Par: Abdellah Hanbali

Simone de Beauvoir avait provoqué, lors de la  parution de son essai féministe « Le deuxième sexe », un grand débat durant les années quarante.

Dans son œuvre à la teneur philosophique, l’auteure en a fait  l’expression d’une réelle rage de vivre de toute la gente féminine occidentale. Un cri atroce, pareil à celui  d’un animal blessé et qui vise aussi bien  l’homme que l’ensemble de la structure constitutionnelle familiale.  Deux éléments clés dans le dénigrement et l’abaissement du rang de la femme au sein d’une société façonnée et taillée par l’homme à sa juste mesure.

Ce livre se voulait donc comme extériorisation de tant de choses  cumulées, enfouies au fin fond de soi et refoulées depuis des siècles. Il se voulait aussi comme un argument de défense en faveur de la femme et « un chatouillis pour la sensibilité » de l’homme, de la société  et des lois réunies, dans l’unique but de reconsidérer les conditions du sexe dit « faible » et ces entraves que la société dresse sur sa route vers l’émancipation, la modernité et l’ intégration.

Et c’est donc dans ce même contexte que vient de paraître à Paris, aux Editions L’Harmattan,  un roman intitulé « La fable du deuxième sexe » de l’écrivaine et poétesse marocaine Maria Zaki.

Cette auteure jdidie parvient, en plus de son travail de recherche scientifique zaki.fen France (dans le domaine de la chimie), à s’intéresser à la créativité. Elle a été encouragée par plusieurs auteurs avec, à leur tête, le chercheur et académicien, Abdelkébir Khatibi, qui avait dit un jour d’elle : « Cette fille est remarquable. Elle écrit sur le silence. Quand on lit ses écrits, on y retrouve des phrases construites sur des données scientifiques, qui analysent la question féminine et le comportement de l’homme vis-à-vis d’elle. Le tout par de profondes formulations mentales, juridiques et sociales. »

Elle a traité le phénomène de l’indifférence de l’homme vis-à-vis de la femme ; le dénigrement de ses réclamations et de son évolution physique et psychique ; de ses revendications légitimes, mais  passant au second plan dans le mental de l’homme arabe ; sans oublier de pointer du doigt le père, le fils et même la mère. A des degrés divers, certes, mais  tous  jouent un rôle essentiel dans le calvaire qu’elle subit au quotidien.

Maria Zaki a réussi à démontrer tout cela, par le biais d’une famille vivant selon le modèle classique d’un père méprisant ouvertement la mère et l’assimilant à une simple servante, en dépit de la présence des enfants du couple.

Une mère qui a fini par baisser les bras par manque de véritables modèles à suivre car toutes étaient battues, abattues, résignées… et se contentaient de composer avec leur quotidien de…femme. Cette mère qui, à son tour, s’est mise à perpétuer le même  état de dénigrement et de mépris envers sa fille, tout en épargnant le fils.

Maria Zaki rejoint donc Simone de Beauvoir dans la confirmation de cet état de malveillance et d’indifférence contre la femme. Un état qui reste lié à l’éducation que reçoivent les garçons (les hommes) et que la société encourage.

L’auteure a choisi de ne pas s’arrêter au seul changement de ce mode d’éducation mais, également, d’attirer l’attention sur la complémentarité naturelle, scientifique et humaine entre les deux sexes et à démontrer l’impossibilité de l’un à vivre sans l’autre.

Le suspense est présent de bout en bout dans cette histoire. Pour mieux le faire perdurer, notre romancière s’est focalisée sur des modèles comme le dénigrement du père envers la mère, le comportement du frère Adam envers sa sœur, la métamorphose de son sexe, après le surprenant phénomène subi de sa part et celle de sa famille…

Une métamorphose qui obligea Adam à se comporter comme une fille et à supporter ce qu’elle subit ;  Il ressentit, alors, l’entière injustice et les souffrances résultant à partir de  sa simple apparence féminine.

Ce nouveau comportement d’Adam,  poussera son père à reconsidérer totalement son attitude envers son épouse, sa fille et  la femme de manière générale.

Par le choix de cette tranche d’âge, la romancière a voulu mettre en relief les problèmes de la condition féminine pensant, à juste titre, que ce sont les jeunes qui déterminent l’évolution de la société et qu’un apprentissage précoce à respecter la femme, à s’intéresser à elle, sans la négliger, la mépriser, la violenter… leur ouvriront les yeux et les rendront  sensés et matures.

Elle souligne l’étroitesse du lien existant entre l’opposition et la violence que subissent les femmes et l’ignorance de leurs  positions essentielles et stratégiques dans la vie.

C’est pourquoi Maria ZAKI envoie à travers son roman un double message : le premier  aux hommes les incitant à reconsidérer la réalité établie et, le second,  aux femmes les invitant à se rebeller contre leur condition lamentable.

La mentalité d’Adam a complètement changé après cette semaine de souffrances et d’interrogations, son entourage aussi. Le jeune a commencé à lutter contre le comportement désobligeant de l’homme vis-à-vis de la femme et à demander que cet état de fait cesse au plus vite.

Adam a réalisé son erreur sur ses préjugés vis-à-vis de la femme. Une prise de conscience qui doit être généralisée aujourd’hui à tous les hommes arabes, dans le but d’aspirer à un monde bienveillant et à un avenir meilleur offrant, à tout un chacun, travail et progrès.

L’homme arabe du 21ème siècle doit se poser les bonnes questions en ce qui concerne les vraies difficultés et les obstacles réels que connaissent l’ensemble des pays arabo-musulmans.

La romancière Maria Zaki confirme cette exigence et dit comme pour conclure : « L’écriture permet l’ouverture au monde tout en recherchant le soi ».

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