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Par: Khadija Benerhziel

Au Maroc, s’il est un métier qui ne demande ni pistons ni diplômes, et où il n’y a pas de départ à la retraite, c’est bien la mendicité. On peut dire sans exagération que c’est  un métier florissant, prometteur et qu’il est même un loisir où l’appât du gain et l’amour de l’argent facile l’emportent sur la dignité.

Les mendiants sont un spectacle  familier de nos espaces urbains, qu’ils hantent à longueur de journée et même très tard le soir, devant les cafés, les supermarchés, les souks, dans les cars et les bus, et viennent aussi frapper chez les gens.

Ils squattent les cimetières, les parkings, les devants des restaurants, des banques,  des mosquées, les ronds-points où ils entravent la circulation,  devant les hôtels même.

Ils sont devenus une sorte de pollution humaine,  qui défigure l’image de toutes nos villes.

La mendicité s’est transformée en une profession à part entière, manne facile et qui rapporte gros, très gros même.

Et on comprend pourquoi quand cette activité rapporte jusqu’à 300 dh/jour. Tout le monde connaît l’histoire des mendiants millionnaires, qui, avec un agrément de taxi, qui, avec des logements qu’ils louent, ou disposant de bien coquettes fortunes en banque que beaucoup de fonctionnaires moyens sont loin de posséder…

Comme quoi, la crise économique ne touche pas tous les secteurs…

Les commerçants connaissent ces faux miséreux riches qui viennent échanger en fin de journée leur cagnotte de pièces contre des billets.

Ces mendiants VIP refusent en général l’aumône en nourriture ou vêtements et « exigent » des espèces sonnantes et trébuchantes,  et se permettent de compter ce qu’on leur donne avant de l’empocher.mendicité5

Ils ont choisi la facilité de gagner l’argent sans effort, un argent sale, exempt d’impôt de surcroît.

Outre son côté lucratif, faire la manche est devenu un art où les pseudo nécessiteux usent de tous les subterfuges pour amadouer les gens , toucher leur sensibilité et les pousser à leur donner l’aumône. Ils rivalisent d’ingéniosité pour développer les techniques les plus incroyables : de la simulation d’infirmités par l’exhibition de jambes ou de bras amputés qui sont justes repliés, aux ordonnances de médicaments parfois hilarants et pas du tout indiqués pour les maladies dont ils prétendent souffrir, aux habits blancs de deuil portés par certaines mendiantes, en passant par l’invention d’histoires rocambolesques, le plus souvent déchirantes pour jouer sur la fibre de générosité des gens, la demande d’un complément d’argent pour voyager , et les exemples foisonnent indéfiniment.

Mais le plus malheureux,  c’est quand ces indigents utilisent des nourrissons ou de jeunes enfants pour apitoyer les passants. On les voit entraînant ces pauvres petits à lmendiant8longueur de journée, ou assis à même le sol, à la merci des microbes, du soleil et du froid, le plus souvent affamés ou endormis avec des tranquillisants. La plupart de ces pauvres gosses n’ont aucun lien de parenté avec leurs soi-disant parents, ils sont loués ( 10 dh par jour ou 50 à 100 dh par semaine selon certaines sources).

Ce qu’il y’a à noter aussi, c’est que certains enfants sont exploités par des réseaux bien organisés, bien mis en place où la corrélation mendicité /professionnalisme est bel et bien instituée.

Le fléau de la mendicité devient de plus en plus endémique dans toutes les villes du pays, notamment dans l’axe Rabat- Casablanca, mais El jadida n’y échappe pas non plus, où les habitants sont chaque jour assaillis par des hordes d’indigents très souvent agressifs, et ce en dehors des vendredis ou des jours de fêtes religieuses.

D’autres catégories de mendiants sont venues s’ajouter aux locaux, à savoir les migrants subsahariens, qui quémandent l’aumône pour pouvoir rejoindre l’Europe, et des Syriens qui n’hésitent pas non plus à courir le danger dans les ronds-points pour arriver à réunir de l’argent pour subvenir à leurs besoins.

En constatant l’ampleur du phénomène, on est en droit de se poser un tas de questions : est-ce que tous ces mendiants sont dans une vraie situation de précarité? N’y a-t-il plus de dignité humaine pour préférer tendre la sébile au lieu de gagner sa vie par un travail honnête? Surtout quand on voit certains indigents baraqués comme des armoires à glace et des femmes dans la fleur de l’âge réclamer l’obole.

La cohésion sociale, surtout verticale, n’existe-t-elle plus ou peu? Car ces mendiants nous renvoient en pleine figure les failles de notre société, dans la mesure où  les richesses sont très mal réparties.

Est-il possible d’enrayer ce phénomène?  La tâche est loin d’être facile, les différents plans d’action lancés, basés notamment sur l’application de la loi anti mendicité ( 1 mois à un an de prison pour les mendiants5récidivistes), rafle des mendiants et mise à leur disposition des activités génératrices de revenus, sensibilisation des citoyens contre les mendiants professionnels…n’ont pas donné les résultats escomptés.

La plupart des indigents raflés s’échappent, car les activités mises à leur disposition ne leur rapportent pas autant que faire la manche.

Par ailleurs, les citoyens en général sont mus par la générosité, et affirment que « la main qui est au-dessus est toujours meilleure que celle qui est au-dessous », l’aumône étant un pilier de l’islam.

Mais on devrait bien comprendre que la charité, légitime, est une chose, la mendicité professionnelle en est une autre …

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