A picture taken on December 21, 2018, shows people gathered during the Friday prayers in front of a mosque in the neighbourhood of Azzouzia in the Moroccan central city of Marrakesh, where Abdelrahim el-Khayali and Ouziad Younes, two of the suspects who were arrested following the murder of two Scandinavian hikers in Morocco's High Atlas mountains lived. - The bodies of Danish student Louisa Vesterager Jespersen, 24, and 28-year-old Maren Ueland from Norway were found on December 17, after the two friends had pitched their tent at an isolated mountain site two hours' walk from the tourist village of Imlil. (Photo by FADEL SENNA / AFP) (Photo credit should read FADEL SENNA/AFP/Getty Images)

Prière du vendredi le 21 décembre 2018, en face d’une mosquée dans le quartier de Azzouzia à Marrakech, où vivaient Abdelrahim el-Khayali et Ouziad Younes, deux des suspects arrêtés pour le meurtre dans le village d’Imlil de deux touristes scandinaves de 24 et 28 ans.

 

« Si nous voulons que l’Islam soit une religion de paix, il nous faut l’imposer! »

Rabia Franoux Moukhlesse Artiste plasticienne engagée, auteure du livre « Marine Présidente et alors? » (pour El Jadida Scoop)

Vu de Casablanca, capitale économique, ville tentaculaire aux travaux permanents, son tram, son parc de véhicule de luxe et ses résidences fermées à l’anglo-saxonne qui poussent comme des champignons ainsi que la frénésie qui y règne, le Maroc est bien dans la modernité et essaie de rattraper le niveau de consommation occidental.

Rattraper? Que dis-je, nous les avons largement dépassés: il y a encore quelques années, Français, Espagnols et Anglais venaient investir au Maroc en achetant les vieux riads pour en faire des chambres d’hôte ou de luxueuses villas et y couler quelques jours de vacances à Marrakech. Depuis, le flot s’est tari et c’est maintenant nous qui sommes les premiers acheteurs de résidences secondaires en Espagne!

Il y a un autre aspect qui ne relate en rien la modernité: notre rapport avec la religion. Le meurtre de deux jeunes touristesau nom de Dieu ou les viols commis par des espèces de sorciers quasi religieux dans l’actualité toute brûlante viennent une fois de plus pointer du doigt cette problématique.

Car voilà, à côté des aspects d’hyper occidentalisation de la consommation d’une partie des Marocains, gravite toute une frange de la population qui accuse de sérieux retards tant dans l’éducation que dans l’accès aux bienfaits de cette même société de consommation dans l’aspect le plus pratique, ou noble si vous préférez, que sont l’accès à l’éducation, aux soins, à l’électricité, à l’eau, aux moyens de transport… Et c’est ainsi que les villas luxueuses sont entourées de bidonvilles, que les Maserati Levante dépassent des triporteurs rouillés et des carrioles tirées par des ânes en pleine ville, que les plus fortunés font leurs études supérieures en France, aux États-Unis et au Canada pendant que l’immense majorité bénéficie de cours en arabe dans les structures à bout de souffle de l’Éducation nationale, qui porte désormais bien mal son nom.

Les cas de décrochages entre les aspirations de plus de 30 millions de personnes et l’offre qui lui est faite sont des plus nombreux et ressembleraient au catalogue de la Redoute si on devait tous les évoquer.

Et dans mon pays qui est riche quoi qu’il veuille bien avouer aux services fiscaux, où nos forces de police et de gendarmerie sont sans doute les plus efficaces au monde en matière de lutte anti-terroriste, où il existe un ministère traitant des affaires religieuses, dans ce pays-là, nous réussissons à avoir un retour en arrière monstrueux sur une vision d’un Islam portant tous les concepts de la barbarie.

L’inégalité entre les êtres humains est assumée au sein de cette communauté musulmane qui dénie tout droit humain aux femmes en les enfermant dans des vêtements saoudiens, en leur refusant l’égalité dans l’héritage, en les violentant physiquement et moralement dans la plus grande normalité et j’en passe et des meilleures, sous couvert de certaines interprétations du texte sacré, interprétations qui ne souffrent aucune

discussion ni aucune vision moderne ou humaine.

Pire, l’inégalité vis-à-vis de la globalité de l’humanité est revendiquée puisque les meurtres atroces de “mécréants” arrivent même à être justifiés sur les réseaux sociaux sous prétexte qu’il s’agirait d’une vengeance par rapport à ce que certains “frères” subiraient dans d’autres pays, ou seraient excusable dans ce cas précis au motif que ces étrangères ne respectaient pas nos “coutumes” en ne portant pas le voile!

Je vous avoue avoir du mal à lire ce genre de commentaires nombreux qui relaient des idées que seuls les êtres les plus méprisables et les plus barbares peuvent tenir sur un moyen de communication du 21ème siècle. Je vous avoue également avoir du mal à revendiquer ma marocanité à côté de gens pareils.

Alors comment en sommes-nous arrivés là?

Un nombre de mosquées par habitant dépassant le rapport de casinos par habitant de Las Vegas et de Macao réunis?

Une volonté de maintenir le peuple dans la superstition et la pauvreté tant intellectuelles qu’économiques afin de mieux le contrôler?

Retenir le savoir car c’est le pouvoir?

Quelles qu’en soient les raisons, nous sommes tous complice de cet Islam que nous qualifions de radical et sur lequel notre seule réponse est toujours du bout des lèvres un “ce n’est pas ma religion”. Car non, c’est également notre religion et si nous ne donnons aucune autre réponse, nous aurons bien cherché ce qui risque d’arriver, à savoir qu’un jour ou l’autre, cette vision de l’Islam soit majoritaire et imposée. Combien de conflits, combien de tentative de mise en œuvre sous couvert de la légalité devrons-nous encore observer avant de réagir?

 

Si nous voulons que l’Islam soit une religion de paix, il nous faut l’imposer!

Pour cela il faudra commencer par admettre que la croyance est une affaire du privé. Ceci implique qu’aucune autre religion ou absence de religion n’est méprisable ou répréhensible. Chacun son Dieu, chacun ses erreurs. La tolérance est censée se répandre, non pas excuser ses propres comportements.

Cela nous impose donc, au Maroc, d’encadrer le fait religieux en formant les imams, en réglementant les implantations de mosquées, en pourchassant le prosélytisme radicalisé, en contraignant les croyants à pratiquer dans les lieux prévus à cet effet ou chez eux mais pas en bloquant une rue ou un trottoir pour ne plus voir des gens faire leur prière au milieu des immondices de la rue, alors que le principe même est d’être propre et purifié, à expliquer la religion pour une meilleure compréhension et une libre adhésion plutôt que d’imposer des croyances dévoyées, et pour cela, il faut apprendre à lire et autoriser, même en l’encadrant s’il le faut, le débat sur l’interprétation des textes.

Un chantier immense nous attend donc. À la clef, nous avons le rayonnement intellectuel des grandes heures du monde arabo-musulman à retrouver ainsi qu’une place digne dans ce monde globalisé. Nous avons également à y gagner la paix face à cette guerre de religion larvée qui ne dit pas son nom. Nous avons enfin notre dignité à retrouver.

L’Islam est censé être intemporel ce qui ne veut pas dire que nous devons vivre comme au temps de la révélation mais qu’au contraire cette religion peut, et doit s’adapter à son temps.

Sinon, nous pouvons toujours continuer à ânonner 5 fois par jour avec conviction tout en laissant le monde mentir, voler et tuer à côté de nous. Chacun est libre de choisir son chemin. Quel sera le nôtre?

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