Hommage— Siham Bouhlal : L’EVEIL DES SENS

SIHAM.BOUHLAL

Par: Abdellah Hanbali

En  ce temps printanier, les allées et les ruelles d’El Jadida ont connu un radoucissement des températures, avec un air ambiant où l’odeur des fleurs dominait, saison oblige.

Siham Bouhlal  qui était l’invitée de la médiathèque Driss  Ettachfini, commença la lecture de sa poésie d’une voix haletante, parfois brisée, comme trahie par l’émotion, par l’intensité des sentiments, du désir ou par les méandres ténébreux de la déception ;  elle chuchota ou cria ses syllabes, ses mots, ses vers, au gré de ses déceptions et de ses joies.

Regard presque absent, elle semble nous abandonner par intermittence, comme pour aller  se blottir dans les bras d’un être cher et s’y réfugier ; entrer au contact de son corps et trouver chaleur ; s’accrocher à ses lèvres et gouter au  début d’une naissante osmose.Guettant la fraîcheur de chacun de ses mots, le parfum de son souffle, le timbre de sa voix, Lui cet Air qu’elle respire ; Lui cette Eau dont elle s’abreuve ; Lui ce Feu, au loin de qui, les angoisses finissent par la fondre et les braises par la consumer… jusqu’à  l’anéantir.

D’un charisme et d’une présence sur scène qui focalisent toutes les attentions, elle lisat d’une voix voluptueuse pleine de sensualité ; une de ces voix qui vous chantent l’Amour et font hymne à la passion.

Puis telle une prisonnière qu’on enchaine au seuil du summum d’un Amour tant miroité, elle se débat de toutes ses forces. Insatiable, inconsolable, régurgitant à mort toute l’étendue de son calvaire, de sa tristesse, de ses peines et de l’injustice du sort, à son égard.

Une soirée d’émotion, pour une assistance totalement séduite, envoûtée et contaminée par cette  maladie d’amour que notre poétesse portait en elle et parvenait à lui transmettre, sans peine, aidée en cela par son charme, la douceur de sa voix, le ton dosé de ses mots, l’élégance de ses gestes…et la profondeur de ses poèmes.

L’espace d’un soir, Siham Bouhlal a été fidèle à son image habituelle : Rayonnante.

Son passage devant ce public jdidi, revêtait une connotation très particulière pour elle. Ce sont les souvenirs d’une enfance joyeuse dans les rues de la médina  qui reviennent, en cascade, lui rappeler  les charmes de sa  ville natale qui n’inspire qu’amour et  tolérance.

Ville des couleurs et des odeurs. Ville de cet air iodé d’une mer si proche. Ce sel balloté par les vagues. Ces fritures de poissons grillés dans son vieux port et le brouhaha qui s’en échappe, les jours des grandes prises. Tant de souvenirs et tant d’images qui sont liés et qui ne nous demandent qu’à fermer les yeux pour deviner l’appétissante odeur qui s’en dégage. En somme une ville d’exotisme….

L’odeur des balades et des épopées s’est propagée dans la ville, laissant un air de fête sur son passage. Rêves enchantés des jardins romantiques, Spinny, MohammedV,… où le merveilleux suit le fantastique…

Nous nous sommes laissés entrainer derrière Siham Bouhlal , dans ce songe féerique qu’est le monde lyrique.

Le récital de Siham Bouhlal a été égrené par des « taqasim » de luth joué par un jeune duo.

 

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