Par: Alain Degans   degans2

Certes, la faculté des lettres et des sciences humaines d’El Jadida entendait rendre un hommage à une poétesse jdidie doublée d’une militante convaincue. Mais il ne sera pas dit que la venue de Khatiba Moundib dans ces lieux de savoir n’avait pas seulement pour objectif un hommage à cette grande dame des lettres marocaines. En cette journée précédent celle commémorative des droits de la femme, les professeurs Reda Bejjtit et Soumaya Maâtouk, initiateurs de cet après midi studieux, avaient sûrement une idée en tête : la rencontre de leurs étudiants avec la poétesse sans doute pour susciter les vocations, débloquer en chacun le désir inavoué de suivre l’exemple de l’écriture.

 


Une brève présentation de l’auteure des trois recueils de poésies que sont « Larmes de sang », « Envolées lyriques » et « Errance » mais aussi de la militante Khatiba Moundib, ancienne professeure de français, membre fondatrice de l’association marocaine des victimes des attentats et présidente de la section jdidie de la ligue des écrivaines marocaines, nous fut livrée par le professeur Reda Bejjtit.

 

Khatiba donna quelques repères qui balisent son vécu. « Je suis né militante dans une famille de militants » ouverte sur une double culture : l’école française qui lui fit dire que le français est en quelque sorte sa langue maternelle, et le Saint Coran. La jeune fille aime lire et s’essaie à l’écriture. Mais le véritable déclic va venir d’un choc inattendu : les attentats de Casablanca du 16 juillet 2003 où son frère bien aimé trouva la mort.

 


 

Elle trouva dans la poésie matière à exprimer sa rage et sa douleur immense, une blessure dont elle n’a pu refermer la plaie. Elle ne fera jamais son deuil, avoua-t-elle. « Larmes de sang », son premier recueil poétique, également traduit en italien, constitue pour elle une thérapie indispensable. Elle dit ne pas en vouloir aux kamikazes qui ont exécuté les attentats, autres victimes endoctrinées.  Avec juste raison, elle plaide pour un islam de paix qui prône un humanisme qui n’a rien à voir avec ce terrorisme sauvage et aveugle.

 


 

« Envolées lyriques » et « Errances » constituent des recueils où émerge la nostalgie au travers de poèmes lyriques. Le professeur Bejjtit se demandera si la présence du lyrisme dans les poèmes de Khatiba n’est pas à rechercher dans le soufisme ambiant, ce à quoi la poétesse répond positivement : « il s’agit d’une méditation chantée ». D’ailleurs, Khatiba Moundib fait sienne une remarque que « le poète est un musicien des mots ». Et on aura bien compris : notre poétesse aime plus Lamartine, justement pour son lyrisme que Baudelaire…

 

Khatiba nous donne rendez-vous pour la sortie de son prochain ouvrage (la semaine prochaine sûrement) intitulé « Bribes d’une vie, entre tradition et modernité ». Il ne s’agit nullement d’un nouveau recueil de poésie mais d’un premier roman, une oeuvre biographique. A ce propos, il lui fut demandé « pourquoi la poésie avant le roman ? » « Chaque poème peut-être un roman : il raconte une histoire qui vient coeur ».

 


 

Les échanges avec les étudiants ont permis à la présidente de la section locale de la Ligue des écrivaines du Maroc, de les encourager à produire leurs poésies ou à écrire des romans. Elle les invite à s’appuyer sur les structures de son association qui compte désormais quelques 50 sections locales. Elle rappelle que la journée nationale de l’écrivaine est fixée au 09 mars et qu’à cette occasion des manifestations locales vont se dérouler à El Jadida sur 3 jours.
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