El-jadida : toute la ville à bicyclette

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Par : Driss Tahi    tahi12

Si vous possédez une bicyclette, il est temps de l’utiliser.

Si vous n’en avez pas, et bien achetez en une sans tarder.

Si vous n’êtes pas convaincu de son utilité dans l’immédiat, vous avez sûrement tort.

La ville d’El-jadida est plus que jamais en danger, et seule cette petite mécanique pourrait la sauver d’une agonie certaine.

Les signes précurseurs d’une asphyxie se manifestent chaque jour d’avantage, à cause d’une circulation de plus en plus dense et anarchique.

La majorité des jdidis, semblant impuissants devant ce qui s’apparente au fait accompli,  voient leur espace vital se réduire chaque jour un peu plus.

Des centaines de nouvelles voitures viennent chaque année agrandir le parc auto de la ville, déjà saturé, sans compter les visiteurs motorisés, les jours fériés et  l’été  (et qui sont toujours les bienvenues dans cette cité hospitalière.)

Vue du haut du phare (phalora), la ville aux heures de pointe  ressemble à une foire des voitures d’occasion.

L’espace est englouti par l’étendue de toutes ces carrosseries de différentes couleurs. La superficie de la ville est au trois quart couverte de tôle. Une vision surréaliste.

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Les puissants lobbys des constructeurs de voitures, doivent se frotter les mains, en voyant les chiffres réalisés chaque année dans les pays du tiers monde, et alors que les gouvernements occidentaux encouragent l’utilisation des deux roues, en cherchant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Chaque jour, la ville d’El-jadida est prise d’assaut, dès les premières heures,  par des centaines de voitures, comme des verrues, défigurant son beau visage et crachant : pollution sonore et gaz d’échappement, plongeant ville et habitants dans le désarroi et une obnubilation totale.

La cité ne doit peut être son salut, qu’à sa position géographique, de cité adossée a l’Océan, ce qui lui procure l’oxygène nécessaire pour se maintenir encore en vie.

L’automobile depuis son invention constitue aux yeux de tous, l’image de la beauté et de la liberté. Un synonyme d’opulence que beaucoup aspirent à acquérir. Certes c’est une révolution indéniable, mais plus cette technologie se développe, et plus ses méfaits se manifestent avec plus d’acuité. Les aberrations et le cortège de maux qu’elle génère nous poussent à tirer la sonnette d’alarme car il y va de notre santé et du devenir de notre ville.

Imaginez un instant que 70% de nos automobilistes décident de troquer leur auto par un vélo. Au bout de quelques semaines, l’effet positif de cette action se fera  sentir et l’Etat dépensera moins pour notre santé. Nos agents de  circulation sortiront moins leur sifflet et souriront plus. Ils  auront du temps pour aider les personnes âgées et les enfants à traverser le boulevard, au lieu de sévir.

Aujourd’hui, la voiture n’est plus à la mode. Les jolies bagnoles n’impressionnent plus les passants, encore moins les filles, comme au début des années 80.

Par contre, une personne en bonne santé, pédalant sur un vélo, a plus de chance de séduire qu’un moribond à bord d’une voiture, aussi guindée soit-elle.

Contrairement à ce qu’on peut penser, en ville on circule plus vite à bicyclette qu’en auto…sans parler de la facilité du stationnement.

Et comme dit la chanson :

A vélo à paris

On dépasse les taxis

A paris à vélo

On dépasse les autos.

Le vélo aide à la fructification des relations avec autrui. On peut bavarder avec son compagnon en pédalant. Tandis qu’un  automobiliste use et abuse du klaxon, lors du moindre désaccord sur le code de la route. Et lorsqu’ils « communiquent » enfin par la parole, c’est pour s’envoyer à plein gueule, toutes sortes d’injures, toutes aussi obscènes que grotesques.

Il est temps que la voiture cède un peu de place à la bicyclette, ou plutôt, de prendre les mesures adéquates pour que cette dernière puisse s’imposer et  récupérer, ne serait ce que quelques mètres carrés de l’espace qui lui a été ravi par la voiture.

Que justice soit faite.

L’élévation du nombre de bicyclettes en circulation, acculera les responsables  à trouver les solutions adéquates, aux problèmes qui ne manqueront pas de se poser à ce propos. Nous citerons parmi les solutions: l’ménagement de pistes cyclables ; la mise en place de panneaux de signalisation donnant la priorité à la reine des deux roues, etc.

Des clubs doivent voir le jour pour inciter les gens de tous  âges, hommes et femmes, à la pratique du vélo. Une éducation, dans ce sens, doit être encouragée et vulgarisée. Une  culture de l’utilisation du vélo, en tant que moyen de transport, de tous les jours, et par tous les temps, doit être inculquée à tous. Des cours de pratique des deux roues, doivent être dispensés dans les écoles et auxquels, enseignants et autorités, devront y participer.

Des randonnées à vélo médiatisées, doivent être organisées par les associations une fois par semaine a travers toute la ville.

L’utilisation de la bicyclette doit être considérée comme un acte citoyen.

Utiliser son vélo serait combattre l’anxiété, le stress, les risques cardio-vasculaires, la cellulite, le cholestérol…

Utiliser son vélo c’est participer a l’économie du pays ; c’est lutter contre la pollution  et c’est aussi un moyen d’émancipation de la femme. En effet, quoi de plus beau et de plus  libre, qu’une femme à bicyclette, tête nue ou vêtue de hidjab. Dieu merci, le Maroc n’est pas l’Afghanistan, ni l’Arabie saoudite, ni… et la femme devra saisir cette opportunité pour s’imposer en tant que  l’égale de l’homme.

Alors ensemble, enfourchons nos bicyclettes.

Faisons de la ville d’El jadida, la ville des deux roues

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