Par: Mohammed Beddari   beddari1
En hommage à l’éminent chercheur:Simon Lévi, à l’homme de l’engagement politique, à celui, qui était toujours fier, de son identité de juif Marocain. Je n’ai pas trouvé mieux pour l’honorer, que de reprendre certains de ses écrits, les traduire, et les mettre à la disposition d’un plus grand nombre de lecteurs,pour remémorer son esprit. Et voici,une première contribution, tirée de l’article intitulé(la communauté juive de Safi)paru dans( تاريخ قليم اسفي من الحقبة القديمة الى الفترة المعاصرة مؤسسة دكالة عبدة للثقافة والتنمية الدارالبيضا يبراير
2000م ص175_184

Parmi les conséquences de la guerre de Tétouan(1859_1860),en plus,de la prise de La ville par l’armée Espagnole,et les concessions territoriales autour des villes de Ceuta et Melilia,l’installation des fonctionnaires Espagnols(Recaudador: agents  juifs4chargés de recouvrement)dans les différents ports du pays,pour prélever une partie des ressources douanières, et contribuer au règlement de la lourde amende imposée par l’Espagne au Maroc,lors de cette guerre. C’était aussi,une façon de booster son influence vis à vis de ses concurrents Européens,et maintenir la pression sur le Makhzen pour l’obliger à exécuter les clauses des traités conclus entre les deux partis.
Un des agents de recouvrement, Mantilla,a été trouvé mort dans des conditions obscures. Les rumeurs n’avaient pas tardé à pointer du doigt, un de ses serviteurs juifs,Youssef benYouda à peine 14 ans,et chez qui,on avait trouvé une montre appartenant au défunt.

Un des chercheurs Marocains, Med Kenbib, spécialiste de l’histoire des juifs,écrit à ce propos: »le jeune homme avait reconnu,sous la torture,en présence du consul d’Espagne,avoir commis le meurtre,pour récupérer des salaires que son maître malade,refusait toujours de lui payer. Il avait,de surcroît, des complices, deux juifs Marocains,shaloum al Kayin et Jacob ben Harous et un troisième, d’origine ottomane,Ilias ben Ilouz.

Ces derniers,n’avaient pas tardé à avouer , à leur tour,sous la torture, qu’il y’avait d’autres complices . Douze au total,au sein desquels figuraient deux femmes. Tout ce beau monde, était torturé et emprisonné,sans se donner la peine de faire une autopsie, malgré la présence de deux médecins,dans la flotte de guerre Espagnole, venue à l’occasion, menacer le Makhzen de rétorsion,en cas de lenteur,dans la prise de mesures à l’encontre des accusés. » Pour faire monter la pression,le représentant Espagnol,Merry y Colom,exigeait l’exécution de Ben Youda à Safi,dans la place du marché,et Ben Ilous à Tanger.
Le sultan, sidi Mohamed ben Abderrahmane,voulait absolument éviter la comparution des accusés devant la justice Marocaine,car,le statut de l’un comme de l’autre,les rendaient justiciables devant la justice consulaire,conformément aux stipulations de traités. Mais,devant l’entêtement et les menaces des Espagnols et la neutralité négative des Anglais,les choses ne s’étaient pas passées, comme il les désirait. Il n’avait pas omis,toutefois,de prendre l’avis des oulémas de Marrakech. Ainsi,en plein public, le jeune Ben Youda à été executé,comme l’exigeait l’Espagne,alors que Ben Ilouz,partait à Tanger pour trouver le même sort.
Le sultan avait affirmé par la suite,dans une lettre adressée à son représentant à Tanger,que les raisons d’Etat et la sauvegarde de ses intérêts rendaient inévitable un tel dénouement.

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Marocains de confession Juive de SAFI

Cette histoire avait entrainé une grande mobilisation de la communauté juive à Tanger,ce qui n’avait pas tardé à provoquer un écho en Europe et, un peu partout dans le monde. Cette situation avait contraint l’Angleterre à changer sa position,et c’est dans ce contexte,que le juif Anglais,Moses Montefiore,avait entamé un voyage qui l’avait conduit dans un premier temps à Madrid, où il avait pu obtenir le désistement de l’Espagne vis à vis, des autres accusés,puis à Marrakech, où il avait pu obtenir la promulgation d’un dahir, où le sultan s’engageait à traiter les juifs, sur le même pied d’égalité que les autres sujets du royaume.
Il faut noter,à la fin,que ce Dahir avait introduit un changement dans le statut des juifs qui avaient une situation de (dhimmi),chose qui n’avait pas plu aux oulémas.

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