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Par: Abdellah Hanbali

En évoquant ces quartier de notre enfance , c’est d’abord à l’organisation urbanistique et  à la juxtaposition de ses habitations qu’on fait allusion.

Une cohabitation où toutes les classes sociales se confondaient, coexistaient, au point  qu’entre voisins, il était quasi impossible d’ignorer, par exemple,  les privations, les problèmes  et les souffrances des uns et la bonté, la magnanimité et la générosité des autres.

Une solidarité qui s’est instaurée tout naturellement, pour devenir par la suite  une sorte de filet social.

Une solidarité, qui en l’absence d’une assistance sociale active et compétente, parvenait, tout de même à  empêcher quiconque de se  sentir oublié, marginalisé… au point de sombrer, à en toucher le fond.

Une solidarité et une humilité qui ont fait en sorte, que même les propriétaires de fastidieux Riads , veillaient à ce que les façades de leurs propriétés ne soient  trop  tape-à- l’œil. Signe d’une sagesse et d’une noblesse aussi, et dont la finalité vient souligner, si besoin est, ce respect qu’on éprouvait envers les familles les moins favorisées du voisinage.

Une façon d’être et de faire qui a engendré un air paisible et serein dans nos quartiers d’antan.

Les portes restaient ouverts ou entrebâillés, et quand bien même on les fermaient, le temps des grands froids, un morceau de ficelle pendait toujours vers l’extérieur, comme pour vous inviter à entrer, à tout moment de jour ou de nuit.

Les gens s’appréciaient et  s’accordaient du temps pour se parler et se raconter leurs soucis et/ou leurs joies.

On avait cette impression, que tous les habitants du quartier, ne sont qu’une seule et unique famille.

On appelait les adultes « 3ammi » ou « khalti ».

Et pour nous enfants, c’est comme si tout le quartier était une sorte de crèche, oû tous les adultes avaient un œil sur nous et veillaient à ce qu’on ne s’en éloigne pas, un peu trop.

C’est dans cette ambiance que des générations de marocains ont baigné et appris les b-a-ba de leurs premières valeurs de la vie et acquis  leur  identité culturelle.

Des us et coutumes dont on n’a pas su en prendre soin.

Des valeurs, dont on n’a pas su, malheureusement, percevoir  leurs avantages culturels, sociaux, économiques, spirituels et politiques.

Une époque  qui prit fin, le jour où le colonisateur est arrivé avec ses propres un et coutumes.

Et nous  avons  vite épousé cette « pseudo-modernité », venue d’ailleurs.

Nous avons vite tout gobé, sans discernement et sans la moindre réflexion et évaluation sur ses retombées futures.

Et en place de nos quartiers d’antan, on a adopté un    découpage  par zones et par… classes.

C’est ainsi que des  villas ont poussé au quartier du plateaux, des immeubles au centre ville, et les quartiers d’antan, sont devenus, comme par magie,  populaires, pour ne pas dire, victimes d’une ghettoïsation, qui n’en dit pas son nom.

Du coup, ce mélange des classes aisées et de celles qui ne l’étaient point, de celles cultivées et  des autres ; de ceux qui servaient d’exemple à suivre aux autres, qui tiraient les autres vers le haut ; ceux qui n’hésitaient pas à mettre la main à la poche pour donner « un coup de pouce », ou un bon conseil, chaque fois que nécessaire  … sont partis se barricader dans leurs villas nouvellement acquises, et éloignement oblige, ont fini par  tourner totalement le dos aux voisins d’hier et à…leur culture séculaire.

La classe moyenne a, à son tour, délaissé le quartier pour des immeubles et autres appartements « taillés sur mesure ».

Et les plus défavorisés se sont retrouvés seuls, face à leurs difficultés, et presque   abandonnés (trahis ?) de tous.

Plus aucun modèle à suivre pour s’en inspirer, se motiver et essayer de s’en tirer d’une situation difficile.

Plus personne pour les empêcher de basculer dans les bas fonds d’une société devenue brutalement, froide et égoïste.

Et  c’est  pendant que ces « nouveaux riches »  ont abandonné leurs anciens Riads  et semblent se  complaire  dans leurs nouvelles villas et ce nouveau « luxe » auxquels ils viennent d’y  prendre goût à partir des années 60-70 du siècle dernier,  ceux qu’on voulait imiter, sont venus en force occuper nos Riads abandonnés, pour en apprécier la chaleur d’une vie en communauté.

Et c’est lorsqu’on a  pris goût à  leur « art culinaire », en devenant friands des leurs Mac Donald, KFC, Burger King…de leurs frites et fast food en général, qu’ils ont  opté pour nos  tajines aux olives, notre couscous aux sert légumes, notre tanjia…

Nous avons abandonné  une façon d’être et de vivre, sans penser au rôle culturel qu’elle remplissait ; à la stabilité sociale qu’elle générait, en l’absence  d’un Etat, fort économiquement, et à même d’aider les plus démunis d’entre ses citoyens.

Chinois, Japonais… se  modernisent, s’ouvrent à l’Autre, mais pas à n’importe quel prix et pas au détriment de leur culture.

Ils ont compris depuis belle lurette,  que  ce qui  brille n’est pas or et  ce qui vient d’ « Ailleurs », n’est pas nécessairement  Meilleur  et… l’Exemple à suivre…Aveuglément.

Wa Fiq A Toufiq…

A bon entendeur…

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