« Interaction », thème de l’exposition de l’artiste peintre Hafid Marbou… Galerie Noir sur blanc à Marrakech, du jeudi 08 au 28 octobre 2015.

hafid

ELJADIDASCOOP

Hafid Marbou est né en 1974 à Tiznit, diplômé des arts plastiques à Marrakech en 1994, il vit et travaille à Agadir en qualité de professeur d’Arts plastiques depuis 1996. Il a gagné plusieurs concours, et participé à plusieurs événements artistiques au Maroc et à l’étranger.

 

« Hafid Marbou a la magie de la couleur…il a aussi la grâce et l’humilité des vrais créateurs. Son travail, où douceur et force font bon ménage, n’a nul besoin de commentaire. Il exige ce silence dont on se pare à l’entrée d’une mosquée, d’une église ou d’une synagogue » comme en témoigne l’artiste Mahi Binebine à propos de l’œuvre de Marbou.

Extraits de texte :

Abderrahmane Ajbour / Université d’El Jadida : Les enjeux mémoriels de la matière 

A première vue, on s’accroche ; et on désire immédiatement entrer dans l’intimité de l’œuvre et de la vision qui la précède. On hésite, un instant rebuté, mais en même temps on est attiré, forcément. C’est que l’éblouissement et l’émerveillement que procurent les nouvelles toiles de Hafid Marbou apportent leur lot de fraîcheur et d’énigmes. En réduisant la distance du regard, en se penchant de plus près, on a la chance d’écouter et de dialoguer un peu plus « jouissivement » avec un univers unique.

Par rapport à ses travaux antérieurs, il semblerait que la peinture de Marbou ait pris aujourd’hui un tournant crucial. Elle s’est dégagée en douce d’un œil et d’un geste trop limitatifs/imitatifs pour recouvrer une liberté de ton et de langage. L’articulation principale en est cette utilisation massive et novatrice de matériaux hétéroclites. Ce qui n’est nullement aléatoire ; car il est supposé qu’un travail de recherche, de réflexion et de préméditation ait été entrepris sur la base d’une autoréférence consciente et pertinente. Un retour sur soi que les œuvres d’ici mettent à l’honneur efficacement.

D’abord, Marbou semble avoir revu sa palette. A partir, semble-t-il, d’une négociation sereine avec la couleur, la lumière et, surtout, les matières. Ensuite, il se serait débarrassé du brouillage visuel qui empêche d’observer et qui altère le visu-vécu de manière corrompue. Enfin, il promet – par ses œuvres – de questionner davantage la complexité structurelle de la valeur mémorielle d’une enfance toujours présente  et de s’interroger in situ sur le devenir de l’objet mémoriel. L’art est bien capable de cela ; notamment en complexifiant les structures et en puisant dans les lieux-temporels des naissances.

Quant aux influences, Hafid  Marbou dit être redevable à De Vinci et à Anselm Kiefer, entre autres. Ce que Léonard applique au corps et à l’espace, il essaie, lui, de l’appliquer à une parcelle de sol boueux, gravée dans sa mémoire. Une vue microscopique et anatomique sur le réel de naguère, et qui s’ouvre sur les possibilités d’un relatif abstrait pictural. Celui-là même qui cherche à faire voir ce qui se cache derrière les apparences. Dans ce sens, la nature visualisable ne serait pas complète, ni parfaite. Elle n’est ni finie, ni finalisée ; il lui manque le geste… artistique, qui, selon lui, consiste à mettre la main à la pâte, au sens littéral du mot…

Ainsi, Marbou revisite les enfances. Celles de l’originel et du présent. Il ne jure que par son rapport viscéral à la Nature. Notre nature à tous, en somme. Mais, chez lui, les choses sont plus « ombiliquées ». Il appelle cela le « traitement des matériaux » inscrits dans les espaces du jeu. Ce qui est un enjeu hautement significatif et déterminant. Il pense avoir intégré, en quelque sorte, les matériaux dans son monde intérieur, depuis, par exemple, le jeu organique de la glaise. Par son acte pictural, il chercherait à célébrer cette communion et à éviter les faux-semblants.

 

Hassan Wahbi :

« Dans ce que fait le peintre, on retrouve justement cette mémoire de la main, cette interrogation et la lutte des sens dans l’acte de peindre, sur un fond de gestualité et de fatalité de la matière et des formes de la matière. Non pas dans une tradition passive de la manière « abstraite », mais dans l’exaltation d’une traduction du réel, dans l’obsession et l’omniprésence des espaces expressifs.

