Hommage—Mouna Hachim « Ce qui nous somme », ouvrage collectif en réponse aux attentas de Paris

Mouna-Hachim-(2014-01-13)

Mouna Hachim a contribué à la demande de l’éditeur M. Abdelkader Retnani à l’ouvrage collectif regroupant une trentaine de voix marocaines, sous le titre « Ce qui nous somme » (Ed. La Croisée des Chemins) en réponse aux attentats de Paris et aux amalgames.
A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, en voici un petit extrait de sa contribution sous le titre « La France et ses sarrasins » :

« (…) à gauche ou à droite, dans le milieu savant ou celui du spectacle, aujourd’hui et naguère, la stigmatisation de l’islam et des «Auvergnats», oups, pardon, je voulais écrire des musulmans ! n’a pas attendu la tragédie des actes terroristes qui ont frappé la France pour laisser éclater toutes leurs peurs, leur méconnaissance, leur rejet….
Un pays dans lequel nous avons tous un fils, un frère, une amie et que les actes abjects qui l’ont meurtri, relayés en direct dans ce village planétaire connecté, nous ont profondément ébranlés avec toute la condamnation qui s’impose, sans aucune tentative de justification sordide. Mais sans pour autant succomber à l’émotionnel brut, annihilant l’esprit critique, avalisant toutes les dérives, endossant des slogans tous prêts comme des moutons dociles.
«Je suis Charlie » s’est imposé comme emblème de la liberté d’expression quand d’aucuns ont préféré la liberté d’une dénonciation sans aucune équivoque, d’une profonde compassion avec les victimes mais avec une distanciation critique avec l’«être Charlie», chaque mot ayant un sens.
Il devient alors étonnant d’énumérer la liste des paradoxes. Ceux liés à l’atteinte à la liberté d’expression au nom de cette même liberté d’expression. Celui consistant à séparer dans la lutte contre la discrimination, l’antisémitisme et le racisme, installant d’office une discrimination. La grande contradiction d’être de toutes les guerres et de s’étonner de leurs répercussions chez soi …
Mais chut ! Le politiquement correct devient un diktat en démocratie équivalant à la censure sous d’autres cieux et la sentence manichéenne d’un Georges Bush encore résonnante dans notre esprit est bien galopante: «Vous êtes avec nous ou contre nous». »

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