Par: Jilali DERIF    j.derif

Les plus belles descriptions de fantasias anciennes dans le pays de Doukkala qu’on peut vous présenter sont celles de Dr. A. Marcet. C’était au printemps de 1881, lors du voyage de Mr Ordega à Marrakech pour remettre à Moulay AlHassan les lettres qui l’accréditaient auprès de sa Majesté Chérifienne, en qualité de Ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire de la république française. Le Dr. A. Marcet était le médecin de la mission qui devait accompagner le ministre à la cour du Sultan à Marrakech.

– Chez la tribu des Ouled Douib (Fahs)

« A ce point de notre course, un véritable coup de théâtre nous réservait une surprise agréable. Une cinquantaine de cavaliers, commandés par le caïd de la tribu et jusque-là soigneusement dissimulés à une centaine de mètres de la route, derrière une légère ondulation du terrain, se précipitent sur nous avec une impétuosité, une furia qu’on aurait pu prendre un instant pour une charge à fond contre notre colonne. Mais, à un signe de commandement, tous les cavaliers s’arrêtent net…

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Quand le repas touche à sa fin, le caïd vient demander au ministre la permission de lui offrir le spectacle d’une fantasia. Six ou sept cavaliers rangés en ligne partent en petit trot, au signal de leur chef placé au milieu d’eux. Au cri de : Ah ! Ah ! plus énergique, les chevaux sont lancés à toute vitesse, les hommes élèvent de nouveau leurs fusils, exécutent un moulinet, ajustent et tirent avec le seul secours de leur main droite. En même temps que les détonations retentissent, des cris, des hurlements s’échappent de la poitrine des cavaliers, emportés en ce moment dans une course vertigineuse.

Arrivés au but, les chevaux sont brusquement arrêtés et retournés, tandis que le chef, continuant sa course en demi-cercle, revient bientôt se placer au-devant de ses hommes, à la tête desquels il regagne paisiblement le point de départ. Quatre ou cinq fois, le même exercice recommence sous nos yeux, exécuté par des groupes différents. Mais certainement le plus remarquable de ces groupes par l’adresse et l’agilité est celui que commande le fils du caïd, reconnaissable entre tous au riche équipement jaune de son magnifique cheval. »

– Chez la tribu des Ouleds Zayd ,

« L’esprit se dilate agréablement au milieu de cette belle et riante nature. On se sent pénétré d’une impression de douce joie et de bien-être intime.

A une assez grande distance devant nous apparaissent bientôt une cinquantaine de cavaliers, le goum ou contingent d’une nouvelle tribu (Ouleds Zayd). Le terrain est plus favorable à leurs évolutions.

Dès qu’ils nous aperçoivent, quelques-uns se mettent à exécuter une fantasia dans notre direction, puis, avant de nous atteindre, tournent bride et vont rejoindre le gros de la troupe. Le Caïd les précède, un vieux Caïd encore, mais à la figure fine, douce, distinguée et sympathique…

Une suite continuelle d’exercices éblouissants, exécutés sur les flancs de la colonne par les superbes cavaliers, tous admirablement montés et richement équipés…

C’est ordinairement par groupes de quinze qu’ils s’élancent au commandement de leur chef. Emportés alors par toute la vitesse de leurs chevaux, ils élèvent leur fusil d’une main, l’agitent au-dessus de la tête, lui font exécuter une série de moulinets, puis, tout à coup, abandonnant les rênes, ils saisissent l’arme des deux mains, visent le but, font feu, et se rejettent convulsivement en arrière, en poussant des cris frénétiques. Au milieu de ces contorsions, ils brandissent de nouveau leur fusil avec rage, et les plus habiles le lancent en l’air, pour le ressaisir toujours avec une admirable précision.

Deux mulets chargés de munitions suivent le peloton dans ses exercices, et, après chaque décharge, viennent lui apporter une nouvelle provision de cartouches.

Parfois un des cavaliers se produit isolément et nous offre un spectacle encore plus surprenant. Une fois son cheval lancé à toute bride, les rênes sur le cou, il se dresse sur ses étriers, pivote sur sa selle, vise à droite, vise à gauche, en avant, en arrière, et fait feu dans n’importe quelle direction, sans perdre son équilibre ni interrompre sa course insensée.»

Source : « Voyage d’une mission française à la cour du Sultan » Ed. 1885.

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