El Jadida : Y a-t-il un conseil communal dans la ville?

Une année après le scrutin tant attendu par les jdidis, qui espéraient tant un quelconque changement au sein de la ville, nous voilà à l’heure du bilan et de l’évaluation des « non-réalisations » d’un programme qui était, d’office,  « non-établi » et inexistant. Comme dit l’adage arabe bien connu « فاقد الشيء لا يعطيه » (nul ne peut offrir ce qu’il ne  détient point), et les promesses tant scandées lors de la campagne électorale sont restées vaines, et n’étaient, en fin de compte, que de la poudre aux yeux , car tout porte à croire que le discours pré-électoral de Ben Rbiâ n’était qu’un leurre ou, au meilleur des cas, un appât pour attirer des électeurs trop déçus pour oser s’aventurer à passer aux urnes.

Comment s’empêcher de dénoncer la détérioration de la ville et par conséquent la qualité de vie des jdidis qui continue à se dégrader inexorablement, et démentir que la ville continue sa descente aux enfers avec une crise urbaine sans précédent qui sévit depuis des décennies, sans que les habitants puissent palper la moindre lueur d’espoir, ou une quelconque amélioration qui pourrait témoigner de la bonne volonté que laissait entendre le discours officiel de Ben Rbiâ ?

Pour rappel, l’administrateur de la page officielle Facebook de Jamal Ben Rbiâ avait publié le 1er septembre 2021, en pleine campagne électorale, que le démarrage des travaux de réaménagement du Boulevard « R » et celui de Mohammed V, allaient débuter à la fin de l’été 2021, pour être fin prêts quelques mois après.

Quant aux appels d’offres relatifs au réaménagement des boulevards Abdelkrim Khattabi et Othmane Bnou Affane, allant du carrefour du boulevard Bnou Badiss, jusqu’à la gare ferroviaire, en passant par Hay Najd et Douar Ghazoua, ainsi qu’au réaménagement et à la restructuration de l’avenue Mohammed V et du boulevard Al Massira, allant de la route de Marrakech jusqu’à l’hôpital provincial Mohammed V, et des boulevards « K » et « E » allant également de l’hôpital jusqu’au douar Lachhab et douar Brahim, continuent à faire couler beaucoup d’encre en raison du retard enregistré dans leur exécution.

Oserait-on encore fermer les yeux sur tous les disfonctionnements dans la gestion globale des projets en cours, sans parler de l’insalubrité et le laxisme d’une société délégataire de la collecte des déchets qui a tout simplement disparu (c’est le cas de le dire) de la circulation?

Devrait-on rappeler l’état catastrophique des chaussées de toutes les voiries de la ville, surtout que la saison hivernale approche et qu’aucun réaménagement n’a encore été entrepris ?

Comment accueillir la saison des pluies, où les nuits sont longues, sans éclairage public adéquat ?

Il faut rappeler également, si besoin est, que tous les projets qui devaient être réalisés en quelques mois trainent depuis des années (nouvelle gare routière, délocalisation du marché de gros des fruits et légumes, remise à niveau des abattoirs…) si bien que la ville continue sa descente aux enfers, et lesdits projets sombrent dans l’oubli.

N’était-ce pas la remise à niveau de la ville qui était scandée par le Président « fantomatique » quand il amadouait les éventuels électeurs à coup de billets bleus ?

Hélas, ces électeurs n’ont pas su tirer les leçons qui s’imposaient à travers les bilans « maigres » de réalisation des anciens mandats de Ben Rbiâ.

Le moins qu’on puisse dire, c’est ce malaise et ce mal-être ressentis par les jdidis qui assistent, désormais impuissants, à la déchéance de leur ville, en énumérant sur les réseaux sociaux, entre autres, tous les disfonctionnements qu’ils peuvent recenser, et ce, dans tous les secteurs.

Il est bien révolu ce bon vieux temps où les Présidents des conseils communaux avaient pour seul souci le développement de leur ville, malgré le peu de moyens dont disposait la Commune. Leur unique objectif était de palper le fruit de leurs efforts dans leurs réalisations, et ressentir la satisfaction et la fierté des citoyens. Une fierté qui s’est effacée au fil des mandats électoraux, qui sont devenus nuls et non avenus.

Khadija Choukaili

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