El Jadida : Une recrudescence intolérable de la criminalité

Est-ce des faits divers isolés sans conséquence sur la sécurité générale des citoyens ? Ce serait sans doute le cas si la fréquence de ces crimes n’était devenue quasi quotidienne.

Il faut reconnaitre que l’insécurité à El Jadida a atteint des seuils intolérables. Il ne se passe pas un jour sans que des faits divers liés aux agressions, vols, cambriolages,  homicides, meurtres prémédités, ne soient relatés par des sites … Les crimes et délits foisonnent, si bien que se promener même en plein centre-ville n’est pas sans risque, car ces forfaits ont lieu en plein jour et en pleine rue. 

Les exemples de délits ne manquent pas. Et pour ne citer que les actes commis récemment, on peut rappeler la panique qu’une délinquante, probablement sous l’effet de psychotropes, a semé ce vendredi 22 janvier devant la cité portugaise en brisant les vitres de plusieurs véhicules qui étaient en stationnement. Un acte, qui prend l’aspect d’un phénomène devenu monnaie courante  que bon nombre de délinquants se permettent. Le pauvre citoyen se retrouve non seulement contraint de payer les dégâts, mais dans l’insécurité totale en l’absence d’autorité sécuritaire assumant leur rôle d’assurer leur mission principale qui est de faire régner l’ordre et protéger les citoyens et leurs biens.

Des crimes qu’on ne peut, hélas, plus qualifier de faits divers car leur recrudescence devient alarmante et ils ne concernent plus que de simples actes de vols, mais se transforment malheureusement en délits plus dangereux commis souvent à l’arme blanche.

El Jadida devient, malheureusement, réputée pour être un fief de l’insécurité et du commerce illicite de drogues. Et ce n’est pas une simple présomption, mais bel et bien un constat que les actes relevés quotidiennement prouvent.

Ce commerce qui fructifie de plus en plus contribue fortement à cette recrudescence due à l’augmentation de la consommation des drogues, notamment les psychotropes.

Ce sentiment d’insécurité est nourri quotidiennement par des actes de violence auxquels les habitants assistent, incrédules, et surtout impuissants en l’absence totale des autorités sécuritaires.

La violence et la criminalité sont un vécu quotidien à El Jadida, et la situation ne risque pas de s’améliorer si les autorités ne s’imposent pas par leur présence et n’accomplissent pas leur devoir de préserver la sécurité des citoyens, en multipliant les patrouilles au niveau des points noirs où les agressions sont fréquentes.

L’éclairage public est également un facteur primordial de sécurité. Les rues sombres ou mal éclairées encouragent fortement les agresseurs à commettre leur forfait, étant aidés par l’obscurité et par la désertion de ces ruelles où la majorité des citoyens hésitent à se hasarder, sauf contraints et obligés.

Il faut aussi noter que, passant de secret à public, le crime devient de plus en plus banalisé, et les réseaux sociaux commencent à constituer un champ de théâtre où certains individus exhibent leurs frustrations, et où d’autres, dans un esprit de transmission de faits divers, diffusent des scènes choquantes qui finissent par rendre tout délit un fait ordinaire. Le recours à la violence devient ainsi de plus en plus courant.

Devant cette montée inquiétante de la criminalité, il devient impérativement urgent pour les autorités de prendre les mesures qui s’imposent afin de rendre aux habitants cette sécurité qui leur fait défaut.

Etant donné que la criminalité résiste aux efforts dits « punitifs » pour la combattre, il faudrait orienter la lutte chez les jeunes selon des méthodes innovatrices pour prévenir plutôt que punir. Plusieurs études ont révélé que la prévention du crime peut réduire le nombre de délits de manière significative.

Les moyens pour encadrer les jeunes existent et doivent seulement être développés. Les salles de sports, les maisons de jeunes, les bibliothèques, le théâtre, sont autant de moyens en mesure de procurer aux jeunes la possibilité de découvrir des passions et les développer. Les activités artistiques et sportives peuvent être un excellent levier d’orientation de ces jeunes vers des domaines en mesure d’occuper favorablement leur temps libre.

N’est-il pas temps de prendre les décisions qui s’imposent afin d’encadrer nos jeunes et les remettre sur le droit chemin ?

Ce serait une issue à certains problèmes d’ordre psychique et émotionnel que les jeunes développent lors de leur adolescence.

Est-il besoin de rappeler qu’El Jadida dispose de certaines structures qui ont permis à des générations de développer leur passions artistique et sportive, telles que le théâtre Mohammed Afifi (fermé depuis belle lirette), la salle de sport Najib Nâami, Dar Chabab…?

N’est-il pas temps de prendre le taureau par les cornes et de cibler les vrais problèmes afin de limiter la montée de la criminalité, et d’assurer aux citoyens ce droit légitime de jouir de la sécurité ?

Khadija Choukaili

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