El Jadida/ Sidi Bouzid : La perle qui n’honore pas

hotel la perle

Par :Azzedine Hnyen

Ce que pensait ou attendait le voisinage de cette perle (que de nom hélas !), érigée dans l’un des plus beaux centres d’estivage du Royaume, s’est révélé n’être qu’une pure désillusion ! Cet établissement touristique, se devant être un atout pour le développement de cette contrée sublime et de toute la région, est un lieu de dépravation, de débauche, d’agression, de pollution sonore et…de prostitution. Les habitants des environs et les visiteurs innocents de cet hôtel de 3***restent perplexes et consternés faces à des scènes obscènes et la liberté d’action de ses gérants et de leurs boys qui usent de leurs forces musculaires pour amadouer les « rouspétants ». Les plaintes déposées auprès de la gendarmerie de Sidi Bouzid en font foi

D’après les plaintes des voisins, il n’est plus possible de savourer ce somme matinal à cause du boucan jusqu’à une heure très tardive du matin. Des cris, des youyous, des klaxons, des rixes sont le lot quotidien qu’ils doivent supporter et subir malgré eux. Les têtes surchauffées reçoivent une raclée de la part des « gorilles- videurs ». Face à des personnes ivres- mortes, tout en sachant pertinemment que c’est rare qu’ils seraient l’objet d’une plainte, ils n’hésitent pas à étaler leur savoir- faire martial. Les filles de joie, esclaves de ces faiseurs du beau temps, sont assujetties à verser, outre le droit d’entrée, des bonus à l’entrée et à la sortie de la boîte. Surtout si elles sortent avec des clients. Ceci pour continuer à jouir de leur bénédiction. Le gérant ou la patronne se foutent totalement des doléances des clients et des habitants d’à côté. Advienne que pourra.

Cet établissement, comme les trois autres, d’ailleurs, du centre de Sidi Bouzid et comme d’autres dans la ville d’El Jadida dont le Club House du DHJ cédé pour des miettes (15.000 DH/mois), n’est jamais inquiété ni interpelé ni rappelé à l’ordre ni par l’autorité locale ni par les gendarmes. Transformés spécialement en bars, alors que leur statut est la restauration, ne respectent aucunement les horaires d’ouverture et de fermeture.

L’odeur de la « Chicha » (nerguilé) suffoque les habitations d’à côté. Servie à gogo, dit- on à des prix effarants, les clientes et les clients y ajoutent de la drogue qu’ils consument en toute impunité. Or, dans la journée d’étude consacrée à la santé le lundi 23 décembre 2013, le gouverneur avait déclaré solennellement qu’une lutte impityable sera poursuivie contre la consommation de la « chicha » dans les lieux publics dans la province. Il est, certes, vrai que la lutte contre ce fléau, qui fait ravage au sein de notre jeunesse, a été concluante au niveau des cafés même si des énergumènes, jouissant de la complicité de quelques agents d’autorité sans scrupule, servent, encore la nuit, ce produit interdit par un arrêté gubernatorial. Seulement, on avait dispensé les débits de boissons alcoolisées de cette interdiction. Si bien que nos jeunes, dont des mineurs (es), se sont rués vers ces lieux pour assouvir leurs besoins. Ainsi, ce qu’on espérait, comme l’a bien souligné le gouverneur, « faire éviter à nos jeunes, outre des maladies pulmonaires et cardiaques, la dépravation et la prostitution des mineures », on y et tombé dedans. Ailleurs, comme c’est le cas en France, il est désormais interdit, depuis le 1 er Janvier 2008, de fumer de la chicha dans les bars : les lieux ouverts spécialement destinés au narguilé seront interdits. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à fumer le narguilé. Plus de 50% des jeunes de 16 ans ont déjà fumé la chicha et près d’un tiers des adolescents et adolescentes de 17 ans consomment cette substance régulièrement. La très grande majorité d’entre eux pensent qu’ils ne courent aucun risque pour leur santé en comparaison avec la consommation de cigarettes. Si vous les interrogez, vous serez surpris d’obtenir le même type de réponse : « ça ne fait rien. » « Pas de problèmes pour ma santé » « c’est moins mauvais que les cigarettes… ». De nombreux adultes ne sont pas loin d’avoir les mêmes idées reçues sur le narguilé.

Au moment où les autorités provinciales semblent déterminées plus que jamais à combattre la dépravation des jeunes et la prostitution, d’une manière générale, venu est le temps de prendre les mesures qui s’imposent pour préserver la population en général et la jeunesse en particulier d’une pratique dangereuse pour tous et hautement perverse.
La sonnette d’alarme est tirée. Aux responsables d’assumer… leurs responsabilités.

 

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