cohen

De passage à El Jadida, j’ai eu la nostalgie de revoir certains coins de cette ville qui m’est particulièrement chère, vu la merveilleuse enfance que j’y ai vécue.

Grande fut ma déception quand j’ai revisité le centre-ville dont s’enorgueillit les jdidis et qui illustrait leur culture et leur éducation.

Dire que la ville avait reçu durant les années 70 le label de la ville la plus propre du Royaume… !

Elle sombre aujourd’hui dans une négligence absolue et souffre d’une dégradation qu’on ne lui a jamais connue. C’est le cœur gros et avec beaucoup d’émotion que je me suis rendue à l’évidence que notre pauvre ville a été livrée à des vautours telle une charogne tiraillée de toute part. Elle est victime de la malveillance et de la démission totale des responsables communaux qui n’ont d’autre souci que la préservation de leurs intérêts personnels, délaissant l’intérêt général qui prône la préservation du patrimoine de la ville et de son histoire. Cette belle histoire léguée par nos ancêtres, écrites par ses murs qui nous ont vus grandir. En errant par-ci, par-là, je n’ai reconnu « ni les arbres, ni les rues, qui ont vu ma jeunesse » comme disait Charles Aznavour. Où sont passées ces belles ruelles d’où raisonnaient les voix des garçons en train de disputer un match de foot dans la joie, ou celle des filles en train de jouer à la marelle. Ces venelles léguées par nos ancêtres, ont cédé le pas à des ruelles où s’amoncèlent ordures et détritus. Que léguera cette génération à ses enfants ? L’ombre d’une ville dévastée par la pollution.

Lors de ma balade, j’ai ressenti les cris de détresse lancés par ces murs qui ont, à jamais, marqué ma mémoire. J’ai ressentie la mélancolie m’envahir en regardant ces merveilleuses cabines sur la plage, témoins de nos belles baignades d’enfance, murées à jamais.

Toutes les villes du Royaume connaissent des restaurations de leurs monuments, ou des édifices qui ont marqué une quelconque époque, sauf ceux d’El Jadida. A Marrakech, à titre d’exemple, on n’a pas le droit de déraciner un palmier. A Rabat, qui a connu il y a quelques mois l’élargissement de sa route côtière, on a dû détourner le point d’élargissement de la chaussée, pour éviter de démolir une ancienne tour. A El Jadida, on déracine toute la ville et personne de lève le petit doigt. Le mémorable immeuble Cohen de la place El Hansali qui constitue l’âme de cet ancien quartier, est sur le point de tomber en ruine et demeure complètement ignoré par tous, aussi bien responsables que population.

Et aussi aberrant que cela puisse être, il y a eu construction de deux immeubles modernes, qui lui sont mitoyens, créant un véritable gâchis et une insulte à l’architecture originale de cet édifice.

Que dire de plus ? Je pense que pendant qu’ils y sont, autant nous construire un mur de lamentation qui servira à soulager notre peine de voir notre belle cité crouler sous tout ce ridicule.

Une Mazaganaise (K.C)

http://i2.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/06/cohen.jpg?fit=1024%2C1024http://i2.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/06/cohen.jpg?resize=150%2C150adminsLibre OpinionDe passage à El Jadida, j’ai eu la nostalgie de revoir certains coins de cette ville qui m’est particulièrement chère, vu la merveilleuse enfance que j’y ai vécue. Grande fut ma déception quand j’ai revisité le centre-ville dont s’enorgueillit les jdidis et qui illustrait leur culture et leur éducation. Dire que...Source de L'information Fiable

Commentaires

commentaires