pour 10.000 habitants (entre médecins, personnel infirmier et sages-femmes) de réaliser des taux de couverture convenables pour les interventions essentielles en matière de soins de santé primaires, considérées comme actes prioritaires par les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Autrement dit, on se retrouve dans des missions impossibles, selon l’OMS.

il faut avouer que pour pallier à ce déficit difficile à combler, un programme de formation de 3.300 nouveaux médecins chaque année avait été lancé depuis quelques années par le gouvernement afin d’améliorer l’indice de la densité médicale pour atteindre 10 médecins pour 10.000 habitants en 2020.  Etant déjà en 2018 avec des effectifs aussi bas, il parait pratiquement impossible d’atteindre cet objectif en l’espace de deux ans.

Le problème est d’ailleurs beaucoup plus complexe, car en poussant plus la réflexion, la difficulté réside également dans l’iniquité dans la répartition géographique du personnel médical et paramédical. Il faut souligner que 52% des médecins sont répartis entre les villes de Rabat, Casablanca, El Jadida et Kenitra. La carte sanitaire indique des écarts de densité très importants entre les régions. Les médecins sont, en effet, beaucoup plus concentrés dans certaines régions, en l’occurrence celle de Rabat-Salé-Kénitra et Casablanca-Settat, que, dans les régions du Sud où les médecins du public et du privé se font rares.

Il faut donc se rendre à l’évidence qu’avec toutes ces complications, le problème parait insoluble. Et il le devient encore plus en constatant que même l’accès aux facultés de médecine et aux écoles de formations paramédicales n’est pas une mince affaire. Le tableau est bien noir déjà, surtout si on décortique davantage la situation, et qu’on se trouve confronté au véritable obstacle qui n’est autre que le manque de postes budgétaires.

Mais soyons optimistes ! Car conscient de cette problématique, le gouvernement a revu à la hausse le nombre de postes budgétaires consacrés au secteur de la santé, et la loi de Finances 2018 a prévu 4.000 postes contre 1.500 postes l’année précédente.

La réalité est malheureusement bien amère car notre pays ne dispose que de 7.414 médecins spécialistes, 3.818 généralistes, 456 dentistes et 160 pharmaciens dans le secteur public

Alors Mesdames et Messieurs les Jdidis, prenez votre mal en patience et attendez un miracle qui ferait basculer tous ces malheureux chiffres qui se lèguent contre nous.

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