Par Driss Tahi

La ville est aujourd’hui, le moins qu’on puisse dire, sale et répugnante.
Tant est si bien qu’on a l’impression que depuis belles lurettes, elle ne s’est pas regardée dans un miroir. L’image qui lui serait reflétée l’aurait sûrement horrifiée , et secouée.
Qui sait ? peut être que ce coup d’oeil l’aurait incitée à se farder , et à se refaire un brin de « beauté ».
Quoi que le mot est un peu fort , sachant qu’avant de poser le moindre fard sur sa pauvre tronche, triste et sale , il aurait fallu d’abord commencer par nettoyer les écuries d’augias.
Hélas, Hercules n’est plus là, pour s’y atteler ….

Il est vrai , que la ville fut jolie, durant un temps , que certains évoquent avec beaucoup de regrets, et d’amertume.
Elle avait le don de séduire tous ceux qui la voyaient.
Aujourd’hui elle ne se serait pas reconnue Elle même , en voyant la laideur qui la frappe, et l’état de décomposition où elle se trouve , dans la fange où on l’avait sans pitié mise ,et barbotée jusqu’au cou. A cause de toutes les brutalités qui lui sont infligées, de par l’incivisme ,le désordre et l’insécurité qui en découlent ,et qui sont devenus son lot quotidien .
Les actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de son aspect urbain, ainsi qu’à la modeste infrastructure dont elle dispose, et l’atteinte flagrante de ce qui reste de l’architecture de ses joyaux historiques, livrés en pâture à l’insouciance, et à l’ignorance en matière de gestion du patrimoine .
L’absence des valeurs y sont aussi pour quelques choses quant à cette décadence, des valeurs qui furent autrefois monnaie courante dans les rapports entre les habitants d’une même ville ,voire d’une même rue, et qui ne sont aujourd’hui que des souvenirs, de plus en plus lointains, que certains nostalgiques, se donnent un mal fou à essayer de décrire à des énergumènes peu soucieux d’un passé pas du tout mauvais , qui est aussi le leur.

A la vue de sa propre face repoussante, la ville aurait rendue tripes et boyaux, et tout ce qu’elle avait ingurgité depuis qu’elle s’était endormie , comme sous l’effet d’un puissant soporifique ,la bouche ouverte , et le ventre en l’air, en proie aux mouches.
Un ventre horriblement ballonné , à cause de toutes les saloperies , et les bactéries qu’il renferme depuis un certain temps, au point qu’il frise l’éclatement, à tout moment.
Une ville qui pète jour et nuit , de tous ses orifices, empestant l’atmosphère de toutes sortes d’odeurs nauséabondes insupportables, de la pisse dont elle est arrosée sans modération, de jour comme de nuit, un arrosage assidu qui n’exclut rien , même les édifices publics n’en sont pas épargnés , aux détritus que les services concernés ou peu concernés, ne ramassent à chaque fois qu’en partie, comme pour faire durer sciemment ce penible calvaire.

Un état pestilentiel insupportable, amplifié par les émanations empoisonnées du complexe industriel qui botte le derrière de la ville et ses habitants , les acculant d’une certaine manière à prendre le large, en direction du nord, pour suivre les traces des conquérants d’autrefois.

malgré la canicule écrasante qui embrasa durant plusieurs jours l’atmosphère en cet été , poussant ainsi des centaines de vacanciers sur les plages ,une foule dense, et bigarrée envahissait comme d’habitude depuis les premières heures de la matinée la plupart des espaces de la ville , la transformant en un marché géant, à ciel ouvert, dėfigurant son visage , et la privant de son aspect urbain . Dans un spectacle d’une grande désolation où règne une anarchie et un désordre indescriptibles .

Les places publiques ,les chaussées et les trottoirs des grandes artères , ainsi que la quasi-totalité des ruelles adjacentes, y sont occupées .
En vérité ils sont pris d’assaut ,depuis plusieurs années déjà, par une armée de marchands de tout , et de rien ; des commercants ambulants, mais sans l’être vraiment , puisqu’ils sont assidûment présents, aux mêmes endroits .
Certains campent dans des postes acquis de facto , qui leurs sont attribués par on ne sait quel côté. Faisant désormais partie du paysage , apparemment sans aucune gêne de la part d’une grande partie des habitants de la ville .
Des individus plantés l’air tranquille devant des monticules de marchandises qui les dépassent parfois en hauteur, un presentoir en plein air , proposant tout ce que l’on peut imaginer , sur des étals , ou à même le sol . Des effets vestimentaires, allant des dessous de femmes, en passant par les sandales et les espadrilles made in china , aux foulards , manteaux et tricots venant de Turquie . Les ustensiles de cuisine, et toutes sortes de choses hétéroclites , des produits alimentaires sous un emballage fragile , traînent pêle-mêle, dans une totale anarchie, devant l’absence , ou l’indifférence des autorités sanitaires, pour ne pas dire avec leur complicité .
Pas loin de là , se dressent les barbecues pour sardine , et les gargottes improvisées sur charrettes , offrant viande hachée, et saucisses, sous un grand nuage compact de fumée , avec toutes les odeurs qui l’accompagnent ,d’ailleurs assez alléchantes pour attirer une foule de clients , peu soucieux de l’insalubrité de ce qu’ils mangent , pour peu que ça soit bon marché .
Le tout côtoie les étalages sur caisse d’emballage en plastique ou en bois , des piles de pain , des fruits , du poisson à l’air libre, ayant perdu depuis des heures toute sa fraîcheur, à cause de la chaleur.
Les cylomoteurs , les autos , et les taxis , têtus , persistent à essayer de se frayer une brèche , qu’ils réussissent à trouver avec difficulté , et à coup de klaxons , en avançant à petite vitesse , au milieu d’une foule faunesque, libérant ainsi , à volonté les émissions de gaz qui viennent s’ajouter aux autres polluants .

Néanmoins la solution est peut être encore possible, il suffirait d’avoir le courage d’essayer.
Quittons cette ville tous ensemble, osons un exode volontaire . chaque groupe prendra une direction , chaque famille ira retrouver le bled ses parents .
Laissons cette ville puisqu’on n’a pas été foutu en prendre soin comme des habitants civilisés, capables de la gérer comme des humains. Nous y reviendrons après un exil de quelques années .
Croyez moi ,vous serez étonnés du changement qui s’y produirait .
Les oiseaux, les chats , les chiens, les rats , et toutes les autres vermines, le soleil , la pluie , les vents , les marées ,et toutes les forces de la nature , en prendront soin à notre place, et le feront mieux que nous. après qu’ils auraient tout nettoyé .

http://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2016/11/ordures_3jdida.jpghttp://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2016/11/ordures_3jdida-150x150.jpgadminsLibre OpinionPar Driss Tahi La ville est aujourd'hui, le moins qu'on puisse dire, sale et répugnante.Tant est si bien qu'on a l'impression que depuis belles lurettes, elle ne s'est pas regardée dans un miroir. L'image qui lui serait reflétée l'aurait sûrement horrifiée , et secouée.Qui sait ? peut être que ce...Source de L'information Fiable