EL JADIDA : Qu’Est Devenu Notre Centre Culturel ?

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Par : Abdellah HANBALI

Il était censé pallier au vide culturel  dont souffre la ville d’El-Jadida et au désœuvrement d’ une partie de sa jeunesse.

Pendant des décennies, il a été attendu. A chaque fois les élus annonçaient  que l’ouverture était pour bientôt.

Mais les jours et les années passaient, les mêmes promesses se répétaient, s’étiolaient, mais persistaient, faute de mieux à proposer.

L’attente dure, perdure, jusqu’au jour où nos conseillers  décidèrent de s’en débarrasser, pour tout léguer à l’ENCG (Ecole Nationale de Commerce et de Gestion).

Un projet de plus qui tombe à l’eau. Un rêve longtemps caressé qui s’évanouit…et  des millions de centimes dépensés, encore une fois, sans apparemment études préalables, ni but précis et préétabli.

Les contribuables qui croyaient, durant toutes ces années, financer  un centre culturel ; une Institution dont manquait cruellement leur cité… tombaient des nues.

Encore heureux que les responsables parviennent, plus au moins, à sauver la face et à faire en sorte que  cet édifice serve au moins à quelque chose.

Mais qu’ont gagné  tous ceux qui ont, pendant des années, cru à ce projet?

– Dans ce cas, peut-on parler d’indépendance culturelle, quand les seuls centres de culture existant au Maroc, soient français, espagnols, allemands ou américains ?

– Ne sommes-nous pas, face à une réelle hégémonie culturelle ?

– Et quelle culture aurons-nous alors, dans vingt ou trente ans, si rien n’est planifié et concrétisé, dans ce sens, d’ici là ?

– Le citoyen lambda en à ras-le bol de ces projets culturels bidons, sans buts précis, sans études préalables, sans visions claires, pour ne pas dire, sans queue ni tête.

– Et si tout ce « cirque culturel », dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles, n’est pas  autre chose, qu’un banal prétexte, de la poudre aux yeux, pour continuer à puiser à volonté dans les caisses de la commune ou de  l’Etat ?

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– Comment expliquer que le théâtre Afifi, moult fois « rénové » à coups de centaines de millions de centimes…soit pratiquement, tout le temps fermé.

Où sont passés : directeur administratif, directeur artistique, spectacles nationaux et internationaux  ….promis au départ des rénovations qui ont coûté plus de 800 millions de centimes, il y a un peu plus de quatre ans ?

Un autre centre culturel, près du lycée Bouchaib Doukkali, est fin prêt, mais  connait le même triste sort : la fermeture.  A croire, que personne, parmi ces « têtes pensantes » ne semble  savoir  quoi faire avec ces « fardeaux  culturels » !

Pourquoi un deuxième centre culturel, lorsqu’on a été incapable de gérer le premier et surtout, qu’on  sait que le premier cédé à l’ENCG, sera bientôt récupéré, une fois que l’Université Chouaib Doukkali, aura terminé la construction de sa nouvelle école, près du golf Royal ? En parallèle, à cette frénésie des constructions-rénovation, puis fermeture,  des monuments (dont la cité portugaise, Kasbat Boulaâouane…) tombent en ruine, par manque (semble-t-il) de moyens !!!

– Comment peut-on s’engager dans des projets sans études sérieuses (au vu des résultats) ; promettre monts et merveilles aux contribuables tout au long des constructions-rénovations ; puis une fois l’argent  qui leur est dédiée dilapidée,  disparaître dans la nature, en laissant en guise  de projets finis (clé en main), des bâtisses toujours  en construction ou au meilleur des cas, bâclés et n’ayant rien à voir avec les produits présentés les premiers jours sur des maquettes ?

Quant aux jeunes, et dans l’attente de… Godot, la rue qui continue à leur ouvrir les bras et à  constituer leur triste lot quotidien.

 

 

 

 

 

 

 

 

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