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Par: Khadija Benerhziel

A la suite des articles concernant El Jadida et les sites avoisinants, il convient  de citer aussi la région de Boulaouane . Située à 80 km d’El Jadida,  cette région est une vaste plaine agricole dont le nom sonne familier pour certains à cause de ses fameux vignobles. Mais ses derniers ne pourraient reléguer au second plan les ruines de la merveilleuse forteresse éponyme qui se dresse fièrement sur un  promontoire comme une sentinelle de pierre  dominant les méandres du fleuve Oum Errabia, et  qui a connu ses heures de faste et de gloire.

Elle daterait de l’époque du sultan almohade Abdelmoumen Ben Ali. Elle fut ensuite dominée pendant un certain temps par les portugais avant que le sultan alaouite Moulay Ismail ne s’en empare en 1710, et  y installe son armée composée en grande partie de contingents d’esclaves noirs, pour contrôler les tribus berbères , y instaurer la sécurité et la paix, et en faire un gîte impérial. Sur le linteau de la porte impressionnante , on peut lire l’inscription suivante :  » kasbah édifiée sous le règne du victorieux, puissant, conquérant avéré,  notre seigneur Ismaïl, le champion de la guerre sainte pour la cause du Maître du monde, que Dieu lui donne son aide et la victoire, et sous la surveillance de son serviteur , assisté de Dieu , Abou Othman Ilyas Said Ben El Khayat, que Dieu l’assiste , à la date de l’hégire 1122  « ( correspondant à 1710)

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Légende et histoire se mêlent pour raconter le passé de cette kasbah. C’est ainsi qu’on raconte que lors du passage du sultan Moulay Ismaïl dans la région,  les habitants, dans l’incapacité de lui offrir des biens précieux, lui donneront en cadeau une jeune fille d’une grande beauté nommée Halima, dont il tomba follement amoureux.

Du haut d’une tour de la kasbah, il lui déclara qu’il lui donnait ainsi qu’à sa famille toutes les terres des alentours. Lorsqu’elle mourut,  il ne retourna plus sur les lieux. Ainsi donc, cette imposante kasba était- elle un cadeau à la bien aimée ou bien un symbole de puissance dans la région?

Toujours est- il que les ruines de ce joyau architectural sont encore d’une grande beauté. Le minaret qui surplombe l’oued Oum Errabii et les remparts crénelés en partie conservés attestent de la beauté de ce lieu et le soleil couchant magnifie encore sa splendeur.

Il faudrait avoir beaucoup d’imagination pour faire revivre ce lieu chargé d’histoire, dont il ne subsiste plus que la porte monumentale qui marque l’entrée,  et un peu plus loin ce qui reste de la maison du sultan, une cour carrée couverte de mosaïques, 4 vastes salles de chaque côté dont les fresques avec de magnifiques ornements calligraphiques sont encore visibles , et probablement les restes d’un hammam,  et des traces des appartements de Halima. Les murs qui étaient finement crépis ont été altérés par le temps. Des morceaux de marbre blanc et des bandes de carrelage ayant résisté au vandalisme peuvent être encore admirés dans la cour. Un menzeh (tour de la cage d’escalier) soutenu par des charpentes en bois noircies surplombe la kasbah. Et bien sûr, de la mosquée ne subsiste plus que le minaret qui domine l’oued qui serpente en contre plongée, offrant une vue magnifique de la vallée qui apparait toute petite en contrebas, de l’orangeraie et sur l’ensemble de la région. Les vestiges valent vraiment le détour car ils racontent toute une époque glorieuse de notre histoire,  d’autant plus que sur la route y menant, on peut voir les fameuses tazootas qu’on ne trouve nulle part ailleurs que dans les Doukkalas. Cette kasbah qui est un véritable château fort,  compte parmi les 76 forteresses construites par ce souverain pour pacifier et sécuriser le pays. Elle serait d’ailleurs la mieux conservée. Il n’est pas difficile d’imaginer l’état des autres. Il est à signaler aussi que l’écrivain aviateur Antoine de Saint Exupery aurait suivi en 1927 la route qui mène à cette forteresse, où il se serait attardé et a rencontré en ces lieux le caïd Ahmed Tounsi, chef de la tribu des Aounates.

Ce périple dans les doukkalas, lui inspira un recueil de textesBOULAOUANE52 littéraires intitulé » citadelle», une anthologie où il ne parle pas d’aviation, mais d’idéalisme et de morale   C’est ce que rapporte notre écrivain historien  jdidi Mustapha Jmahri dans  » chroniques secrètes sur Mazagan »

 

Voilà donc encore un autre patrimoine historique et culturel de notre région  qui sombre dans l’oubli et la négligence,  tout autant que d’autres sites historiques d’une grande richesse , tels Madinat gharbia , Tit Moulay Abdellah, Zaouia tounsia, Lamjahdine, ghar khanzira etc. Voués à la détérioration et à une disparition imminente, dans l’indifférence et la négligence des autorités de tutelle.

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