La galerie de L’IF. d’El Jadida a accueilli le 02 juillet l’artiste peintre Hayat Choufani

Par Driss Tahi

L’institut français d’El Jadida, par l’organisation de ce magnifique vernissage, qui représente le deuxième dans tout un programme consacré aux expositions d’art plastique, entamé par Nezha Abouamir et ses collaborateurs, depuis la « réouverture », redonne des couleurs en quelque sorte à la face de la ville, blêmie par la crise sanitaire et met ainsi du baume au coeur des amis et des nombreux amateurs d’art plastique .

Les couleurs vives et les formes aux traits fantaisistes représentant des femmes en mouvement de danse, accompagnées de musiciens , se tortillant un instrument à la main .Mais aussi les cavaliers sur des chevaux harnachés en position de Tbourida et d’autres joueurs et acrobates . Autant d’acteurs mis en scène sous la direction et le pinceau rêveur de Hayat Choufani , qui est parvenue à travers le style naïf qu’elle a adopté depuis ses débuts , à créer un monde en perpétuel extase , tout habillé de tenues bariolées et d’où se dégage pour le spectateur , dans une harmonie joyeuse , les sons des cordes et des bendirs , les merveilleux youyous , les voix criardes et perçantes des chanteuses , mêlés aux hennissements , aux bruits de sabots et des coups de baroud. Même les froufrous , les rires et le conciliabule des femmes en habit de fête, accroupies devant leurs verres de thé, sont perçus comme par magie au milieu du brouhaha , à coup d’une touche picturale naive , mais assez intelligente et expressive.

L’impression d’une simplicité dans le dessin d’apparence enfantin ressentie de prime abord devant les toiles de l’artiste Hayat Choufani, s’estompe au fur et à mesure qu’on s’en approche, pour laisser place à la stupéfaction . Entraîné de façon irrésistible, on commence alors à déchiffrer les messages et à essayer de déceler et comprendre les rapports entre les différents personnages qui animent ses histoires racontées en peinture , puisqu’il s’agit d’histoire et de traditions . On se retrouve pris au bout d’un moment dans une sorte de conte interminable .

Chacune de ses oeuvres est une manifestation festive pleine de vie et d’énergie .

Tout est mouvement et couleur dans ce qui ressemble à un monde soigneusement créé par l’artiste ou règne une symbiose et dont le but est manifestement de combattre l’inertie et l’ostracisme .

Si ses peitures expriment l’action et les mouvements, en revanche son comportement est plutôt calme et serein.

Autodidacte, Hayat travaille en essayant de perfectionner son style et de parfaire sa touche en faisant des recherches et des expériences dans le silence et la discrétion . Son comportement est d’autant plus aimable et modeste .

Rien d’étonnant, puisqu’elle tient cette sagesse d’un père artiste peintre et d’une ville , dont elle est issue : Azemmour, connue pour ses paisibles casbahs aux portes et aux remparts impressionnants , d’où émane la douceur, malgré les soubresauts du passé et son fleuve Oum Er_Rabii qui inspire la beauté et la joie de vivre. Une ville millénaire à l’histoire rythmée par les couleurs du temps et qui est surtout le giron des maîtres de l’art pictural au Maroc , tel que Abdelkarim El Azhar, Abderrahmane Rahoule , ou Bouchaib Habouli , des noms prestigieux qui représentent des mentors pour des générations d’artistes et continuent à influencer spirituellement et de par leurs techniques et à ouvrir la voie à tous les jeunes peintres en herbe de la région.

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