Football : Que reste-t-il du grand Brésil?

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Par: Ismaël  H

Éliminé sans gloire de la Copa América face au Paraguay, humilié par l’Allemagne et les Pays-Bas lors de la dernière Coupe du monde organisée chez lui, le Brésil est sans aucun doute entré dans la phase la plus sombre de son histoire. Même lorsqu’il avait été battu au Maracana en 1950 face à l’Uruguay en finale de la Coupe du monde (1-2), il n’avait pas mis beaucoup de temps à s’en remettre. La génération de Didi, Garincha, Vava et évidemment Pelé allait écrire peu après les plus belles pages du football brésilien et la domination de la Seleçao allait durer une bonne douzaine d’années pendant lesquelles les adversaires du grand Brésil allaient se contenter de faire de la figuration.

Aujourd’hui, les Auriverde sont privés de coupe du monde depuis 2002 et d’autres acteurs du football mondial sont entrés en scène, contestant la suprématie brésilienne. En 1982 et en 1986, le Brésil n’avait certes pas atteint la finale de la compétition, mais au moins, la qualité de jeu et le nom des artistes en jaune sur le terrain permettaient de rappeler que c’est dans ce pays et nulle part ailleurs où l’on pouvait croiser les virtuoses du ballon rond. Plus rien de tout ça aujourd’hui. Le Brésil de Dunga se fait éliminer de la Coupe du monde et de la Copa América sans susciter un grand étonnement et le pire c’est la façon dont l’élimination se produit : Des joueurs errant comme âme en peine et une qualité de jeu qui ne prédispose plus le Brésil au statut de géant du ballon rond. Il y a certes quelques éléments considérés à tort ou à raison parmi les meilleurs à leur postes par les observateurs comme Neymar, Thiago Silva ou David Luiz, mais ça ne fait pas un groupe compact et la Seleçao aujourd’hui semble avoir les pires difficultés du monde à imposer son jeu face au football moderne basé sur une condition physique impressionnante et une rapidité qui donne le vertige.

La Seleçao face à l’évolution du football

Difficile il est vrai aujourd’hui de faire étalage de son talent lorsqu’un adversaire vous saute dessus avant même que vous n’ayez le temps de respirer et c’est une donne avec laquelle le Brésil n’a su composer. Que Dunga soit sur la corde raide est une évidence, mais le malaise qui frappe le football brésilien va bien au-delà de la personne du sélectionneur. Le Brésil n’a vraisemblablement pas d’autre choix que de jouer physique et de miser sur les résultats plutôt que sur le beau jeu s’il veut retrouver la voie des succès. Toute une révolution qui s’avère aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Encore faut-il que le public brésilien l’accepte, ce qui loin d’être acquis.

A la décharge des footballeurs brésiliens, un calendrier démentiel imposé par les instances sportives, tant au niveau de la FIFA qu’à celui des confédérations continentales. Mais c’est valable pour tout le monde. Messi lui-même s’est avéré incapable de produire son jeun habituel, sans doute victime d’une panne de moteur du fait des multiples fronts dans lesquels le Barça était engagé. Plus personne aujourd’hui ne peut invoquer les exigences du calendrier pour justifier les mauvais résultats puisque tout le monde est logé à la même enseigne. Par contre, il apparait évident qu’une compétition organisée à la fin du championnat et d’une coupe nationale ou continentale, ne peut pas ne pas laisser des séquelles au niveau du jeu. Malgré tout, la Seleçao va devoir retrousser ses manches pour renouer avec les succès.

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