El Jadida-toilettes publiques : Et le calvaire continue, surtout pour nos seniors, souffrant de maladies.

Suite à mon article sur ce sujet publié sur El Jadida Scoop, le 15 mai 2021, sur l’absence des toilettes publiques à El Jadida et intitulé «toilettes publiques : On se soulage d’abord, les solutions … c’est pour après », un message m’a été adressé, via le site El Jadida Scoop, d’un homme de 84 ans, malade et ne pouvant se soulager en l’absence de toilettes publiques. Voici la teneur de ce témoignage poignant :

« Merci LALA KHADIJA CHOUKAILI pour votre article sur le manque des toilettes publiques au centre de la ville d’EL JADIDA.

Ce matin en visitant la ville en compagnie de mon épouse, je me suis trouvé dans la même et pire situation de ne trouver aucun  endroit pour uriner, vu mon âge de 84 ANS, et avec une sonde pochette, introduite dans mon sexe, je ne pouvais plus ni marcher ni la vider, car elle était pleine.

J’ai fait le tour de plusieurs cafés qui m’ont refusé l’accès à leurs toilettes. Vu ma situation, je ne pouvais imiter l’exemple de votre cliché.

A cet instant, je me suis senti à mon époque de 1949 quand le beau MAROC n’avait ni le droit ni la possibilité de dire (en voie de développement, ou MAROC nouveau …..etc)

Actuellement, a l’âge de 84 ans, je ne comprends pas le rôle des élus de cette ville, et ce, à tous les niveaux (tourisme, municipalité, province, région).

LALA KHADIJA, je vous prie de faire entendre ma voie auprès des autorités locales.

Merci pour votre article qui reflète au complet mes remarques. Merci encore une fois »

Suite à ce témoignage poignant d’un homme de 84 ans en train de chercher désespérément un endroit pour se soulager, d’autant plus qu’il est muni d’une pochette artificielle en guise de vessie, on ne peut qu’être révolté devant le mutisme des autorités communales dont le dernier souci est l’édification de toilettes publiques.

Revendiquer le droit d’avoir des toilettes publiques n’est sûrement pas un luxe. C’est même un lieu indispensable pour les citoyens, quand ils quittent leur domicile pour vaquer à leurs occupations.

La commune dépense chaque année un budget colossal dans des semblants de réaménagements de chaussées, de trottoirs, de ronds-points… toujours mal foutus, pour tenter une apparence de réforme, en lançant des chantiers interminables, qui ne sont rien d’autre qu’un alibi pour dépenser les deniers publics.

Bref, on pense à tout, même à installer des fontaines qui n’ont jamais servi à rien, mais jamais à ces fameuses toilettes qui sont si indispensables pour soulager un besoin naturel.

Tous les jdidis ont déjà vécu, ne serait-ce qu’une fois, cette terrible situation de ne trouver aucun endroit décent en mesure de leur offrir ce « luxe » de pouvoir vider leur vessie. Trouver des toilettes, une fois sorti de chez soi, relève alors de l’exploit, car il devient hautement périlleux d’avoir une urgence urinaire. De toute façon, comment oserait-on parler de ce simple besoin naturel urgent, quand on voit l’état de nos hôpitaux et de toutes les structures indispensable qui font défaut dans la ville.

Où que l’on soit, au marché, dans les cafés, les administrations, les trains, les écoles, les stades ou simplement dans la rue, avoir soudainement cette envie naturelle et trouver des sanitaires relève d’une mission impossible.

Serait-ce tabou de se pencher sur cette problématique des toilettes publiques ? Car jusqu’à nouvel ordre, nos élus ne trouvent toujours pas nécessaire de doter la ville de ces toilettes salutaires pour la population. Seraient-ils dotés d’un quelconque pouvoir surnaturel qui leur éviterait de ressentir ce besoin humain ?

Khadija Choukaili

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