spectateurs.insecurité

 

Par: Abdellah HANBALI

Certes, l’on ne peut dissocier le culturel de l’économique et du développement tout court.

Et si la plus grave des pauvretés, n’est autre qu’intellectuelle,  tracer la politique d’une ville, doit commencer par la partie la moins matérielle, à savoir la culture, pour que les gens puissent donner de l’importance au reste.

Mais la culture c’est quoi? Organiser des Festivals à coups de millions, voire de milliards de centimes tout au long de l’année, ou commencer par asseoir une plate forme solide, en édifiant des conservatoires de musiques, des centres culturels, des salles couvertes et polydisciplinaires, des théâtres, des maisons de jeunes, des cinémas, des terrains de proximité…. ?

En occident, les festivals sont le couronnement des multiples  investissements opérés dans chaque ville, voire chaque village, et  s’adressent à un citoyen ayant grandi dans un milieu imbibé de culture.

Car, que valent ces festivals marocains de cinéma, dans des villes sans le moindre cinéma ?

Que valent tous ces festivals de musiques dans des villes qui en sont totalement démunies ?

N’a-t-on rien d’autre à faire de l’argent du contribuable ?

L’organisation de Jawhara coûte chaque année, environ 800 millions  de centimes. Et cette année encore, lorsque ce fameux festival aura pris fin (3-5août) et que « les festoyeurs » auraient bien « festoyé », que diront nous aux enfants de la rue. Que ferons-nous face aux différentes délinquances juvéniles ? Comment allons nous  tacler tous ces maux qui rongent et menacent l’avenir de notre société et interpellent toutes les consciences vives en rappelant que nous devons d’abord investir dans « l’Humain » ? Parce qu’il n’y a de salut que de ce côté-là et que sans cela, aucune politique ne peut aboutir.

Il y a longtemps que sous d’autres cieux, bien cléments, les responsables  ont compris que les zones industrielles équipées et même avec usines délivrées  clés en main, les technologies de pointe, les machines les plus perfectionnées, les hôtels les plus luxueux… ne peuvent suffire à assurer le décollage ou la relance économiques souhaités, sans la participation effective de l’Homme : un Homme productif, conscient de sa valeur et de son rôle majeur de citoyen déterminant dans l’élaboration de la richesse et de la stabilité de la nation. Un Homme situé au centre de toutes les politiques et qui doit être l’objectif ultime de toutes les démarches officielles qui feront aboutir à son instruction et l’aider à se reconstruire pour enfin trouver sa voie.

Or nous constatons, non sans amertume, que cet Homme qui doit être le centre de nos préoccupations et notre première richesse, continue à être négligé, marginalisé, méprisé, sous-alimenté et sous-payé.

Or, que pourrait-on attendre d’un être piétiné, sous-estimé, asocial et se sentant mal dans sa peau ?

Négligez un élément de l’équation et c’est tout l’édifice, toute la politique, tous les efforts accomplis qui se rétrécissent progressivement, telle une peau de chagrin, jusqu’à l’anéantissement et l’échec total. C’est malheureusement le phénomène auquel nous assistons, impuissants, depuis des décennies.

L’illustration en est faite  par ces armées de mendiants, de clochards, d’alcooliques, de drogués et d’enfants abandonnés qui sillonnent nos rues et boulevards. Sans oublier l’image négative renvoyée par ces jeunes, dans la force de l’âge, qui ne pensent qu’à l’émigration par n’importe quel moyen, au péril de leur vie. Idem pour ceux qui constituent la matière grise, le fleuron et la fierté de nos écoles supérieures et qui, pour un salut (chimérique ?) sous d’autres cieux, désertent le pays.

Nous avons besoin d’une autre mentalité et d’une autre approche du   socioculturel. Loin de toute démagogie et de toute philanthropie hypocrite et dangereuse.

Lors de son Discours à l’occasion de la fête du Trône du 30 Juillet 2010, quand Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait dit (…Mais, pour importants qu’ils soient, les acquis qui ont été enregistrés risquent de rester purement formels, s’ils ne sont pas confortés par le renforcement des droits socioéconomiques et culturels de nos concitoyens et par le raffermissement de la solidarité. Ce sont autant d’exigences à inscrire au centre des politiques publiques de notre pays…) c’est de cela que Sa Majesté voulait  parler. Il n’a jamais encouragé un quelconque responsable à organiser des Festivals de cinéma dans des villes sans cinémas ; des festivals de musique sans le moindre lieu pour s’adonner à de la musique…

 

 

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