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Par : Abdellah Hanbali

La ville d’El-Jadida vient de se jumeler à sa consœur portugaise de Lagos. Certes notre ville a saisi  depuis belle lurette, l’importance d’une telle ouverture. En témoigne le premier jumelage de la ville avec Arenzano (région de Gênes, Italie) en 1964. Et depuis, toute une kyrielle de jumelages ont suivi dans les quatre coins du monde, chose qui  est tout à l’honneur, d’ailleurs,  de notre ville.

Aujourd’hui beaucoup de Jdidis de souche, ignorent le nombre de ces villes, parfois de renommée universelle et avec lesquels la capitale des Doukkala a réussi à tisser des liens sociaux et culturels : SETE et VIERZON (France), SINTRA et ALBUFERA (Portugal), MARBELLA (Espagne), ACAPULCO (Mexique), MAZAGAO (Brésil), VARENNES(Canada), TUKUMA (Etats-Unis), NABEUL (Tunisie) et YAOUNDË (Cameroun).

Mais le hic, c’est qu’une fois ces jumelages tissés, ils sont classés dans les tiroirs et oubliés. Or le jumelage désigne toute action visant à associer deux choses identiques ou complémentaires. Un jumelage, dans le cadre d’une coopération décentralisée, est la relation établie entre deux villes de pays différents, avec la principale visée de faciliter pour ne pas dire concrétiser des échanges socioculturels. Aujourd’hui, la plupart des importantes villes de la planète sont jumelées avec plusieurs autres villes. Et tous les pays semblent avoir pris conscience que l’un des moyens les plus sûrs de progresser, sur le plan des relations internationales, est l’établissement des liens aux niveaux les plus élémentaires : ceux des Communes.

 

Des relations d’échanges assez étroits avec d’autres peuples sont établies de la sorte : des communications réciproques  de connaissances, d’expériences, de savoir-faire dans tous les domaines de la vie locale… mais aussi l’apaisement des haines et des rancœurs, capables de naître à tous moments en raison de  malentendus ou mauvais (voire manque de) bons rapports.

 

Plusieurs secteurs peuvent être parties prenantes dans ces échanges culturels, qui se font en parallèle des diverses associations communales : nous pensons aux collèges et aux lycées des communes jumelées, qui peuvent aussi aider et promouvoir dans le cadre de l’apprentissage de langues étrangères.

Aujourd’hui,  les habitants d’El-Jadida en ont ras-le bol de tous ces jumelages  qui engloutissent d’énormes sommes d’argent  en  voyages et autres « amabilités », et qu’une fois les protocoles terminés, plus rien ne se passe. Comme si la concrétisation d’un jumelage, est une fin en soi.

 

Le jumelage, c’est un travail de longue haleine ayant pour  finalité, un décollage culturel et socio-économique de sa commune.

 

Réaliser des jumelages avec des villes, aux quatre coins du monde, est en soi, une excellente initiative lorsqu’on a un plan préétabli, une vision claire, des élus  en mesure de mener à bien ces missions ; des cadres compétents et capables de réaliser les études nécessaires et les projets dont la ville à besoin…

 

El-Jadida, ville aux douze jumelages !!! Mais à part deux ou trois noms donnés à certaines avenues, qu’en reste–t-il encore pour nous le rappeler ?

 

Des noms d’avenues qui tels des stigmates, des plaies toujours ouvertes et des témoignages douloureux de l’histoire sur tant de gaspillage et d’incompétence, d’élus, de cadres et des autorités locales.

 

Douze jumelages pour douze fiascos. Difficile de faire pire.

 

51 ans après le premier jumelage, que reste-t-il des volets interculturels, que l’on voulait bâtir avec « l’Autre » et de cette compréhension mutuelle inter-citoyens capable de faire respecter et célébrer la diversité culturelle et linguistique, tout en contribuant au dialogue didactique.

Que reste-t-il de ce rapprochement des individus, pour qu’ils partagent et échangent leurs expériences, leurs opinions et leurs valeurs, tirant des enseignements de l’Histoire et s’ouvrant à la construction de l’avenir ?

 

Que reste-t-il de cette contribution à un dialogue instructif capable de mettre en évidence une grande action en vue d’impliquer les habitants directement à travers les activités de jumelage de villes ainsi que des projets citoyens ?

 

Où sont nos mesures de soutien pour l’échange des meilleures pratiques, pour la mise en commun des expériences des parties prenantes au niveau local et régional et pour l’acquisition de nouvelles compétences, par exemple, à travers des formations ?

 

Combien de projets lancés par des organisations de la société civile au niveau local ou régional ont été soutenus grâce à nos divers jumelages ?

 

Combien d’événements à haute visibilité, tels que la commémoration d’événements historiques, des manifestations artistiques, la distribution de prix, destinée à mettre l’accent sur des accomplissements majeurs, ou encore des conférences d’une grande portée ont-ils été soutenus ?

 

Combien d’études, d’enquêtes, de sondages d’opinion ont été effectués grâce à ces associations ?

 

Alors pourquoi tous ces jumelages, si les Hommes capables de les mener à bien…font  défaut ?

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