Inutile de se cacher la face pour en parler, car nous avons un réel problème avec l’hygiène d’une manière générale, et avec les toilettes publiques, plus spécifiquement.

Il semblerait que tous ces slogans qu’on ne cesse de nous servir à longueur d’année, nous soûlent au lieu de nous procurer une solution tangible en mesure de nous soulager – c’est le cas de le dire – avec l’aménagement de toilettes publiques.

On nous tague avec des semblants de réaménagements à longueur d’année. On tente de réformer, on lance des chantiers, on renouvelle le matériel et outillages. Bref, tout ce qui constitue un quelconque prétexte pour sortir les deniers publics.

On pense à tout, même à installer des fontaines qui n’ont jamais servi à rien, mais jamais à ces fameuses toilettes qui sont si indispensables pour soulager un besoin naturel.

Tous les jdidis ont déjà vécu cette terrible situation de ne trouver aucun endroit décent en mesure de leur offrir ce luxe de pouvoir se soulager.

Trouver des toilettes relève alors de l’exploit une fois sortis de chez eux, car il leur devient hautement périlleux d’avoir une urgence urinaire. De toutes les manières, la notion d’urgence ne s’impose même pas en cas de vie ou de mort quand on voit l’état de nos hôpitaux.

Comment oser en parler quand il s’agit simplement d’uriner.

Où que l’on soit, au marché, dans les cafés, les administrations, les trains, les écoles, les stades ou simplement dans la rue, avoir soudainement cette envie naturelle relève d’une mission impossible.
Comment concevoir cette situation quand on sait qu’il existe au Maroc, selon les statistiques officielles, deux millions de diabétiques, qui ont souvent et impérieusement des besoins pressants de vider leur vessie. Pourtant, le 6ème point des Objectifs de Développement Durable (ODD) recommande la construction et l’installation de toilettes publiques.

Malheureusement, chez nous, on fait fi de toutes ces conventions et ces recommandations qu’on a vite fait de ratifier mais qui demeurent toujours non appliquées.

Même notre religion est basée sur l’hygiène. Ne dit-on pas que « l’hygiène relève de la foi » ?

Il est déconcertant de clamer ce précepte dans nos écoles pour l’inculquer à nos têtes brunes et leur imposer des latrines qui donneraient la nausée à un putois.

En 2017, un rapport alarmant de l’UNESCO soulignait qu’une école sur deux au Maroc n’était pas dotée de sanitaires. Et selon plusieurs rapports internationaux et nationaux, l’absence de toilettes dans les écoles est l’une des raisons de l’abandon scolaire pour les filles.

Puis on ose miser sur 10, 12, 15 millions de touristes, sans penser une seconde que ces étrangers, venus d’ailleurs, souhaiteraient trouver leurs aises dans des lieux d’aisance pour profiter au mieux de leur balade et découvertes de notre ville.

Dieu merci, pour nous autres jdidis, il y a bien des murs et des rues où règne l’obscurité ou mieux encore, dans certains endroits éloignés, des buissons et des arbres, qui font l’affaire (quand on arrive à ignorer les odeurs).
Mais allez expliquer cela à un Allemand, il serait inconcevable pour lui de ne pas trouver des toilettes descentes où il trouverait son confort.

On ne va quand même pas pousser l’audace jusqu’à demander à la Commission Benmoussa de se plancher sur cette problématique des toilettes publiques, quoique, cela serait peut-être une solution. Car, jusque-là, aucun gouvernement n’a encore oser soulever le problème pour y trouver une issue.

Cependant, quand on cherche les raisons, chaque responsable jette la pierre à l’autre, sans que l’on puisse jamais comprendre où cela bloque.

Mais pourrait-on imaginer, à haut niveau, au Conseil de gouvernement, un débat sur les toilettes publiques. Cela promettrait sûrement de passionnantes négociations car, en effet, le Ministre de la Santé serait le principal concerné par cette question de santé publique, et celui des finances devrait trouver le financement, pendant que celui de l’Intérieur devrait signer les autorisations nécessaires, quant à celui de l’Agriculture il devrait paniquer pour les conséquences sur la nappe phréatique.
Alors, dans ces conditions si compliqués, il serait sage de vous suggérer de vous soulager avant de sortir, ou retenez-vous tant que c’est possible. Car jusqu’à nouvel ordre, les autorités ne trouvent toujours pas nécessaire de doter la ville de ces toilettes salutaires pour la population.

Khadija Choukaili

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