jdi.plage63

La fête a duré sept jours ou peut être sept ans, si ma mémoire est encore bonne pour évaluer l’étendue du temps.

Les citoyens de la ville et d’ailleurs ont été gavés par toutes sortes de sonorités. Ils se sont défoulés comme de petits fous. Ils ont chanté et dansé dans une transe collective où des milliers de corps se sont frottés les uns aux autres, sans heurts et sans dérapages. Le temps a été pleinement consacré aux délires tous les délires.

Il faut dire que l’événement tel qu’on le présentait ou qu’on le prétendait, valait bien tout ce bouillonnement festif.

On croyait comprendre que toutes ces réjouissances qui ne manquaient d’ailleurs pas d’importance se passaient au nom de la relance culturelle et artistique de la ville d’El Jadida. C’était en quelques sortes la fête qui veut marquer les nouvelles “Nuits de noces” d’une ville-princesse ayant depuis longtemps attendu qu’on reconnaisse sa légitimité et qu’on lui lève enfin ce voile qui cache ses multiples grains de beauté.

Fort malheureusement, toutes ces extravagances et bien au delà  de leur diversité et leur faste, n’ont pas manqué de laisser à la traine un arrière goût empreint de dépit et d’amertume, pour la bonne raison qui fait que la mariée n’a pas été à l’heure de ce grand rendez-vous.

En tant que première concernée par ces “nuits de noces”, El Jadida a été oubliée, froissée et meurtrie dans son amour propre.

Tout au long de ces temps de fête, El Jadida n’a pas senti l’odeur du Henné ni celui de l’encens. Elle ne s’est pas drapée dans sa robe blanche. Elle n’a pas eu droit à cet embellissement dont rêvent toutes les mariées. Elle n’a pas incité la convoitise des autres dames par son port altier et le raffinement de son goût et de sa délicatesse.

Trahie par les siens ou ceux qui prétendent l’être, ignorée de manière odieuse par ceux qui sont censés veiller sur son bien être, El Jadida a été ignominieusement livrée au sort des orphelines.

Ne nous étonnons donc pas aujourd’hui si elle n’a plus que le choix de se replier sur elle-même… dans l’attente d’un espoir. Un espoir dont certaines lueurs quoique assez faibles, semblent vouloir percer la brume accablante qui stagne depuis longtemps sur son environnement.

Ahmed Chahid

http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/05/jdida961.jpg?fit=1024%2C1024http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/05/jdida961.jpg?resize=150%2C150adminsArt & CultureLa fête a duré sept jours ou peut être sept ans, si ma mémoire est encore bonne pour évaluer l’étendue du temps. Les citoyens de la ville et d’ailleurs ont été gavés par toutes sortes de sonorités. Ils se sont défoulés comme de petits fous. Ils ont chanté et dansé...Source de L'information Fiable

Commentaires

commentaires