El jadida : ville urinoir à ciel ouvert…

Pour connaître l’état de développement d’un pays, il faut regarder l’état de  ses toilettes publiques , et plus précisément son manque de toilettes publiques.

Et le manque de toilettes chez nous est une évidence flagrante. Tout aussi bien dans l’espace urbain de nos villes que dans les sites touristiques, les plages, les jardins et autres lieux de loisirs ,  les toilettes publiques font défaut.

 Certaines datant du protectorat  existent encore dans certaines villes,  mais dans un état de répugnance criant.

 Ne sont pas en meilleur état de salubrité les WC des restaurants, des établissements scolaires ,publics, sportifs, les gares routières ou ferroviaires etc.

Ce manque dramatique en WC publics oblige la gente masculine à   soulager un besoin pressant à l’air libre, contre un arbre, un mur, une voiture, dans une ruelle déserte, et pire encore, contre les murs d’un édifice ou un monument historique ou patrimonial.

C’est le cas à El jadida par exemple, où les murailles chargées d’histoire de la cité portugaise sont prises pour des vespasiennes , pour ne pas dire péjorativement des pissotières à ciel ouvert.

Et que dire des murs de l’emblématique et majestueux théâtre Afifi qui ont connu des jours meilleurs de faste et de gloire?

Ils sont quadrillés de rigoles d’urine et ses côtés remplis de mares nauséabondes qui font honte à la ville et déshonorent ce lieu de la culture.

 Tout cela au vu et au su de tout le monde, les élus de la ville et les autorités de tutelle de ces lieux souillés semblent s’en moquer éperdument.

 Qu’est-ce que ça leur fait, eux qui possèdent des toilettes luxueuses, la populace n’a qu’à se débrouiller pour se soulager sans vergogne devant les citoyens  et les touristes.

Non seulement ces comportements inciviques ne sont pas pour honorer l’image de la ville, mais aussi au delà des problèmes d’hygiène environnementale, ils entrainent un sérieux problème de santé publique, problème d’autant plus sérieux quand il s’agit de maladies liées à l’incontinence urinaire .

Pour pallier   tout ça, la réalisation de toilettes publiques doit être systématiquement inscrite dans les programmes de la commune, et les gestionnaires de la chose publique devraient en faire une priorité,  car c’est un droit social et humain et non pas un luxe.

Le droit de se soulager, équivaut à celui de respirer et de se nourrir, c’est un besoin crucial et la conséquence inévitable de ce dernier.

 Ainsi, la réalisation des toilettes publiques est une question d’hygiène élémentaire, non seulement pour les habitants locaux, mais également pour les visiteurs et les touristes.

Et si on veut redonner à la ville son attrait touristique, dans la mesure où les étrangers sont très exigeants, à juste titre d’ailleurs sur les principes de l’hygiène, il faut prévoir des commodités nombreuses et propres.

 Dans un passé pas très lointain, quand la ville était primée comme étant la plus propre du pays, elle disposait de 11 WC , qui étaient lavés chaque jour à grande eau avec du grésil.

 Maintenant qu’elle s’agrandit de plus en plus, l’évacuation des déchets devient une nécessité vitale.

Mais apparemment chez nous, on applique plus l’adage « ach khassak al 3aryane, khassni khatam a moulay » quand on organise des festivals qui coûtent des fortunes, au lieu de construire des toilettes publiques et appliquer plutôt l’adage « annadafatou mina l’imane »

Khadija Benerhziel

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One Thought to “El jadida : ville urinoir à ciel ouvert…”

  1. « les gestionnaires de » la chose » publique devraient en faire une priorité, car c’est un droit social et humain et non pas un luxe.  »

    je pas compris une erreur de frappe ou je mal compris..

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