Que de tapage a été fait à l’ouverture du Centre Hospitalier Régional Mohammed V d’El Jadida qui était censé répondre aux besoins de la population de toute la région en matière d’offre de soins et d’hospitalisation.

On a tant clamé qu’il serait débordant d’équipements performants, offrant des prestations de haut niveau, avec même une terrasse au-dessus de cet édifice imposant prévue pour l’atterrissage d’un hélicoptère en cas d’extrême urgence.

Il ne reste de ces serments qu’un adage que les jdidis ont pris pour devise pour exprimer la réalité de cet établissement « الداخل إليه مفقود والخارج مولود » (traduisez ‘’qui y entre est mort et qui en sort renaît’’). Un établissement que la population appelle désormais « Hôpital de la mort ».

Et pour cause. De fausses promesses qui ont vite cédé la place à la réalité amère des malades qui meurent à petit feu en attendant leur tour pour une consultation ou pour une hospitalisation qui peut se compter en semaines pour ne pas dire en mois.

Ironie du sort, la mort vient interpeller certains de ces « patients » (c’est le cas de le dire) pour les délivrer des griffes de ces procédures administratives, empoisonnées où la corruption fait fureur. Et c’est le parcours du combattant pour ces malades, qu’ils soient Ramedistes ou non, pour se voir délivrer ce « césam » non pour se faire examiner, mais simplement pour avoir accès à un rendez-vous pour lequel il doivent soudoyer, bon gré mal gré, X, Y et même Z afin que leur attente ne soit pas éternelle.

Une gestion des délais des rendez-vous qui laisse à désirer, mettant en risque la vie de ces malades nécessiteux qui n’ont d’autre choix que d’attendre.

Malheureusement ces gestionnaires semblent ignorer que c’est le facteur temps qui fait défaut en cas de maladie et qu’il est un élément déterminant de la qualité des soins de l’efficacité et de l’efficience de la prise en charge médicale au sein d’un établissement de santé.

Ces retards des délais des rendez-vous sont, certes imputables en grande partie à des carences en matière de programmation, donc de mauvaise gestion,  mais ils sont également imputables aux praticiens spécialistes qui ne sont pas affectés de manière permanente à l’hôpital, et leurs consultations se limitent à une ou deux séances par semaine et par praticien.

De plus, ces séances de consultation se terminent généralement en fin de matinée et certains spécialistes déterminent à l’avance le nombre de patients à examiner, sans se soucier des interminables listes d’attente des malades qui traduisent, en fin de compte, les interminables listes des personnes qui doivent supporter encore et toujours leur souffrance.

Que de défaillances sont relevées au niveau de la gestion de ces rendez-vous. A croire que chaque praticien fait de cet établissement son domaine personnel qu’il gère selon la disponibilité de son agenda.

Et la pagaille s’en ressent quand on constate les chevauchements des rendez-vous des examens de scanographie dont les délais sont fixés et gérés personnellement par le chef de service ; la programmation des interventions chirurgicales, au niveau du bloc central pour lesquelles les rendez-vous sont attribués et gérés personnellement par les médecins chirurgiens ; ou le nombre d’hospitalisations inadéquates, admises à partir des urgences, à cause d’un faux diagnostic ou du manque de lits libres dans les autres services…

Il est vrai que les effectifs des médecins sont insuffisants, mais ce serait une raison supplémentaire pour bien gérer le nombre des médecins disponibles afin de palier à ce manque.

A croire que cet établissement ne relève d’aucune structure administrative.

Où est donc le rôle de la direction régionale de la santé dont relève ce centre hospitalier ?

Et quel rôle joue le ministère de tutelle pour laisser les choses dégénérer à ce point ?

 La santé de la population n’a-t-elle donc plus aucune importance ?

Que de questions qui demeurent sans réponse et pour lesquelles le citoyen en paie de sa santé pour ne pas dire de sa vie.

Alors chers patients, faute de rendez-vous pour accéder à la santé, rendez l’âme et accéder à la paix éternelle.

Cela arrangerait sûrement ces praticiens qui auraient ainsi moins de monde à soigner.

Khadija Choukaili

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