Chez Marbou les possibles plastiques se donnent par une sorte de lyrisme gestuel qui passe par deux moments différents : le moment de l’équilibre, le moment du mouvement. Ce double aspect, l’un et l’autre sont tantôt conjoints, tantôt séparés. Soit l’équilibre se cherche, se donne dans l’installation d’espaces fortifiés, en masses, en rocs, en étendues traversées de mouvements.

Là, les surfaces sont des volumes avec un ajointement de tracés ou un jeu de fibres resserrant l’espace, le couvrant comme des habits ajourés, des maillages denses, des biffures, des sillons contradictoires créant plusieurs perspectives. On a là des paysages exprimés et non peints ou repris, une sorte de paysage mental qui garde en lui le souvenir de ce qui a été vu, de ce qui a existé.

Ou alors, second aspect, toutes les surfaces ne sont représentées que par des forces de mouvements, d’instabilités, de fragmentation, d’élans tempétueux, de violence même ou d’énergies saccadées ou traversières. Dans cette perspective, le dynamisme des toiles est souvent obtenu par la multitude des lignes fines ou épaisses qui n’appartiennent pas au paysage, à l’arrière site mais à la seconde surface, créant des trajectoires en reliefs fins ne surchargeant pas, gardant leur potentialité, leur légèreté (comme le papier, la poudre de marbre, les pigments, les fils de verre…). Ces éléments qui densifient les surfaces restent des composants picturaux, des éléments créateurs ou solidaires.

Cela donne l’impression que la peinture est depuis longtemps épuisée et qu’il faut retrouver les premiers gestes, l’instinct du savoir et du tracé. Ce qui fait que la peinture recommence à chaque fois, à partir du moment où le peintre se demande comment est-ce encore possible. C’est même d’une certaine manière l’incipit de toute démarche, de toute investigation. Il ne s’agit pas de croire au renouvellement en tant que tel comme unicité ou rupture arrogante, mais d’être un héritier parmi les autres sans savoir ce qu’on est réellement. Le peintre, ici, travaille dans l’ignorance en apprenant à savoir ce qu’il ne sait pas de lui-même… »

hafid1

Biographie :

1994  Diplôme d’Arts Plastiques – Marrakech

1995  Etudes Pédagogiques d’Arts Plastiques – Marrakech.

1996  Professeur d’Arts Plastiques – Agadir

Principales expositions

2012   « Carte Blanche Mahi Binbine »  CDG – Rabat

          « L’anatomie de la nature » sous-sol art gallery – Agadir

Art Lounge Gallery – Sofitel – Agadir

2011   Galerie Centre d’art de Venlo – Pays-Bas

2010  «Donner pour Exister» Galerie Noir sur blanc – Marrakech

         «Prix AMFA 2010» Remp’Art Galerie – Marrakech

         «Attention peinture fraîche» sous-sol art gallery – Agadir

         «Un tremblement de vie» Le sous-sol art gallery – Agadir

2009  Musée d’art Arad – Roumanie

Galerie Daniel Vignal -ToulouseFrance      

2008  Biennale d’art contemporain – Marrakech

« Absolutment Artiste » Galerie Noir sur blanc – Marrakech

« Absolutment Artiste » Galerie Shart – Casablanca

Galerie Nationale Bab Rouah –  Rabat

« Un seul espace, un seul rêve»Théâtre National M5- Rabat

2007  « Plein Sud » Galerie Bab El kébir – Rabat

2006  « Horizon Bleu »Musée municipal –Agadir

Centre culturel – Bojdour

2005  « Maroc Avenir » Espace Expressions CDG – Rabat

« Première rencontre des Artistes professeurs » – Agadir

2004  Galerie La médina d’Agadir

Centre culturel Jamal Dorra – Agadir

2003  44éme Salon de peinture / sculpture. Saint-denis  – France

2002  Salle des expositions Théâtre de Verdure – Agadir

2001  Festival international Olhao – Portugal

2000  Première rencontre régionale de la jeune peinture – Agadir

1997  Première rencontre des jeunes plasticiens – Tiznit

1996  Galerie Bab Doukkala – Marrakech

 

Related posts

Leave a Comment