La  »Haydora », œuvre de la tannerie traditionnelle, une pièce en voie de disparition

La haydora, peau de mouton traitée, est aujourd’hui une pièce en voie de disparition. Elle constituait autrefois une pièce maîtresse de décor dans les foyers, et son souvenir continue à bercer notre pensée.

Elle est un patrimoine culturel, mais qui ne représente plus d’importance de nos jours, et la majorité des foyers s’en débarrassent désormais en troquant cette pièce artisanale contre des petits tapis synthétiques.

Nul ne conteste que l’artisanat constitue un savoir-faire ancestral transmis d’une génération à l’autre. Cependant, des métiers comme la tannerie qui est un savoir-faire séculaire au Maroc sont aujourd’hui en voie de disparition.

Certes, elle constitue un secteur clé de l’artisanat marocain mais les handicaps qui entravent le développement et la transmission de ce savoir sont multiples et requièrent la mise en place de grands dispositifs pour soutenir ce secteur.

Il faut noter que ce métier ancestral constitue l’un des rituels liés aux fêtes religieuses.

En effet, pendant l’Aid Al Ad’ha les femmes se chargeaient de la préparation de la peau des moutons en l’imbibant de sel afin d’éviter sa dégradation et la confiaient ensuite, après son séchage, à un tanneur professionnel qui se chargeait de transformer cette peau de mouton banale en une « haydora » décorative.

Le tanneur procédait à son traitement et au nettoyage de la laine, qui constituera son principal attrait.

Une pièce incontournable qui ornait les salons ou que certains utilisaient comme descente de lit ou tapis de prière.

Les tanneurs professionnels faisaient la collecte des peaux de moutons auprès des foyers qui voulaient s’en débarrasser.

Et afin de s’adapter aux goûts de plus en plus tendance, ils les tannaient et les coloraient pour leur donner plus d’attrait, et leur attribuer un aspect décoratif.

Constituant l’une des premières opérations de traitement des cuirs avant de les façonner, la tannerie traditionnelle demeure une des activités artisanales développées dans plusieurs villes du Maroc. Néanmoins, les dispositifs de promotion et de soutien de ce secteur restent encore faibles.

La sensibilisation à l’importance de la préservation de ce métier constitue un défi difficile à relever.

Khadija Choukaili

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