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Par Ahmed BENHIMA

On connaît la lecture. On ignore la relecture. La première a sa pédagogie et ses enseignants. On l’enseigne, on l’apprend. La seconde n’a de place dans aucun cursus pédagogique. On ne lui assigne aucun objectif et on ne lui reconnaît, du moins officiellement, aucune utilité, aucun intérêt.

On peut vous demander ce que vous avez lu ou pas lu. Vous n’êtes jamais amené à parler de ce que vous avez relu ou pas relu. Et pourtant, relire après maturité est autre chose que lire dans son enfance ou dans sa première jeunesse. Beaucoup d’individus refont leur formation en reprenant pratiquement tous leurs cours, de manière sélective et selon le besoin. Littérature, philosophie, histoire et même des matières scientifiques. Je crois que nous avons tous lu, entre autres, Les Fables de Jean de Lafontaine ou Kalila Wa Dimna d’Ibnou Al mouqaffah dans notre enfance et notre adolescence. Relisez-les après votre retraite. Ce sont d’autres textes que vous allez découvrir. Il en est ainsi de tous les livres, de toutes les histoires. Je suis souvent surpris par des nouveautés que je découvre en relisant. Comme si les auteurs réécrivaient spécialement pour celles et ceux qui reliraient.

C’est justement pour cela que je suggère qu’on réfléchisse sérieusement à créer des cours de relecture, à leur élaborer une pédagogie appropriée et à leur former des enseignants spécialisés. J’avais une vingtaine d’année quand j’ai lu pour la première fois, La Nausée de J.P. Sartre. L’ennui et mon inaptitude à saisir le sens de ce texte étaient manifestes. Mon professeur qui adorait Sartre m’avait conseillé de le relire vingt ou trente ans plus tard. J’avais souri. Je ne l’ai pas encore fait pour ce livre. Il attend encore son tour. Mais je sais d’avance quelles surprises m’attendent.

 

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