Par Driss Tahi

Une rencontre littéraire qui a pris l’allure d’une fête, à la salle Abdelkebir KHATIBI le 19 janvier , entourée de toiles d’où fusaient comme un charme les couleurs et les formes.
Marquée surtout par les longues embrassades , les rires aux larmes et les nombreuses séances photos pour immortaliser des instants inattendus, depuis l’annonce de la visite de Siham Kartobi à El Jadida.
Des amitiés , dont la plupart étaient jusqu’ici virtuelles , et grâce à cette rencontre , elles ont pu se concrétiser, et semblaient à la fin de la soirée prendre un nouveau départ , voire une autre dimension, au firmament du poétique .

Siham Kartobi avec qui j’ai pu m’entretenir devant un café quelques minutes, histoire de faire connaissance avant la présentation, était heureuse d’être parmi ses amis marocains, en extase avant et même après cette rencontre littéraire autour de son premier recueil intitulé  » Florilège  » sorti chez Amazon il ya juste quelques jours.
Beaucoup ,conviennent que la poésie transcende la réalité, c’est souvent vrai. Siham Kartobi se sert de la poésie pour décrire ,le quotidien , le réel ,ou le vecu.
Siham Kartobi est une poétesse qui fuit les sentiers battus , elle se réfugie dans une poésie plutôt libre, loin des règles de la vérification , et leur rigueur , peut-être pour donner libre cours à sa plume ,et à ses pensées. L’essentiel pour elle, de prime abord, est apparemment de coucher sur le papier à sa façon, et en poésie, ce qu’elle ne peut garder pour elle , mais aussi, dans le but de convaincre l’autre de sa bienveillance d’une part, et pour prouver sa bonne foi , et se faire pardonner d’une autre part , chose qu’elle trouve des difficultés à réaliser selon sa propre expression.

Ses poèmes sont des fragments de sa biographie, racontée avec une spontanéité telle , qu’elle frise parfois la naïveté ,cela se remarque à la lecture de certains vers comme dans :
<<On se chamaille quotidiennement
pour des futilités, un oui, un nan ! ??
Jamais aucun échange agressif
suivi de rapprochements jouissifs
J’ai beaucoup de chance Mehdi
que tu sois l’homme de ma vie>>

On a l’impression dans certains de ses passages, que quelques parts ,elle essaie de se justifier à la suite d’une erreur commise, implorant la compréhension et l’empathie de ceux qu’elle aime , et auxquels elle tient, lorsqu’elle s’adresse par exemple à sa soeur :
<<tu disais ton bonheur d’être avec ta chérie
Nos sorties me manque aujourd’hui
au Maroc ou à Paris
J’aimerais te retrouver
comme tu l’a toujours été
Prendre un peu de ta douleur
si seulement je le pouvais
et ce malgré la peur
je pense que je le ferais
Mais c’est une utopie
cela ne m’est pas permis
Allez vite guérit
Je veux prendre de ta douleur
de la même manière que j’ai provoqué tes pleurs
par amour, je t’aime ma soeur
Là je pose mon stylo et je pleure>>

On sent qu’elle se débat, qu’elle lutte, non pour se venger , loin d’elle cette idée, mais juste pour se faire comprendre et pour regagner une certaine confiance en elle , mais aussi dans les autres :
<< C’ est un appel au secours
sa rage mon souffle court
son humeur désagréable
pour elle aussi insupportable
Elle vous fait subir ses erreurs
première à en souffrir
ses maux, son mal au coeur
lui font tout pourrir
Comprenez qu’elle en est désolée
qu’il lui est dur de se pardonner
ses intentions sont bonnes pourtant
c’est juste son côté vielle enfant
Oui, malgré son âge avancé
elle n’a pas tellement évolué
Sa sensibilité est tellement accablée
qu’elle vit bêtement dans la culpabilité
sans aucune méchanceté
ni même de l’agressivité
Non, juste coupable de s’être négligée
au point de se punir et de vous blesser
Veuillez lui pardonner… elle n’y parvient pas.>>

On a tendance en lisant ses poèmes que quelques parts un sentiment de culpabilité l’accable au point de la décourager, mais elle insiste ,et poursuit pourtant :
<<L’expérience fait dire aux gens
avec le temps ça va passer
l’expérience ou le fait d’être impuissant
car ce n’est pas toujours vrai
<<Il est long le temps
celui qui doit calmer
et qui passe vite pourtant
sans toujours vraiment apaiser>>

Enfin , comme tout poète Siham Kartobi ,sensible à ce qui l’entoure, a aussi ce côté engagé qu’on rencontre dans certains de ses vers :
<<juste quelques paroles
en contrepartie de la haine
Et vous verrez mon sourire
face à l’intolérance
qui fait tant souffrir
une sacrée connivence
Cette complicité
synonyme de notre intelligence
que notre humanité
sans cesse viol et offense
La condition humaine
engendre la peine>>.

Une rencontre dirigée par Driss Tahi , organisée par l’association des amis IBN ZAIDOUN, en partenariat avec la direction de la culture à El Jadida, la  » Fondation Abdelouahed El Kadiri, et l’association rencontres des cultures « .

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