El Jadida : Prolifération des logements anarchiques lors de la campagne électorale… A qui la faute ?

Lors de la campagne électorale, on a assisté à la prolifération de dizaines de logements anarchiques dans plusieurs communes rurales relevant de la province. Des citoyens se sont livrés à une réelle course contre la montre, pour achever la construction de leurs logements et mettre les autorités devant le fait accompli pendant cette période d’organisation des élections, et ce, dans l’anarchie la plus totale et sans respect aucun des normes de construction.

Il faut reconnaitre que les autorités, durant cette période de campagne électorale ont laissé faire, estimant  sans doute plus urgent de maintenir d’abord l’ordre public dans ce contexte tendu des préparatifs du scrutin.

Certes, les autorités ont depuis un certain temps déclaré la guerre à la prolifération des logements anarchiques, mais force est de constater qu’on est encore loin de l’éradication de ce phénomène. 

Ainsi, dès l’élection des présidents des communes, les autorités ont repris, dans certaines communes, comme c’est le cas à Ouled Ghanem, et à Haouzia, leur lutte contre ces logements construits clandestinement et en un temps record, en contrepartie des promesses de vote à certains candidats. Ces logements ont foisonné de manière alarmante durant la campagne électorale alors que toute l’attention était braquée sur l’organisation du scrutin.

Devant cette situation, l’option la plus efficace et aussi la plus directe, même si elle est entachée de plusieurs irrégularités, demeure la démolition des logements bâtis sans autorisation.

Cette démolition ne se fait malheureusement pas sans heurts entre les forces de l’ordre et les personnes qui en sont concernées, et on assiste souvent à des échauffourées ponctuées parfois par des arrestations et des condamnations de ceux qui résistent à la décision des autorités.

De plus, les lois et réglementations en matière d’urbanisme découragent les petites bourses à opter pour le circuit légal, surtout en ce temps de crise sanitaire pendant laquelle même l’accès au logement économique est devenu impossible. Certes, la politique du logement social a donné ses fruits et a permis à une large frange de la population d’accéder à un logement salubre, mais la conjoncture actuelle a mis en crise la majorité des foyers à revenu incertain, surtout ceux travaillant dans l’informel.

Il est certain que l’Etat est plus que jamais appelé à lutter contre l’habitat clandestin, qui constitue, en plus de ses irrégularités, un réel danger menaçant la vie des citoyens par le non-respect des normes en vigueur. Et pour y faire face, il devient de plus en plus indispensable pour les autorités de revoir les conditions de construction dans les zones périurbaines, et de faciliter les procédures d’octroi des autorisations.

Khadija Choukaili

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