El Jadida : Pour un bon usage des trottoirs et de la chaussée

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Par : Azzedine Hnyen

« A quoi servent les trottoirs et les chaussées? ». A cette question, vous repoudreriez très vite, et certainement avec un air moqueur, que «  les premiers sont conçus pour l’usage des piétons et les seconds pour les véhicules roulants ». Un jeune apprenant, de l’école primaire par exemple, en vous entendant, rétorquera lui aussi, que «  vous êtes un maboul » ou que « vous êtes tombé sur la tête ». Parce que la réalité de tous les jours qu’il voit est totalement différente de ce que vous dites.

Les trottoirs ici à El Jadida, comme ailleurs car la mentalité est la même, sont constamment envahis par les marchands ambulants, les cafetiers et les restaurateurs, les voitures en stationnement et par des professionnels de différentes activités: mécaniciens, réparateurs de motocyclistes, menuisiers, soudeurs, ferrailleurs, tôliers qui s’adonnent à leurs exercices sans nullement être inquiétés. Ainsi, le piéton, privé de son passage sécurisant qui ne l’est point à cause de l’état de son dallage très dégradé (une honte!), se voit obligé, à ses risques et périls, d’emprunter les chaussées. Par ailleurs, d’autres artères larges et d’un trafic routier dense servent de terrains aux mordus du foot- ball de jour comme de nuit.

Ces enragés, inconscients des dangers auxquels ils sont exposés, y organisent de véritables matchs. A défaut d’être percutés ou renversés par un véhicule à 4 roues, ils risquent de nuire aux passants et/ ou aux habitants avoisinants ce terrain de fortune. Un ballon tiré de toute force risquerait de casser le carreau d’une fenêtre ou de causer du mal à un enfant, à une personne âgée ou à une femme enceinte par exemple. Cette pratique, devenue générale, n’a été, hélas, jamais combattue. Il arrive, par moments, que ces joueurs driblent une voiture de police sans que les policiers qui y sont à bord ne pipent mot!

Dans les deux cas, personne ne semble s’en soucier.

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 L’opération effectuée contre le commerce informel aurait pu être beaucoup plus bénéfique si elle avait touché tous les coins névralgiques et où la pagaille règne. A titre d’exemple, on cite l’avenue Boendeng, Panorama, Mouilha et le quartier Jamila.  Dans ce dernier, le conseil municipal n’a trouvé de mieux que de délivrer des autorisations industrielles de 3ème catégorie! Voilà de grands ateliers de ferrailleurs, de soudeurs, de menuisiers, de tôliers et autres au rez- de- chaussée d’immeubles habités par de pauvres habitants. Imaginons les risques qu’encourent ces gens en cas d’explosion d’un butane industrielle ou d’un déclenchement d’incendie.

Où est donc ce sens de responsabilité et de citoyenneté, messieurs les élus? Surtout si l’on sait que ces  » faveurs » ne sont point données gratuitement! Le grand artisan de cette zizanie, selon certains élus, serait le 1er vice- président du conseil qui a élu définitivement domicile dans la municipalité pour des visées électorales et aussi pécuniaires d’après toujours les mêmes sources. On ne peut ne pas comprendre l’attitude de l’autorité locale, en la personne des caïds des arrondissements urbains, qui préfèrent s’enfermer toute la journée dans leurs bureaux au lieu d’accomplir consciencieusement et pleinement leur devoir de veilleurs sur le respect de la loi et sur la sécurité de la communauté!

Pour le cas des footballeurs, il fut un temps où s’adonner à ce jeu sur une voie publique était combattu pratiquement par les policiers et aussi par les « mqadmines ». Malheureusement, il semble que cette prérogative a été abandonnée pour laisser l’anarchie régner. Seulement, on ne pourrait en vouloir, totalement, à ces jeunes abandonnés par nos politiciens locaux. Le béton armé a conquis les terrains vagues sans qu’on songe à leur édifier des terrains de jeu de proximité. Hay Al Matar, à titre d’exemple, en dépit de ses dizaines d’immeubles, ne compte aucun espace pour exercer une quelconque activité physique.

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Aujourd’hui, l’anarchie est un fait incontestable. Les responsables ne s’en soucient guère. Mais, il est toujours temps qu’on révise son comportement et son attitude. Les autorités provinciales et locales se doivent d’avoir un œil vigilant sur l’actuel conseil municipal dont le souci principal n’a jamais été le bien de la ville et la bienséance de sa communauté. Il n’ya qu’à voir l’état déplorable de la municipalité, miroir de la ville, pour s’en rendre compte!

 

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