ANDALYSSIAT4               

Par: Abdellah Hanbali

Une nouvelle édition d’Andalussyates vient d’avoir lieu au Mazagan Beach du 14 au 16 décembre. Un legs laissé par l’ancien gouverneur, et dont le nouveau, fraichement nommé, ne sait pas comment s’en débarrasser. Un événement  organisé grâce à l’argent du contribuable, et un contribuable qui n’est même au courant de ce qui vient d’avoir lieu…grâce à lui

Une nouvelle édition qui  tend, parait-il, à mettre en avant l’art de la musique Andalouse et à l’enrichir à travers de  nouvelles rencontres entre cet art, les musiques du Maroc et une ouverture sur les musiques du monde.

L’objectif annoncé par les organisateurs est, semble-t-il,  de porter  cette couleur musicale dans toutes les régions du Royaume, jusqu’aux cœurs des foyers.

Et ce sont des « mélomanes » prétendant avoir en commun, une passion inconditionnelle pour le patrimoine artistique de la musique Andalouse et soucieux, disent-ils, de sa préservation et de sa déperdition, qui se sont « sacrifiés » pour nous rendre ce service (on ne les remerciera jamais assez pour cela).

Dès lors, ces fervents défenseurs de cet art séculaire n’eurent de cesse d’œuvrer pour  sa propagande  et sa modernisation, en organisant et en présence des mêmes têtes d’affiches et leurs familles  des rencontres de la musique Andalouse  dans des lieux fermés et grâce à l’argent d’un contribuable ignorant tout,  de ce que ces « magnanimes » organisent « pour lui » (Quel ingrat ce contribuable ?)

Plaisanterie à part, pourquoi  le choix de  lieux hermétiquement fermés, pour « propager » cette couleur musicale, alors qu’elle représente une occasion d’ouverture sur l’Autre, sur les cultures comme les villes qui les abritent. Des villes marquées d’ailleurs, par leur histoire et qui ont accueilli les civilisations Arabe, Berbère, Portugaise, Andalouse, Turque et Africaine.

Est-ce  qu’en allant s’enfermer dans un complexe avec amis et familles proches, que l’on  sauverait cette couleur musicale de l’oubli, et  à maintenir en vie cette tradition ancestrale, comme ils le prétendent?

On ne sait plus, si l’on est devant une édition culturelle ou une « QSARA » légalisée et financée par le contribuable ?

LA Musique Andalouse  est avant tout, un art de création Populaire et ce n’est pas de cette manière, élitiste et snob, que l’on mettra un terme à sa tendance à se perdre.

Il faut dire à ces « organisateurs » (qui n’organisent rien de leurs poches), qu’ au-delà d’un « simple » Art, elle a été à l’origine de la création d’un vaste mouvement intellectuel fondé sur la liberté de la pensée.

La Musique Andalouse c’est aussi  une philosophie, un Mouvement, une façon de penser et d’être et c’est le seul art traditionnel commun à Tous les Marocains. Et s’il est relégué aujourd’hui au rang de curiosité du passé, ce n’est pas avec le comportement adopté par  nos « mélomanes autoproclamés »  de la province, qu’il vivra un éventuel retour en grâce.

A voir cette « nouvelle touche » et cette « approche nouvelle », adoptées,   » pour que la Musique Andalouse puisse tisser sa toile », comme ils disent , la prise de conscience  nécessaire pour réhabiliter et préserver cet art ancestral n’est vraiment pas pour demain.

L’ancien gouverneur est parti, mais ses valets sont toujours là, à organiser « pour nous » et avec « notre argent » leurs Andalussyates, Malhounyates, Jawhara, Orchestre Philarmonique…..dans une ville qui n’a même pas une seule  toilette publique…Vous avez dit culture ? A Sidi Baaaaaz.

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