Avec l’ami Abdelali, rien ne peut plus nous étonner. Si nous le connaissons déjà sous son habit de lumière en maître incontesté de l’animation des soirées littéraires, voilà qu’il nous livre une autre pièce de son puzzle. Il faut dire que, ce soir, il était bien servi par la voix de la diva du malhoum, Touria Hadraoui qui l’entraîna dans un chant visiblement populaire puisque repris par une salle enthousiaste  et rayonnante de bonheur.

 

Mais avant, il fut à l’ouvrage et, comme à son habitude, présenta une biographie de l’auteure teintée parfois de l’humour qu’on lui connaît.
Ce n’est pas seulement une voix mais un engagement d’une femme, engagement qui prit naissance dans les « années de plomb », une militante et féministe qui découvrit sa voix lorsqu’elle était petite fille vers 8/9ans où elle est en admiration de Oum Kalsoum.

 

 

Sa voix a enchanté Le Clézio « Son chant est troublant ; les inflexions de sa voix évoquent les accents de violoncelle dans le prélude de la Suite pour violoncelle de Bach », écrit l’écrivain en 1997 quand Mahmoud Darwich dit son enthousiasme : « C’est une illumination ».

 

« Quête d’une voix » est son second ouvrage, un récit autobiographique où elle a simplement changé le nom des protagonistes.

 

Touria Hadaoui se rappelle de la boulimie qui l’accompagna dans sa quête de savoir. Encore collégienne, elle se lit d’amitié avec des garçons lycéens, au temps où les barrières n’existaient pas entre les deux sexes, qui lui donnent le goût de la philosophie. Elle déplore le fait que l’on ne chante plus dans les familles –effets radio et télévision?– comme c’était le cas dans son enfance où les femmes s’adonnaient au chant même si le père pouvait seulement tolérer cette attitude.

 

 

La jeune fille perçoit le besoin de se libérer. Son premier geste consiste à se faire couper les cheveux afin de « trancher avec un passé qui n’était pas tout à fait moi». Elle intègre l’université pour y poursuivre des études de philosophie. Elle se construit à travers des amitiés qui lui permette une « ouverture sur le monde ». Elle prend conscience des injustices envers les femmes : la militante est née dans un bouillonnement intellectuel. Elle adhère à UNEM (l’Union Nationale des Etudiants du Maroc) et son militantisme lui font connaître la prison qui, paradoxalement, constitue une période enrichissante où elle rencontre d’autres femmes notamment des prostituées.

 

« L’écriture est venu à moi, j’ai découvert ma plume sur le tard ». Elle n’avait jamais pensé écrire un jour. Une nécessité qui s’est imposée. Elle fait, après l’enseignement un temps, une « carrière » bien courte à « Kalima », une revue vite interdite par le pouvoir.

 

« En quête de voix » qui aurait pu être également « en quête de voies » est l’histoire de la recherche de la voix. Touria Hadaoui a trouvé la mettre au service de la tradition du Malhoum. ,  A l’université et à l’UNEM, elle découvre le chant engagé de Cheikh Imam, très à la mode à l’époque, et plus tardivement Marcel Khalifé.
Passionnante soirée vécue avec une militante de la cause féminine et une voix sublime.

 

P.S. : merci à la jeune marocaine qui, voyant mon désarroi devant l’échange entre le public et l’auteure transformé subitement en arabe, m’a gentiment servi de traductrice.

 

« En quête d’une voix » à lire et à acquérir à la Librairie de Paris, avenue des FAR à El Jadida. Prix : 80 dirhams.
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