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Par: Khadija Choukaili

Comment ne pas réagir face au calvaire que subissent les plongeurs et ramasseurs d’algues rouges ?

En les regardant, on est loin d’imaginer ce qu’ils subissent chaque jour pour quelques misérables pièces.

C’est malheureux de constater que les industriels d’agar-agar, se remplissent les poches, alors que d’autres triment au détriment de leur santé et même au péril de leur vie.

N’est-ce pas un retour, en ce 21ème siècle, au temps de l’esclavagisme ?

Asiatiques, Américains et Européens se disputent le précieux agar-agar en faisant travailler des hommes, des femmes et même des enfants.

On remarque ces derniers trimer tout le long du littoral de la province d’El Jadida en s’affairant devant des amoncellements de dizaines de tonnes d’algues rouges. Le spectacle est devenu familier dans la région et cette surexploitation frénétique de cette algue marine tant convoitée, entraine dans son sillage l’exploitation de ces familles réduites à l’esclavagisme par ces capitalistes qui ne voient en eux que le moyen facile de fructifier leurs comptes bancaires et développer leur industrie déjà florissante.

La région étant la meilleure ferme aquatique au monde de récolte de cette algue, on constate que presque la totalité de la population rurale s’active le long des côtes pour son ramassage. Les hommes et les jeunes s’improvisent plongeurs selon les moyens de bord, en barques ou en chambres à air. Quant aux femmes et aux enfants, leur mission est de ramasser les algues qui se sont échouées sur la plage après que la marée les ait emportées sur le rivage et qu’elles aient séché au soleil sur le sable.

Ces malheureux plongeurs travaillent dans l’informel, étant donné qu’aucun d’entre eux ne dispose d’une quelconque autorisation administrative. Selon les estimations des observateurs, le secteur assure l’emploi saisonnier à quelque 5.500 personnes le long du littoral de la province. C’est dire combien ces travailleurs sont exploités et sous-payés.

Une commission mixte, composée de représentants de la délégation des Pêches maritimes (DPM), de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires et de l’ONP, s’était déplacée auprès des sociétés d’exportation et des coopératives pour le recensement de la quantité des algues extraites. Cette dernière a été estimée à quelque 12.000 tonnes, dont 5.500 tonnes commercialisées. L’arrêté ministériel n° 04-1511 du 6 août 2004 limite la production à un plafond de 6.000 tonnes d’algues sèches pour la région d’El Jadida. La réalité est toute autre puisque bon nombre de spéculateurs détiennent des  entrepôts clandestins. Les membres de la commission ne pourront pas découvrir toutes les cachettes dans les garages, dans les recoins des maisons privées et autres endroits destinés à camoufler les réserves dissimulées, estimées en tonnes.

Le souci des autorités est certes la préservation de l’environnement. Mais qui défend les droits de ces familles à vivre dignement ?

Qui peut leur assurer des conditions de travail respectant les normes en vigueur en préservant leur santé ?

Tous ces malheureux plongeurs mettent chaque jour leur vie en péril pour quémander une poignée de sous ne leur assurant ni dignité, ni même survie.

C’est dire toute l’importance de ce trafic bien organisé qui ne fait que réduire des centaines de femmes à l’esclavage pour assurer la survie de leur famille et leurs progénitures,  tout en offrant aux exploitants  monts et merveilles, fondés sur la sueur et le sang de ceux qui n’ont d’autres choix que de s’aventurer au fonds de l’océan pour arracher cette or rouge dont ils ne tirent aucun bénéfice.

Dur à avaler !!!

Tant de générations se sont soulevées contre l’esclavagisme pour le voir renaitre, au 21ème siècle, sous une autre forme. N’est-ce pas la ruée vers l’or rouge par ces plongeurs à mains nues qui remuent les fins fonds de l’océan, disons-le clairement, pour le bienêtre de ceux qui exploitent leur infortune ?

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