El Jadida : Naufrage de l’embarcation de pêche non loin du môle… Le pourquoi du comment

Certes, les jdidis ont tous été très affectés par la noyade de ces sept pêcheurs dont les dépouilles de cinq d’entre eux ont été repêchées, alors que les recherches continuent pour retrouver les deux autres, toujours portés disparus.

Il sera difficile pour leurs proches de faire leur deuil. Une tragédie pour ces jeunes, partis à bord de leur embarcation de fortune, pour une pêche de routine, pour rejoindre la terre ferme, quelques heures après, les pieds en avant.

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un tel drame se produit, et ce ne sera sûrement pas la dernière si rien n’est entrepris pour remédier à ce manque de vigilance, et à ce non-respect de certaines mesures pour prévenir et éviter ce genre tragédies.

Faut-il imputer la faute à tel membre de l’équipage ou à tel autre ? Il est, certes, certain que ce genre de pêche s’organise par le « Rais » qui prend la décision et les commandes de la sortie en mer.

 Cependant, peut-on affirmer que ces sorties au large pour pêcher s’organisent, par ce dernier, dans les règles de l’art ?

Durant le mois de mars, les changements météorologiques sont courants et tous les marins sont plus ou moins habitués, pour ne pas dire préparés, à ces changements qui peuvent survenir à tout moment et provoquer brusquement une forte houle. Un vent violent peut déclencher une lame ou une vague plus forte que les autres qui peut provoquer un naufrage tel que le drame de ce mercredi.

En règle générale, certaines pratiques et précaution s’imposent pour se prémunir des dangers, telles que s’informer sur les conditions météorologiques et les vents d’ouest qui renforcent la dangerosité, sur les heures de marées, hautes et basses, sur le marnage qui constitue la différence de hauteur entre basse et haute mer.

Il faut rappeler que le « Rais » qui représente le capitaine qui a la charge de « mener la barque à bon escient » (sans jeu de mot), doit s’assurer avant l’amarrage, de la présence de certains outils et matériau indispensable en cas de naufrage, tels que, entre autres, les gilets et bouées de sauvetage, certains signaux de détresse pour demander assistance, un moyen de communication tel qu’un téléphone portable…

On est en mesure de se demander si ces précautions (ou mesures à prendre) ont été respectées avant l’ancrage par le capitaine en cette terrible nuit.

Il est parfois difficile de comprendre certains agissements inhérents à la nécessité et au besoin de rechercher les moyens financiers nécessaires à la subsistance. Ces pauvres pêcheurs n’avaient malheureusement pas d’autre choix que de se soumettre, contre vents et marées (c’est le cas de le dire), aux conditions cruelles imposées par les conditions de précarité dans lesquelles ils vivent. 

Mais, le fait est que, avouons-le, il y aurait eu manquement à certaines conditions indispensables à respecter avant de se hasarder en mer, en cette période de grand changement météorologique.

Inutile de rappeler qu’il est urgent de définir et faire appliquer une réglementation régissant la sécurité des bateaux, des embarcations de pêche, et de la navigation en générale, afin d’assurer la sécurité en mer et la prévention de ce genre de noyades.

Khadija Choukaili

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